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Zoi TRENTE-TROISIEME CONFERENCE.
Ii y a ici deux périodes, sur lesquelles je veux appeler votre atteniiou. La première est la période de l'attente; la seconde est celle de l'accomplissement et de la réalisation.
L'une et l'autre tous apportent, avec les satisfactions le» plus légitimes, des obligations sacrées, qui en sout inséparables.
C'est Dieu lui-même qui a mis au cœur de Oiomme le désir de se survivre, dans un rejeton semblable à lui, dont il doit être le principe, et qui sera formé de sa substance.
Cette tendance est spontanée ; tout ce qui a vie travaille naturellement à ia satisfaire, jusque daus ces règnes inférieurs, où elle n'apparaît que comme un instinct inconscient. Quant à l'humanité, elle porte cette loi nonseulement dans ses aspirations nécessaires, mais aussi dans ses amours les plus éclairés, les plus saints et les plus libres.
LE PREMIER BERCEAU. 2oo
On peut, il est vrai, y renoncer afin de poursuivre un but d'un ordre supérieur.
C'est ce que fait le prêtre catholique, en vue d'une paternité plus haute et plus parfaite, à laquelle il aspire. C'est ce que fait la vierge, dans l'espérance d'une vie plus pure et d'une intimité plus étroite avec son Dieu. Mais ni la vierge, ni le prêtre ne peuvent accomplir cette renonciation, sans remporter sur euxmêmes une victoire difficile. Et s'il est arrivé, comme nous le voyons par l'histoire de l'Église, que, dans le mariage même, un nombre considérable de personnages vertueux se sont imposé , d'un commun accord, la continence absolue ; ce sont là pourtant des faits exceptionnels, qui n'infirment point la règle générale. Tous ces appels particuliers de la grâce laissent subsister, dans son intégrité, la vocation habituelle de la multitude; car ce qui caractérise un degré plus élevé de vertu, n'enlève rien à ce qui constitue sa mesure ordinaire.
Disons plutôt que ie mieux lui-même est relatif, que la perfection se diversifie selon
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les personnes et d'après leurs dispositions spéciales.
Chacun, dit saint Paul, a reçu de Dieu le don qui lui est propre : Unusquisque proprium donum habet ex Deo * ; et s'il est des voies qui peuvent conduire l'homme plus haut, ceux qui les suivent n'ont le droit ni de condamner, ni d'interdire les chemins plus faciles, que le Créateur a ouverts à leurs frères.
Aussi, Messieurs, vous n'ignorez pas que l'Église n'a pas moins défendu la sainteté du mariage que la légitimité du célibat.
Lorsque les Manichéens, les Priscillianistes et tant d'autres ennemis de la vérité, sous prétexte de condamner la chair, au nom de l'Évangile, représentaient l'union des époux comme une déchéance ; les docteurs et les conciles leur ont répondu, en jetant l'anathème à leurs sacrilèges interprétations. Saint Paul le premier signale, parmi les doctrines sorties de l'enfer, celles qui prétendent prohiber la