‹ La paternité chrétienneChapitre 12 sur 57 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

S'il est en ce monde un sentiment qui semble ne devoir donner que des joies, n'est-ce pas celui qui éclate dans nos affections de famille? Elles sont si saintes, si légitimes! La nature, en les faisant naître dans le cœur de l'homme, n'y a-t-elle pas attaché une promesse de félicité? Et l'oracle duSinaï confirme solennellement ces espérances, puisqu'il y engage, en quelque sorte, la parole même de Dieu. Car cette longévité mystérieuse que le

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Décalogue annonce comme salaire, à ceux qui auront eu le culte de la parenté1, se mesure moins sans doute au nombre des années qu'à leur plénitude. Ce sont les jours bien remplis que l'Écriture présente comme enviables'2; autrement, leur multiplicité même deviendrait un fardeau plutôt qu'une récompense.

Ainsi la révélation est d'accord avec le sentiment instinctif de l'humanité ; l'une et l'autre s'accordent à faire entendre une prophétie de bonheur aux attachements sacrés du foyer domestique.

Néanmoins, il nous faut reconnaître qu:icj, comme ailleurs, le principe de nos joies devient souvent la cause de nos tristesses. La même source nous verse et la consolation et là douleur. Plus nous en attendions de suavité, plus il nous en vient d'amertumes.

Serait-ce donc la loi générale, sur cette terre que nous habitons? Quels amours v

i. Honora patrein tuuui et mu i rem tuaoi, ut sis loi saper terram. (Gen., xx. 12.)

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