THÉRAPEUTIQUE SPÉCIFIQUE
Elle peut mettre en œuvre aujourd’hui deux procédés distincts, le traitement par le bactériophage et le traitement sérique.
a) Traitement par le bactériophage.
À la suite de l'isolement par d’Hérelle du bactériophage de la pasteurella qui nous occupe, Le Louet a essayé et préconisé l’injection de ce produit à titre curatif chez les bœufs et les buffles (dose 20 à 40 cc. en injection intraveineuse ou sous-cutanée).
Il est difficile de porter un jugement précis sur la valeur du procédé dans la maladie naturellement contractée, car, en Indochine, elle ne frappe généralement dans les troupeaux qu’un nombre très réduit d’animaux et — c’est ce qui importe ici — ne tue pas tous les malades; c’est ce qui se passe dans les foyers restreints notamment, là où les essais de traitement pourraient
être effectués dans des conditions assez rigoureuses pour qu’on leur attache la valeur de véritables expériences.
Nous avons eu personnellement l’occasion d'employer le bactériophage à ce titre, dans un troupeau de bœufs où sévissait la pasteurellose, en 1922; l'injection souscutanée du bactériolysat nous a paru influer heureusement sur l’évolution de la maladie et sur la marche de lenzootie, mais nous ne croyons devoir produire ces résultats que sous la réserve précédemment formulée.
Nous avons repris la question depuis, sur le terrain expérimental, mais sans succès; voici sur ce point les plus démonstratifs de nos essais :
Première expérience. —1 veau de 15 mois (100 kilos) reçoit en injec-
tiou hypodermique—-— de centimètre cube de culture virulente de
pasteurella, puis, cinq heures après — au cours de la période d’incubation—?20 centimètres cubes de bactériophage; il meurt quarante-
huit heures après l’inoculation virulente.
2e Expérience. — 1 veau de 15 mois(100 kilos) reçoit en injection
hypodermique ——- de centimètre cube de culture virulente de pas-
teurella, puis quinze heures après, en injection intraveineuse, — tuméfaction naissante au point d’inoculation, hyperthermie de 105 —- 20 centimètres cubes de bactériolysat; 1l meurt quarante-huit heures après l’inoeulation virulente.
Le témoin de ces deux expériences qui ont été conduites simultané-
ment est mort en trente heures.
3€ Expérience.— 1 lapin reçoit par voie hypodermique, simultanément en deux points : À /10.000 de centimètre cube de culture virulente de pasteurella et 80 centimètres cubes de bactériophage: il
meurt en trente-six heures; le témoin meurt en douze heures,
Il est donc possible que le bactériolysant ait pour effet de retarder la mort mais il nous faut ajouter pourtant qu’en employant des doses beaucoup plus considérables, nous n’avons pas obtenu de résultats sensiblement meilleurs.
Nous ne pensons pas d’ailleurs que de cette impuissance du bactériophage à enrayer sûrement la pasteurellose expérimentale, il faille conclure de façon obsolue à son inefficacité dans la maladie naturelle; là en effet les conditions sont autres et beaucoup moins sévères selon toute vraisemblance.
b) Traitement par le sérum.
La Pasteurella pouvant être considérée comme tenant l’essentiel de son activité de sa virulence, nous avons pensé que le sérum d’animaux hyperimmunisés à cet agent — sérum anti-microbien au premeir chef — serait susceptible de donner des résultats intéressants dans le traitement de la maladie.