‹ La passante émerveilléeChapitre 20 sur 21 · RÉPONSE AUX OBJECTIONS · texte numérisé non relu

RÉPONSE AUX OBJECTIONS

On m'a fait des objectioDs. Il suffit qu'une Iiabitude soit, pour qu'elle soit sacrée. C'est un effort pour l'homme de changer un mauvais errement en un bon, même lorsqu'il sait le premier mauvais, le second bon; même lorsqu'il n'a nulle peine à opérer le changement. Aussi aborde-t-on tout projet par les difficultés, non par les facilités qu'il présente , comme si les choses établies n'avaient pas, bien qu'elles soient, des obstacles sans nombre, que les condescendances de la pratique aplanissent. Les lois vivent d'absolu, la pratique vit de concessions; et les concessions sont une loi de la vie jusque dans l'application des vérités absolues. Que de choses, logiquement impossibles, s'exécutent par cette seule force des condescendances pratiques I Combien plus facilement pourrait exister un système que les esprits impartiaux, dans tous les partis, ont reconnu être logique et d'accord

avec les f^ts. Les concessions sont la sécurité de la politique. TQflt projet » ses difliwltés, m?iis, fût-i| d'accord avec les lois absolues, ainsi que nous avons cherché à mettre celui que nous proposons, nous ne prétendons pas le mettre hors, et au-dessus de la loi des concessions.

Nous sommes en présence d'une institution que les difficultés, amassées par le temps, difficultés politiques et religieuses, de fait et de principe, rendent tellement impossible que, tombée dans l'opinion du monde moderne, elle s'affaisse et s'effondre sans trouver un soutien. Ce sont les faits. Cependant, on ne veut pas qu'elle tombe, l'habitude est plus forte que la réalité. Elle meurt, on veut qu'elle vive, on veut qu'il soit plus facile de recomjmencer cette existence morte, que de sanctionner, desoli^ difier, d'organiser et de parfaire l'état nouveau, établi pair des événements qui sont la consécration de l'opinion. Quand nous sommes en face du cadavre d'un être aimé, nous refusons de croire à cette mort, nous voulons, malgré notre raison même, surprendre des signes de vie sur ces lèvres, sur ces paupières; nous voulons avoir encore entendu ce souffle. Ce n'est que longtemps après l'incroyable coup, que l'état nouveau, l'anéantissement, nous devient la vérité.

Si le gouvernement temporel, se fût au moyen-âge trouvé dans l'étrange détresse où nous le voyons, il n'est pas un prince catholique qni n'eût cherché à le rétablir.

Page 1