‹ La passé, le présent, l'avenir de la RépubliqueChapitre 54 sur 107 · DD SUFFRAGE UNIVERSEL INDIRECT, OU DE L ÉLECTION A DEUX DEGRÉS · texte numérisé non relu

DD SUFFRAGE UNIVERSEL INDIRECT, OU DE L ÉLECTION A DEUX DEGRÉS

Voici ses avantages.

Ici on ne manquera pas de chre que je me déments une centième fois de plus , bien que depuis vingt ans que j'écris ou que je parle aux tribunes, je n'aie pas dans le Moniteur un seul mot qui en démente un autre ; mais les préjugés ne hsent pas le Moniteur. Il est bien plus simple de hre les pamphlets. Cependant, comme la matière est grave, et que je dois justifier de ma réflexion en la traitant, je vais montrer par cette citation que ma pensée en 1850, sur le suffrage universel et l'élection à un ou à deux degrés, était identiquement ma pensée de 1848 et de I80O.

Voici ce que je disais en 1830 sur ce sujet :

a L'élection! il n'y a de vérité dans le pouvoir so- 3> cial ou représentatif qu'autant qu'il y a vérité dans » l'élection, et il n'y a de vérité dans l'élection qu'au- » tant qu'elle est universelle; cependant si vous don- » nez l'élection à des classes qui ne la comprennent » pas, ou qui ne peuvent l'exercer avec indépendance^

» VOUS la donnez fictive, c'est-à-dire, vous la refusez » réellement.

» Que vous la fassiez parler à deux tribunes ou à » une seule, peu importe, votre représentation natio- » nale, nécessairement une, devra représenter tout à » la fois le mouvement et la stabilité sociale; la haute, » la moyenne et la petite propriété ; l'intérêt d'action » et l'intérêt de repos. Elle doit les représenter dans » leur réalité, dans leur proportion, dansleur combi- » naison sincères. 11 n'y a pour atteindre cette rigou- » reuse vérité, cette rigoureuse justice, qu'un moyen, » l'élection proportionnelle. Tant que vous n'arriverez » pas à cette réalisation facile, la France ne marchera » ni ne se reposera ; elle s'agitera sans avancer, elle » tombera, elle se relèvera pour tomber encore. » L'élection proportionnelle et universelle, c'est-à- » dire une élection qui, partant des degrés les plus » inférieurs du droit de cité et de la propriété, seuls » moyens de constater l'existence, le droit et l'intérêt » du citoyen, s'élèvera jusqu'aux plus élevés, et fera » donner à chacun l'expression réelle de son impor- » tance politique par un vote, dans la mesure vraie » et dans la proportion exacte de son existence so- » ciale. Véritéparfaite, justice rigoureuse, démocratie » complète, et cependant aristocratie de fait recon- » nue aussi : l'élection à plusieurs degrés résoud » seule ce problème. Toutes les unités politiques y « ont leur élection, s' élevant, s' épurant, s' éclairant » successivement jusqu'à l'élection suprême, produit » exact des forces, des lumières et des intérêts du

,y> pays et du temps. Il y a une objection à ce système: » le pays y répugne aujourd'hui. »

Nous en sommes encore là ; voilà pourquoi je ne demande pas le suffrage à deux degrés.

On voit donc que dès 1830, sous la monarchie comme sous la Répubhque, je déclarais deux choses, dont l'une était aussi hardie alors que l'autre es* hardie aujourd'hui.

La première : que le suffrage universel était le droit de la souveraineté du peuple, ou de la souveraineté de l'opinion, ou de la souveraineté de la raison nationale. C'est la même chose.

La seconde : que le suffrage universel ne serait fondé et fjue la démocratie, dont il est le signe, ne serait définitivement organisée, soit en monarchie, soit en répubUque, que par le suffrage à plusieurs degrés.

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