Cf, s. Thom., 2, 2, q. 168, a. 2 et
(( C'est un vice, sans doute, dit saint François de Sales, d'être si rigoureux, agreste et sauvage, qu'on ne veuille prendre pour soi, ni permettre aux autres, aucune sorte de récréation1. » Aussi la théologie elle-même s'élève contre ce désordre, en lui opposant un saint enjouement, qu'elle nomme l'Eutrapélie. Et volontiers elle fait sienne cette maxime de saint Augustin : Je veux enfin que vous modériez votre travail. Il est d'un sage de prendre un peu de relâche et de ne pas avoir toujours V esprit tendu sur les occupations sérieuses2.
Ajoutons, Messieurs, que cette manière aimable d'entendre et de pratiquer ses devoirs, devient le moyen le plus efficace d'exercer autour de soi l'apostolat. Autant une piété qui prendrait des airs farouches, écarterait de Dieu et de vous; autant, au contraire, elle attirera, lorsque, sans rien sacrifier d'essentiel, elle saura se donner des formes agréables et s'assurer une influence sympathique.
i. Introd. à la Vie dév. 3e p., c. xxx. 2. Volo tandem tibi parcas. >Tam sapientem decet inlerdum remittere aciem rébus agendis intentam. (De Mus., II, cuit.)
Vous n'oublierez pas que Jésus-Christ luimême a déclaré que son joug est suave. En imposant à ceux qui dépendent de vous le far* deau évangélique, vous travaillerez à le leur faire trouver léger; et vous y joindrez, avec une pieuse sollicitude, les adoucissements qu'il comporte.
Mais les divertissements de vos fils n'attireront pas moins votre vigilance que leur travail. Autant vous aurez de zèle pour leur avancement dans les études, autant vous mettrez d'attention à observer de près ce qui se passe dans les délassements qui leur sont accordés. La surveillance paternelle ne s'endormira pas plus sur leurs plaisirs que sur leur labeur, puisqu'elle n'ignore point qu'elle doit s'étendre à la vie tout entière.
Vous avez charge d'âmes, Messieurs, vous devez être toujours éveillés, comme ces serviteurs, à qui on demandera un compte sévère de leur gestion, tanquam rationem reddituri1. Puissent les réjouissances et les chagrins,