LOTO
buffles »; les symptômes décrits sont tout à fait comparables à ceux de la peste bovine mais les prélèvements effectués par l’auteur chez quelques sujets lui ont permis de mettre en évidence un bacille à coloration bipolaire dont il a par ailleurs étudié les caractères culturaux et les propriétés pathogènes; de l’ensemble des indications recueillies, il semble bien que là encore il faille conclure à une association fortuite de pasteurellose et de peste bovine.
En 1901 enfin, au cours d’une mission en Cochinchine, Schein constate d’une manière irréfutable la présence de la pasteurellose chez le bœuf et chez le buffle à Tayninh : la maladie se présente sous la forme pulmonaire avec œdèmes sous-cutanés; elle évolue très rapidement. Les examens, ensemencements et inoculations du sang des malades effectués à l’institut Pasteur de Nhatrang confirment ensuite le diagnostic clinique.
Il faut noter qu'antérieurement à l'identification rigoureuse de la maladie, les vétérinaires militaires des troupes d'occupation, avaient observé la pasteurellose en divers points du territoire, en Cochinchine et au Tonkin particulièrement; ils la désignaient tantôt du nom de dysenterie épizootique, tantôt du nom de septicémie hémorragique (Viaud, Gomy, Kærper).
Nous ne pouvons passer sous silence l’erreur regrettable qui conduisit certains auteurs à nier la présence de la peste bovine en Indochine, à la suite de l’identificaüon de la pasteurellose; les expériences de Yersin et Schein à l’Institut Pasteur de Nhatrang remirent alors les choses au point et la peste bovine reprit pour tout le monde la place prépondérante qu’elle possède encore dans la pathologie animale indochinoise.
Depuis, la pasteurellose a été retrouvée successivement dans le Sud-Annam par Schein, dans le Centre
SSP
Annam par Bauche, dans le Nord-Annam par Blin et Carougeau; ces deux auteurs d’ailleurs ont eu affaire surtout à de la peste bovine compliquée, chez quelques animaux seulement, de pasteurellose; il ne faut que lire leurs rapports pour s’en convaincre.