DONNEES
La formation des localisations erratiques en différents points du corps relève du même mécanisme.
Lorsque la muqueuse digestive s’offre plus largement à la pénétration du microbe dans l’économie, les désordres à ce niveau sont immédiatement d’une telle gravité et d’une telle ampleur qu'ils se manitestent seuls, à l'exclusion des accidents lointains ou qu’ils estompent ces accidents; il en va de même lorsque la région voisine de la porte d’entrée — celle-ci pouvant être réduite — tout particulièrement prédisposée appelle directement à elle l’infection;on conçoit que ce cas doit êtrefréquent; … c’est dans l’une ou l’autre de ces éventualités que prennent naissance, tantôt la pasteurellose à forme exclusivement ou essentiellement gutturale, tantôt la pasteurellose à forme exclusivement ou essentiellement intestinale.
On doit rattacher enfin à cette dernière modalité pathogénique de la pasteurellose ses formes dites suraiguës; leur genèse se résume en une infection intestinale massive contre laquelle l'organisme reste désarmé et qui rapidement, avant même que l’agent pathogène ait pu édifier au loin des métastases, déclanche une septicémie mortelle.
C’est ici le heu de rappeler l'influence du elimat et de la saison sur l’apparition de la maladie; dans les conditions d'humidité et de chaleur requises en effet, la flore microbienne des mares auxquelles on attribue le rôle de réservoirs de virus, se réveille et foisonne; les animaux ingèrent en quantités énormes pasteurella et germes divers; ils sont exposés dès lors à contracter la maladie.
Nous croyons faible linfluence du mauvais état général des sujets, quelle qu’en soit la cause (parasi-
tisme, sous-alimentation, hygiène défectueuse), lorsqu'il JAGOTOT 7
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n’est pas très accusé, car la maladie frappe et tue les sujets sains et un bon état d’entretien avec la même facilité que les sujets déprimés.
* Certains auteurs ont prétendu que l’action de la pasteurella étant subordonnée à linhibition, de la défense organique par une exotoxine que secréterait le microbe; nous ne le pensons pas; la pasteurella n’est redoutable qu’à raison de sa virulence; c’est cette virulence qui domine et qui règle l’évolution des accidents. Il nous faut signaler pourtant que l’altération des tissus et particulièrement des muscles au voisinage immédiat des foyers superficiels semble résulter, pour une part d’actions toxiques et non pas seulement d’une désintégration de la substance vivante par l’élément microbien qui s’en nourrit, mais nous pouvons imputer cette action toxique aux endotoxines microbiennes sans faire intervenir des exotoxines dont l’existence est au moins problématique.
On a considéré la pasteurella comme susceptible. de faire sortir d’autres affections microbiennes à germes banaux ordinairement; la chose peut se réaliser sans doute, comme à la faveur de toute diminution, passagère ou définitive de la résistance organique; mais cette propriété ne caractérise pas le germe qui nous occupe; bien au contraire c’est la pasteurella elle-même que l’on serait en droit de considérer souvent comme un germe de sortie; ce sont les agents banaux à elle associés qui lui permettent de se fixer dans l’organisme pour s’y multiplier, y acquérir toute sa puissance pathogène et finalement triompher de lui; le rôle de ces germes d’ailleurs, s’il apparaît capital dans les premières phases de l’agression, n’est plus que très accessoire dans la suite du processus.
XIL — TRAITEMENT
Sans effet dans les formes à évolution suraiguë, il reste aléatoire en tout autre cas; son application est d’ailleurs très difficile la plupart du temps, dans les circonstances où interviennent en Indochine les vétérinaires et leurs auxiliaires.