‹ La paternité chrétienneChapitre 40 sur 57 · Ephes., il · texte numérisé non relu

Ephes., il

hors de l'Église et sans aucune part aux privilèges évangéliques? Outre le risque effrayant que l'on court, quoi qu'on fasse, de le voir mourir en cette triste situation, il en résulte pour lui un détriment considérable.

Je m'adresse ici à des hommes de foi. Je n'ignore pas avec quelle piété ils honorent en Marie cette prérogative unique, en vertu de laquelle, sa conception a été pure et immaculée. Mais, de grâce. Messieurs, quand vous célébrez cette fête, si chère à tous les vrais chrétiens, de quoi félicitez-vous la Reine du ciel ? En quoi la trouvez-vous supérieure à toutes les autres créatures? Sa gloire, son bonheur incomparable, vous le savez, c'est de n'avoir jamais été. même un instant, dans l'inimitié de Dieu.

Parmi les anciens docteurs, plusieurs disaient que, conçue comme tous les autres, elle avait été immédiatement sanctifiée par une opération surnaturelle; ils réduisaient presque à rien l'intervalle qui s'était écoulé, selon eux, entre la création de cette âme bénie et sa prise de possession par la grâce. L'Église n'a

point admis une pareille explication. Elle l'a rejetée avec horreur, parce que ce moment, si court qu'on le suppose, aurait constitué une tache, et déparé une beauté dans laquelle on ne doit rencontrer aucune ombre,

Et vous, au pouvoir de qui il est de faire cesser la dure servitude, vous ne craindriez pas de la prolonger dans vos enfants ! Pour des motifs frivoles, pour des considérations de simple convenance, vous consentiriez à éloigner le sacrement, à attendre de longs jours, peut-être des semaines entières, avant d'assurer leur adoption divine et leur entrée dans la société des saints! C'est là une conduite coupable ; elle mérita d'être flétrie; aucune raison valable ne saurait l'excuser, ni aux yeux de Dieu, ni même devant les hommes.

La belle fête pour un père chrétien, quand enfin l'eau baptismale est répandue sur la tête de son enfant ! Pour peu que ses croyances soient vivantes, que de merveilles ne vont-elles pas lui révéler! Le temple intérieur une fois purifié, le Saint-Esprit y entre, comme dans sa demeure propre; et n'est-il

pas bien juste de célébrer la dédicace du nouveau sanctuaire? La souillure originelle effacée, Dieu regarde et reconnaît son fils; la Trinité tout entière, fixant sur lui des yeux pleins de bienveillance et d'amour, n'hésite point à le combler de faveurs et à le doter richement, pour qu'il soit digne d'elle.

Ce qu'on vous rend, au sortir des fonts sacrés, est-ce bien simplement un enfant des hommes? N'est-ce pas un frère des Anges et, en quelque sorte, leur égal, digne d'être associé à ces esprits bienheureux et de vivre éternellement en leur compagnie ? De fait, s'il venait à vous être enlevé en cet état, il n'en aurait point d'autre. Pauvre père, tremblez, le ciel vous envie ce trésor; de peur de le voir se perdre, il pourrait bien vous le ravir. Mille voix qui viennent d'en haut, le réclament; mille cœurs pieusement sympathiques conspirent peut-être pour vous en dépouiller.

Mais non, on vous le laisse; et il s'agit de savoir quel nom le nouvel élu portera parmi ses frères. Le premier enfant qui naquit en

en ce monde, en reçut un signiûcatif, que la foi avait dicté : Possedi hominemper Deum, j'ai acquis un homme, par la grâce de Dieu ' : telle fut la parole de sa mère, et telle fut l'appellation qui resta au fils aîné de la grande famille.

Du temps des patriarches, ces noms étaient généralement comme un cri de reconnaissance, échappé du cœur maternel. Isaac était le fils de la promesse; Dan, le Seigneur a jugé en ma faveur; Nephtali, le Ciel ma comparée à mes rivales; Gad, heureux événement; Aser, celui-ci fera mon bonheur, etc.. Quoi de plus touchant que des dénominations où se reflètent tour à tour la joie, la gratitude, l'expression de nouveaux désirs ou celle d'une légitime fierté? Tout l'Ancien Testament nous révèle les mêmes harmonies; sans compter que plusieurs fois Dieu intervient lui-même, pour fixer le choix des parents et faire, du nom qu'ils imposent, une véritable prophétie.

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