III
ce titre pour l'adolescent qui y arrive; ou serifie-t-il également cette dénomination par le bonheur qu'il apporte à un père et à une mère? Lorsque nous assistons, heureux témoins, à ce spectacle si touchant de la première communion, pouvons-nous facilement décider qui se réjouit davantage : ou ces jeunes enfants, qui montent à l'autel dans la simplicité de leur foi, dans la candeur de leur innocence; ou ces familles pleines de foi, qui se sentent flères de présenter au Dieu de l'Eucharistie des âmes préparées de longue main; et qui voient, dans les bénédictions de cette journée, un gage et une promesse de celles qu'elles espèrent pour le temps qui va suivre? Ce moment fixe une date qu'on n'oubliera plus. C'est, dans l'histoire de la famille, un événement qui laisse après lui de vivants souvenirs. On peut le compter parmi ces rares éclaircies de la vie humaine, où un rayon du ciel perce les ténèbres et dissipe les sombres nuages. Sera-ce l'acheter trop cher que d'avoir accepté précédemment toute sorte d'angoisses et de sacrifices?
Messieurs, vous le savez par expérience, ce jour-là, un père qui pense comme nous, s'estime amplement dédommagé de toutes les peines qu'il a prises. Lors même que la naissance d'un enfant et les exigences de sa première éducation lui auraient occasionné les épreuves les plus douloureuses ; la vue de ce qui s'accomplit dans cette mémorable circonstance, lui paraîtra une. récompense surabondante de ses soucis et de ses travaux.
S'il ne restait encore bien des devoirs à remplir, s'il n'y avait pas, pour de longues années, une protection nécessaire à exercer; peut-être le chrétien, à qui vient d'être accordée cette immense consolation, chanterait-il déjà son Nunc dimittis, et sèrait-il tenté de ne rien demander de plus sur la terre.
Et de fait, quelles que puissent être les satisfactions que Dieu lui réserve, jamais il n'en goûtera de plus suave, ni de moins mélangée.
Aussi, Messieurs, il m'est doux de vous entretenir aujourd'hui de ce sujet. Je n'aurai point d'effort à faire pour vous le présenter dans sa grandeur et dans son caractère sym-
pathique. Un simple exposé des faits, un récit abrégé de ce qui se passe, au vu et su de tous5 suffira pleinement pour nous montrer les trésors de joie renfermés dans cet acte religieux.
La première communion est un des sommets de la vie; nous jetterons d'abord un regard sur les avenues qui y conduisent; puis nous essayerons de gravir ces hauteurs et de contempler de là le vaste horizon qui se déploie.
En racontant les premières années du Sauveur, TÉvangile les résume eu cette simple parole : Puer crescebat et confortabatur l. Quelle étude plus intéressante à faire que celle des développements progressifs d'une jeune âme dans cet âge si tendre ?
Le point de départ est dans la nuit; car