CHAPITRE IV
DE L'INTÉIllEUR.
DES PUINClPAUi rARTI3 QUI EXISTENT EN FRANCE, ET DES DAÎSGERS QUE CES PARTIS PEUVENT FAIRE COURIR AU PAYS.
( SllilC. )
S vn.
Mais il y a un parti véritablement hostile, envenima, irréconciliable longtemps, quoique muet et courbé en aj)parence devant la République , c'est le parti renversé par le choc de février. C'est
le parti de la dynastie d'Orléans ; c est le parti qui, ayant chassé en 1850 la royauté des Bourbons et le berceau d'un enfant héritier de soixante rois par le vote d'une soisantainede députés dans une chambre, avait élevé une royauté de circonstance et d'antipathie dont le titre était de n'en point avoir !
C'est ce parti qui s'était masqué de démocratie pour faire une révolution, et qui, la révolution faite, a jeté le masque et le gant au peuple, et a j^ris le sceptre pour refaire une monarchie de rez-de-chaussée à la place d'une monarchie de premier étage. Ce parti au fond n'était pas un parti; c'était un groupe; un groupe d'ambitions , de mécontentements et de talents, ('ela avait pris naissance dans des rivalités de cour, cela tenait sur un canapé, cela était éminemment propre à simuler la monarchie, parce que cela avait une dynastie dans la poche, propre aussi à simuler la démocratie, parce que cela chassait des rois légitimes. Le trône et le peuple se trouvaient également escamotés d'un seul coup. C'est ce qu'on a appelé la comédie de quinze ans ou la monarchie de 1830.
§ vin.
C'était, vous le voyez, bien peu de chose en commençant, une fantaisie d'ambitieux, un intermède d'opposition, une convoitise de règne servie par un accident populaire aux journées de juillet, comme la
République a été servie par un accident populaire aux journées de février. Mais la République n'a pas fait la faute de 1850; elle n'a pas escamoté la démocratie pour la remettre à un parti; elle a eu une ambition plus désintéressée, plus noble et plus habile, parce qu'elle est plus grande ; elle a appelé au trône la nation; elle n'a pas voulu faire ou rcfaireune dynastie, mais un peuple !