‹ La passante émerveilléeChapitre 2 sur 21 · DE MONSIEUR LE BARON RICASOLI · texte numérisé non relu

DE MONSIEUR LE BARON RICASOLI

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Monsieur,

J'ai parcouru ayec le plus grand intérêt le Dogm$ social que vous m'avez .fait Thonneur de m'envoyer» At| quoique les exigences de ma position ne m'aient pas permis, malheureusement, d'en faire un examen approfondi i j'ai pu cependant constater avec bonheur, mon**

sieur, que nous marchons au même but, vous dans les régions spéculatives, moi sur le terrain de la pratique.

Je suis heureux, monsieur, de me rencontrer avec un esprit aussi élevé que le vôtre. Si vous voulez bien vous rappeler, monsieur, ce que j'ai eu Thonneur de dire à la Chambre des Députés, dans la séance du 2 juillet, touchant la question Romaine^ vous verrez que je veux donner à l'Église les moyens de se réformer, lui assurant cette liberté et cette indépendance qui l'excitent et l'encouragent à se régénérer dans la pureté du sentiment religieux, dans la .simplicité des mœurs, dans la sévérité de la discipline, enfin dans toutes les vertus qui furent rhonneur du pontificat et la gloire des âges primitifs du Christianisme. Eh! bien, votre livre, monsieur, indique justement par quelles voies l'Église devrait marcher à ce but; et vous et moi nous nous trouvons d'accord pour appliquer encore une fois cet éternel principe de Machiavel : c'est-à-dire que pour réformer une institution, il n'y a rien de mieux que de la faire revenir à ses origines. Ceci me prouve une fois de plus jque je suis dans le vrai, et si cela ne peut rien ajouter à la fermeté de mes convictions, qui sont inébranlables, cela me donnera plus de courage pour marcher droit à la solution du grand

problème social» qui est le sujet de votre remarquable écrit Seuleneot je ne sais si je pourrai réaliser, dans tout son ens^ttble, la solotioD que yous proposer. Il y a dans l'application des théories philosophiques bien des difficultés, que cependant j'oserai affronter, sans rien perdre de la prudence qui doit régler les pas de tout homme d'état. Je ne sais pas si je réussirai; mais, dans tous les cas, si l'on pouvait seulement poser quelques jalons sur cette route, où l'humanité s'égare depuis des siècles, pour lui indiquer le vrai chemin, l'Italie acquerrait de nouveaux titres à la reconnaissance des peuples civilisés. C'est la connexion entre la question Italienne et la question Papale, et la nécessité que nous avons de voir cette dernière résolue dans l'esprit vraiment chrétien, qui m'a fait dire à la Chambre, qu'à l'Italie est échue la grande mission de jeter les bases, non-seulement de son avenir, mai« de l'humanité tout entière.

Cette noble et grande tâche ne pourra cependant s'accomplir sans de grands efforts; elle demande la coopération de tous les esprits éclairés, de toutes les consciences droites, de toutes les intelUgences élevées. Vous possédez, monsieur, ces qualités au plus haut degré, et je vous félicite de les avoir mises au service de si grandes vérités.

S'il se rencontrait beaucoup d'écrivains comme vous, qui réussissent à former une opinion éclairée» sur cette question si ardue, la tâche des gouvernements se trouverait singulièrement facilitée.

En attendant, recevez, etc.

Signé Rigasoli.

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