ACTE I
Daphné, compagne de Sylvie, lui dépeint
l'amour dont Aminte brûle pour elle. Mais Sylvie demeure insensible et prétend garder son cœur des surprises de la passion. Vouée à Diane, elle veut rester fidèle à son culte (scène i).
Aminte, suivi de Tircis, son confident, se plaint et se désespère de n'être pas aimé. Il fait à Tircis une peinture imagée et charmante de l'origine de son amour (scène n).
J'eftois encore dans un âge r
Où je ne pouvois de la main, Atteindre les rameaux les plus bas d'un boccage,
Lorsque je me fentis épris D'une jeune beauté qui n'a point de féconde,
A qui la brune ny la blonde,
Ne fçauroient difputer le prix;
L'heureufe Cidippe eft fa mère,
Et le riche Montan lbn père.
Elle eft l'amour des cœurs, l'ornement de nos bois ;
Elle eft au deffus de l'envie,
Par tout elle donne des loix,
Enfin c'eft la belle Silvie.
Nous fufmes quelque temps fi bien unis tous deux,
Qu'il eft vray que la tourterelle N'a pas pour fa compagne une amitié fi belle.
1. Les extraits qui suivent proviennent d'une traduction, datant de 1666 (Paris, Claude Barbm, in-16) et dont les vers naïfs sont plus agréables que celle — en prose — de De la Brosse Tours (lamet- Mettayer, 1591, in-12) et Lyon (Benoist Rigault, 1597, in-16).
Et l'amour ne fçauroit former de plus beaux nœuds. Pavois encor cet advantage, Que nos hameaux êftoient voifins, Mais nos cœurs Feftoient davantage, Tant qu'il plût aux heureux deftins.
Nous eflions tous deux d'un mefme âge, Nous avions les mefmes deiirs, Nous prenions les mefmes plaifîrs.