DE LA PREFACE
1 II y a d'autres motifs encore. Par exemple, un jour le marquis de Créqui disait à Chamfort : « Mais monsieur de Chamfort, il me semble qu'aujour d'hui un homme d'esprit est l'égal de tout le monde et que le nom n'y fait rien. — Vous en parlez fort à votre aise, monsieur le marquis, répliqua Chamfort ; mais supposez qu'au lieu de vous appeler M. de Créqui, vous vous appeliez M. Criquet, entrez dans un salon, et vous verrez si l'effet est le même.
* De la Particule dite Nobiliaire, par M. Paulin Paris ; Paris, 1862. — Des distinctions honorifiques et de la particule, par M. Henri Beaune; Paris, 1863. — M. Edouard de Barthélémy, Bulletin du Bouquiniste ; août 1860. — M. Levesque, juge au tribunal delà Seine, le Droit nobiliaire français au xixe siècle Paris , Pion 1 866. — Lettres d'un paysan gentilhomme, par M. de Chergé Poitiers, 1860. — La particule
nobiliaire, par M. de Tardy; 1861. — De la particule, par M. J.-Maub. d'Arbaumont, dans le Hérault d'armes, périodique; 1 861-62. — Question historicohéraldique, par M. Je chevalier Gou. des Mousseaux, dans le Publicateur de Meaux; 27 janvier 1866. — Des Titres de noblesse et des noms dits nobiliaires, par M. Barbier de Felcourt; le 10 avril 1867. — Chassant, Nobles et vilains, Paris, 1857, Nobiliana ; Paris, 1858. — Baron de Coston, Origine, étymologie et signification des noms propres, Paris, 1867. — ■ J. Noulens, Revue d'Aquitaine, passim. — Beautemps- Beaupré, Du droit des propriétaires de fief, revue historique, septembre 1863. — Gourdon de Genouillac, Les mystères du blason, Paris, 1868, et surtout Borel d'Hauterive, Annuaire de la noblesse de France, I 843 à 1880.
3 C'est un vilain usage et de très mauvaise conséquence en nostre France, d'appeler chascun par le nom de sa terre et seigneurie, et la chose du monde qui faict plus mesler et mescognoistre les races, etc.
Essais, liv. I, ch. xlvi.
Les articles le, la, de la, du, des, qui sont inséparables des noms de qualité, menacent de soulever toute la noblesse. Ce sont d'étranges compagnons qui ont fait en leur temps de bons coups dans le « bellum grammaticale », sous le pontife Léon, et qui se sont insinués dans les plus riches familles, sous promesse de les anoblir. Chacun fait la cour à ces articles; et dès que l'on a fait quelque fortune dans le négoce ou la maltote, on ne manque pas d