‹ La passé, le présent, l'avenir de la RépubliqueChapitre 9 sur 107 · SIX · texte numérisé non relu

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Cependant il faut tout dire, cette monarchie de juillet sans base et sans racines, car le sol monarchique se refusait à la porter et à la nourrir, a été servie par deux bonheurs : un prince politique, habile temporisateur, Fabius des rois, comme je l'ai appelé, et des hommes de mérite, de talent et d'éloquence pour ministres. Elle a eu un troisième et plus grand ministre que tous les autres : la nécessité. Je m'explique.

La France était si faible, si peu debout sur ses pieds en 1850 devant l'Europe qui venait de l'envahir, et qui était encore toute coahsée et tout armée contre elle, la France n'aurait })as proclamé la déchéance du trône et la République, sans que la coalition des trônes n'eût marché une troisième fois sur la France, et ne l'eût étouflee pour crime de révolution.

Il fallait une concession aux cours, il fallait un

otage aux rois, il fallait une satisfaction monarchique ou semi-monarchique aux monarques ; Louis-Phihppe fut cette concession, cette satisfaction, cet otage des rois : il masqua de son corps la démocratie cachée derrière lui. On dit : Voilà un trône ! Ce n'était qu'un simulacre. Mais la coalition s'arrêta devant cette ombre : la paix fut sauvée.

En 1848, nous n'en étions plus là. La coahtion était dissoute, au moins par désuétude ; la France avait grandi en indépendance et en force ; nous démasquâmes hardiment, mais pacifiquement, la démocratie française ; nous dîmes à l'Europe : Nous voilà! Choisissez de la guerre ou de la paix; nous désirons l'une, nous bravons l'autre. Ce fut l'Europe qui s'ébranla et qui trembla!

S'il en a été autrement depuis, prenez-vous-en aux coupables du 25 juin 1818, qui ont contracté la force de la République sur elle-même pour défendre la société dans son propre sein, et prenez-vousen aux erreurs des hommes d'Etat de la seconde période delaRépubhque.

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