‹ La Pastorale italienne et l'"Aminta"Chapitre 5 sur 20 · ÉGLOGUES EN LANGUE ITALIENNE · texte numérisé non relu

ÉGLOGUES EN LANGUE ITALIENNE

Sur ces entrefaites, l'églogue en langue vulgaire à tercets venait de faire son apparition. Au nombre des Hérotdes de Luca Pulci, mort à la fin de 1470, Polyphème et Galathée est une églogue, la première peut être écrite en tercets sdruccioli, c'est-à-dire en vers dont le premier accent est suivi de deux syllabes brèves. Bernard Pulci, frère de Lucas et de Louis, traduisit en terzines plates les bucoliques de Virgile. En 1481 Girolamo Benivieni, florentin, Francesco Arsoccbi et Fiorino Boninsegni, Siennois, composaient, de leur côté, des bucoliques.

Matteo-Maria Boiardo donne, en 1452, quatre églogues italiennes ayant pour sujet la guerre de Venise contre Hercule I, duc de Ferrare, défendu par son beau-frère, Alphonse d'Aragon. Six autres églogues plus anciennes, du même auteur, et remontant peut-être à 1470, célèbrent les amours champêtres, et datent de l'époque où l'auteur, abandonnant la bucolique latine, se mettait à com-

poser en langue vulgaire. Les événements de la politique, les mêlées des batailles, les pipeaux et les flûtes rustiques, inspirent avec un égal bonheur le comte de Scandiano, que deux autres gentilshommes de l'Emilie, Niccolo da Correggio, avec la Scmidea, et Gualtiero Sanvitale, avec la Florida, imitèrent non sans bonheur, tandis qu'à Ferrare, Antonio Tebaldeo se faisait applaudir de son côté.

Une œuvre se rapprochant de celle que nous venons de citer, est le Corinto, de Laurent de Médicis, églogue classique, comme toutes les pastorales de l'époque, et qui, composées par des gens de cour pour des auditeurs de cour, ne s'écartaient pas de la forme régulière.

Mais le même Médicis se transforme du tout au tout dans la Nencia da Barberino. L'éçlo^rue et la nymphe antique cèdent ici le pas à la jeune paysanne toscane, en habits de fête, dans la plus douce et placide vallée du monde. La poésie des loisirs populaires chante, par la bouche d'un seigneur populaire, l'idylle de l'amour populaire dans le suave et élégant parler de l'exquis pays de Toscane. Mais hélas ! ce ne fut qu'un éclair.

Pulci et Berni, malgré tous leurs efforts, ne réussirent qu'à donner de vraies caricatures avec la Beca de Diconiano et Catrina. Il fallut revenir à l'Arcadie.

Page 1