‹ La particule nobiliaireChapitre 6 sur 62 · CHAPITRE 1er GRAMMATRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE 1er GRAMMATRE

le rapport est exprimé par une préposition à ceux où il l'est par une désinence, et le peuple, qui trouvait plus difficile de connaître les déclinaisons que de se servir, en pareille circonstance, de mots invariables, avaient mis ceux-ci à la mode.

On conçoit, d'après cela, que les nations du groupe roman aient trouvé plus commode d'exprimer un rapport par un mot que par une terminaison , et que cette cause ait puissamment contribué à effacer la déclinaison des noms dans le français5.

La particule qui eut le plus de succès dans la langue dérivée fut celle qui en avait eu davantage dans la langue mère , celle qui comportait le plus d'acceptions et de constructions, le de6.

L'usage s'en est donc transmis d'une manière aussi complète que le permettait notre idiome euphonique, mais sourd. C'est pourquoi cette syllabe, qui, en latin, se prononçait dé, se dit en français de ; l'emploi de la préposition se combina ensuite avec celui de l'article, tiré des pronoms latins de

la troisième personne, et chargé de bonne heure, dans la langue romane , de déterminer les substantifs en les précédant.

Lorsque la particule de rencontre l'article le elle se contracte en du pour de le ; lorsqu'elle rencontre l'article les, elle se contracte en des pour de les; enfin, devant une voyelle ou une h muette, Ye se retranche et est remplacé par une apostrophe.

Yoilà comment elle entra si avant dans notre langue; mais l'usage s'en répandit très lentement, car Ramus7 observe qu'on la sous-entendait presque toujours de son temps. Néanmoins, elle fut obligatoire sous Henri IV, lorsque le français s'affranchit de plus en plus de l'imitation latine.

Cette révolution, qui avait pour but de transformer entièrement la syntaxe de la langue française, était désormais accomplie, tant par le travail inconscient du peuple que par les efforts successifs des écrivains pour devenir plus précis et plus clairs.

Quant à la signification de ce mot , la pauvreté de notre langue l'a multipliée d'une

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