‹ La pathologie de l'attentionChapitre 15 sur 22 · Raymond et Janet, loc. cit., observation 18, p · texte numérisé non relu

Raymond et Janet, loc. cit., observation 18, p

d'aproséxie qui, sans être très avancé, nous semble cependant jouer un rôle important dans le processus de ce trouble. Le cas est très intéressant. Une émotive. Béi., âgé de 18 ans, perd absolument le sentiment de sa personnalité à la suite d'une bistoire d'amour assez banale. « Où suis-je, que suis-je devenue, répète -t-elle constamment? ce n'est pas moi qui parle, ce n'est pas moi qui mange, ce n'est pas moi qui travaille. Je ne me vois pas faire ceci ou cela, il y a quelque chose qui manque ». Cette négation n'est pas rare en psychopathologie; mais ce qui fait l'intérêt de ce cas, c'est que la malade ne présente en réalité ni anesthésie, ni amnésie, ni troubles visuels ou auditifs. Elle mange et dort normalement; les sécrétions sont régulières; seules les courbes des temps de réaction montrent une légère élévation au-dessus de la normale. Cette élévation du reste est peu significative. Ce qui nous semble beaucoup plus significatif chez cette malade, c'est qu'elle ne perd la perception de sa personnalité que lorsqu'elle cherche à fixer son attention. Si, en lisant, elle oublie de s'analyser, elle comprendra parfaitement ce qu'elle lit et s'en souviendra, alors même qu'elle affirme n'avoir rien compris et ne se souvenir de rien. Le même résul-

tat est du reste obtenu par l'attention excessive. « Quand elle est bien reposée, dit Janet, après un sommeil en particulier, on peut l'exciter à bien faire attention à une sensation et elle finit par convenir que c'est bien elle qui l'éprouve. Le trouble disparaît donc soit dans la distraction, quand il n'y a aucun effort pour former la perception personnelle, soit par l'attention excessive qui arrive momentanément à la rétablir » (p. 66).

Ce qui est capital, c'est donc, à notre avis, le trouble de l'attention, la paraproséxie plutôt que l'aproséxie, c'est l'étude de ce trouble, consécutif à des troubles émotifs et à une hérédité chargée (père alcoolique, mère faisant de la confusion mentale et du délire anxieux) qui doit éclairer un peu le mécanisme psychologique de ce cas.

Dans une surdité verbale, d'abord examiné par Charcot, puis reprise et décrite par Raymond et Janet ^, nous trouvons aussi des troubles de l'attention sur lesquels il est intéressant de nous arrêter. Quel que soit l'ordre des sensations sur lequel on essaie de fixer l'attention de Rachel (19 ans) le temps de réaction est considérablement allongé et irrégulier.

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