Tob., vin
2. Et erit tanquam lignum quocl plantatum est secus decursus aquarum.quod fructum suum dabit in tempore suo, et folium ejus non defluet. -(Ps. i, 3.)
Je n'ai point encore révélé toute la beauté de ces harmonies chrétiennes.
Il est vrai que je viens de vous montrer, au seuil de la vie conjugale, une institution divine, qui attend les époux pour consacrer leurs promesses ; il est vrai que je vous ai fait voir ce fleuve de" grâce, qui coule pour eux seuls, et dans lequel ils puisent à la fois leur force et leur joie; mais leur privilège ne consiste pas seulement à recevoir le sacrement; suivant la doctrine commune et authentique, ils en sont eux-mêmes les ministres. Nouveau point de vue, qui relève encore leur dignité, et nous met à même de reconnaître en eux demagnifiques prérogatives.
Vous le savez, Messieurs, de tout ce que notre sainte religion remet entre les mains des hommes, il n'y a rien de plus auguste que ces trésors spirituels, que nous appelons les sacrements. Les distribuer aux fidèles, lorsque
LES JOIES DU SACREMENT. 2i 1
déjà ils existent, serait une fonction digne des esprits bienheureux; mais leur donner leur être, les créer, pour ainsi dire, dans leur forme propre, les faire comme parle l'École : conficere sacramenta; c'est une fonction qui semble réservée au sacerdoce catholique.
Honneur insigne et redoutable ; le prêtre ne l'ignore pas et il n'approche qu'en tremblant. Malgré le caractère sacré dont il est revêtu, malgré la pureté de sa vie sevrée de tout plaisir, il craint encore que ses mains ne soient pas assez nettes, que son cœur ne soit pas assez pur, tant il comprend à quelle hauteur le fait monter cet incomparable ministère! Il lui semble toujours entendre retentir à ses oreilles la recommandation de l'Apôtre, demandant à l'homme de s'éprouver luimême1; et l'avertissement que l'Église lui adressait au moment de son ordination : Lavez-vous de toute souillure, vous qui touchez les vases du Seigneur2.
Eh bien! Messieurs, c'est cette gloire que