VIII
WierSxMA pense que la prolongation de la durée de perception dans les dernières épreuves est due à l'entraînement du sujet, et qu'à la stabilité de son état affectif, correspond la stabilité relative des durées de perception.
Le sujet IV est un mélancolique, 20 ans, dont les accès durent environ une quinzaine de jours. Wiersma a pu l'observer pendant 3 de ces accès, le prendre à la dépression et le suivre jusqu'à la rémission.
Les expériences étaient faites à midi ; le sujet restait inoccupé pendant la matinée. Son sommeil était généralement bon. La montre était placée à 250 centimètres de l'oreille.
Durées totales des périodes de perception (en secondes).
28 mai. Dépression 166
29 — Dépression. 188
30 — Dépression 229
31 — Etat normal 237
13 Juin. Etat normal 287
9 Juillet. Dépression 0
12 — Dépression 0
16 — Dépression oO
22 — Dépression 0
26 — Etat normal 231
29 — Etat normal 300
3 Août. Etat normal 300
10 — Etat normal 300
14 — Etat normal 300
23 — Dépression 0
24 — Dépression . 136
27 Août. Dépression 0
29 — Dépression 201
31 — Dépression 245
3 Septembre. Etat normal 279
10 — Etat normal 278
Le résultat est donc bien marqué : les périodes de dépression sont aussi celles de moindre durée des perceptions, de moindre fixation de Fattention. Les expériences faites sur le sujet 3, une folle circulaire, offrant des crises d'exaltation suivies sans transition de crises de dépression, ont pleinement confirmé ce résultat.
Les deux derniers sujets, moins intéressants, sont deux neurasthéniques, homme et femme, 2o et 24 ans. Le premier présente de Fincontinence des idées {Ideenjlucht) avec ou sans lourdeur de tête et sentimen»t de lassitude. C'est lorsque ce sentiment de lassitude est le plus accentué que l'attention est très pénible et la durée des périodes de perception très faible (85 secondes par exemple). Le second sujet est une obsédée : plus l'obsession est maîtresse du champ mental, plus la durée des périodes de perception est faible.
La conclusion qui ressort de ces expériences est donc : qu'il existe un rapport entre l'état mental affectif des sujets, la durée des périodes de perception, et par conséquent la puissance de fîxationde l'attention. La forme déprimante de Fémotivité aurait une influence inhibitrice sur les mécanismes de l'attention et de la perception.
Les expéiHenccs esthésioinétriques . Consoni ^ a entrepris une intéressante série de recherches esthésiométriques sur l'attention et surtout la
1. F. Consoni. Mesure de l'Attention des iaibles d'esprit. Archives de Psychologie, Genève, 1903, Tome II, fasc. 3.
pathologie de raltention. Les expériences portèrent parallèlement sur 15 enfants, dont li phrénasthéniques (8 garçons et 3 filles) appar tenant à F Asile-Ecole de De Sanctis, et 4 normaux de même âge et de même condition sociale, d'une école communale de Rome.
La méthode esthésiométrique adoptée par FanteQr, — et qui doit en eliôt, quoi qu'on en ait pu dire, apporter de sérieuses contributions à l'étude de l'attention, — consiste à apprécier les divers aspects de l'attention à l'aide des variations numériques du sens du lieu, obtenues avecl'esthésiomètre. Les résultats de l'esthésiométrie en effet nous renseigne, plus encore que sur le facteur périphérique de la sensation, sur l'état de l'attention dont ils nous fournissent dans certains cas une très légitime mesure.
CoNSONi distingue dans ses recherches deux formes de l'attention : l'attention statique et l'attention dynamique. « Cette distinction, écrit-il, que je crois devoir admettre, de deux formes d'attention, à sa raison dans ce fait que le mécanisme attentionnel une fois constitué peut, sous l'action de causes que nous verrons plus loin (les états affectifs) maintenir sa stabilité pour un temps plus ou moins long ; tout comme il peut, toujours sous l'action des mê-
mes causes, présenter dans un espace de temps très court une succession de répétition d'une extrême rapidité » (p. 212).
L'attention statique représente donc la persistance durable du mécanisme attentionnel, déterminé alors par un groupe d'excitants formant un complexus unique et agissant sur une seule zone centrale de projection. Cette forme statique s'accompagne des caractéristiques physiques, si souvent décrites, de l'attention.
L'attention dynamique consiste en une série d'actes d'attention assez rapprochées, mais distincts et dus à des excitants de nature variée agissant pendant un temps très court, le plus souvent sur des zones de projection différentes.
Ces distinctions posées, retenons les conclusions auxquelles la méthode esthésiométrique a conduit CoNSONi. Ces conclusions nous semblent importantes en l'état de la question et nous les reproduisons textuellement.
« 1° La méthode esthésiométrique peut donner d'excellents résultats quand elle est appliquée à l'étude de l'attention discriminative tactile, tant statique que dynamique.
« 2° Chez les enfants phrénasthéniques, dans les cas pas trop graves, un certain degré d'attention statique conative est toujours possible.
(( 3° Chez eux, l'attention statique conative est toujours plus ou moins défectueuse dans quelques-unes de ses qualités ou dans toutes, et cela à des degrés divers suivant les individus.
« i° Ces altérations se produisent cependant toujours plus facilement, et sont plus graves, chez les phrénasthéniques d'un degré plus marqué.
« 5^ Chez les phrénasthéniques il peut exister aussi un certain degré d'attention dynamique conative.
(( 6^ L'attention dynamique peut atteindre chez eux, quoique en de moindres proportions que chez les normaux un degré suffisant de rapidité, mais elle manque constamment d'étendue.
(( 7° Il y a des rapports précis entre la capacité des divers individus pour l'attention dynamique et certaines qualités de leur attention statique.
« 8° Il existe une correspondance incontestable, môme chez les phrénasthéniques (du moins dans les cas que j'ai examinés), entre la façon dont se comporte l'attention naturelle et l'attention conative.
« 9° Le degré d'incapacité générale d'atîen-
tion serait chez eux en raison directe aussi de leur degré d^émotivité et de leur pouvoir d'inihibition.
« 10'' On peut aussi établir une relation directe entre ce degré de capacité et le degré de phrénasthénie; de même, l'examen des facultés attentionnelles peut fournir un élément précieux, qui suffît presque à lui seul pour le diagnostic du degré de la faiblesse mental. Ce qui revient à dire que les phrénasthéniques peuvent bien se classer suivant leur degré d'attention, comme le pense Sollier.
« 11° Il y a entre les enfants normaux et les phrénasthéniques graves de notables différences de degré dans leurs facultés attentionnelles, mais ces différences s'évanouissent peu à peu à mesure qu'il s'agit de phrénasthénie de plus en plus légère.
(( 12*^ Les enfants normaux, à conditions égales (âges, habitudes, etc). possèdent indiscutablement une plus grande promptitude d'adaptation conative.
« 13° Chez les enfants normaux, la capacité d'attention dynamique conative est plus développées, et souvent aussi elle se montre étendue, ce qui est un indice de puissance supérieure dans les processus cérébraux. »
V attention et les troubles de V écriture. Les troubles de l'écriture copiée dans les démences, de l'écriture spontanée dans les diverses névroses ou psychoses sont des tests susceptibles de précision pour l'évaluation du déficit de l'attention. Chacun a eu l'occasion de remarquer les omissions ou les répétitions de mots dans les lettres des personnes nerveuses ou fatiguées. Ces répétitions, ces omissions qui peuvent aller jusqu'à l'impossibilité absolue de la copie (même en dehors des cas d'agraphie) ont été classées et interprétées par Rogues de Fursâg ^ dont la contribution à l'étude qui nous occupe se trouve ainsi revêtir une importance pour ainsi dire méthodologique.
La paralysie psychique, dit Rogues de Fursag a pour conséquence deux ordres de phénomènes : l'affaiblissement ou le déficit de l'attention et l'exaltation de l'automatisme mental, qui le plus souvent s'observent associés.
Les troubles de l'attention se présentent surtout dans la copie sous forme d'omissions ou même d'impossibilité delà copie.
1. Rogues de Fursac. Les écrits et les dessins dans les maladies nerveuses et mentales. Essai clinique. Paris, Masson, 1905, 1 vol. 307 p. avec 232 figures dans le texte.
Les omisions peuvent indiquer les oscillations de l'attention. Elles portent indistinctement sur toutes les parties d'un écrit ; signes de ponctuation, fragments de lettre, lettres, groupes de lettres, mots, groupes de mots, phrases entières.
L'impossibilité de la copie est l'expression parfaite de l'aproséxie.
Elle se manifeste par l'impuissance absolue et d'emblée à concentrer l'attention ou l'impuissance survenant quelques minutes après le premier effort intellectuel. Dans ce dernier cas, le sujet ne poursuit pas son travail quand le jugement étant conservé, il est conscient de difficultés insurmontables.
Par contre, il continue à écrire automatiquement, quand l'absence de jugement le rend inconscient des erreurs qu'il commet. Ce phénomène, appelé par Fursac le désordre de la copie est fréquent dans les états d'excitation. Il arrive aussi que le malade écrive des mots n'ayant plus aucun rapport aA'^ec le texte qu'il lit, c'est ce que Fursag appelle la dissociation de la lecture et de l'écriture.
Les omissions sont moins frappantes dans la dictée. On peut ici relever soit les fautes syntaxiques, soit les homonymies. Le malade qui n'a
plus la notion du sens dans la phrase, du rôle de chaque mot, les perçoit et les écrit individuellement sans tenir compte de ce qui précède. Au point de vue graphique, Rogues de Fursac a distingué comme suit les principales formes sous lesquelles se manifeste l'automatisme psychique. Ce sont d'après l'auteur :
Les substitutions.
Les transpositions. Les additions.
L'incohérence graphique.
L'échographie.
La stéréotypie.
L'impulsion graphique.
La substitution consiste à remplacer au cours d'un écrit, une image graphique par une autre, celle-ci présentant naturellement avec la première une plus ou moins grande analogie. Rogues DE Fursac, d'une façon trop schématique et qui à notre sens n'exprime par le mécanisme psychologique de ces phénomènes distingue des substitutions, par identité auditivo-motrice, par analogie auditivo-motrice, par analogie graphique, par analogie de sens, par répétition, par transposition.
La substitution par identité auditive-motrice consisterait dans le remplacement d'une lettre ou d'un mot par une lettre ou un mot « différent, mais équivalent au point de vue phonétique et nécessitant pour le prononcer des mouvements d'articulation identiques » ((( pair » pour (( père »). Ces substitutions n'exprimeraient le développement de l'automatisme mental, et l'affaiblissement de l'attention que si le malade, dont l'attention a été éveillée et spécialement fixée sur le mot écrit, est en mesure de le corriger ; faute de quoi nous serions en présence d'une simple amnésie.
Les substitutions par analogie auditivo-motrice sont celles qui se produisent « entre lettres appartenant à un même groupe physiologique ou à des groupes voisins ». Rogues de Fursac remarque qu'elles sont plus fréquentes entre les consonnes qu'entre les voyelles dont les sons diffèrent trop les uns des autres, en français au moins.
Les substitutions de mots par analogie auditivo-motrice se produisent par assonance (analogie de terminaison, « prémunir » pour « démunir ))) ou résultent souvent d'une substitution de lettre par analogie auditivo-motrice (« vendre » pour « fendre »).
Les substitutions de ce groupe résultent d'à-
près l'auteur d'une analogie dans le son représenté par les images graphiques, unie à une analogie dans les mouvements nécessaires pour produire le son (analogie d'articulation). Elles sont identiques aux substitutions bien connues dans le langage courant sous le nom de lapsus linguae; dans l'écriture, nous avons l'expression de l'erreur effectuée dans les centres auditifs et moteurs, c'est le lapsus calami,
La substitution de lettres par analogie auditivo-motrice n'indique un affaiblissement notable de l'attention que si elle se répète au cours d'un même écrit. Elle se produit souvent à l'état normal; c'est pourquoi il faut tenir largement compte de toutes les causes de distraction chaque fois qu'on veut apprécier un écrit. Les fautes qui révèlent l'emploi du procédé de l'épellation ne peuven tindiquer un trouble psychique à retenir; les procédés employés pour écrire, le procédé synthétique (qui consiste à représenter le mot sous forme d'image) et le procédé analytique (décomposant le mot en lettres) sont en effet tous les deux d'usage à l'état normal.
Les substitutions par analogie graphique impliquent au contraire un affaiblissement important de l'attention; elles sont assez rares et ne
portent que sur les lettres dont les formes sont à peu près semblables. Les images graphiques jouent ici un rôle direct, le lapsus calami résultant d'une confusion entre les images visuelles, et n'étant plus comme nous l'avons vu précédemment l'expression d'un lapsus linguae.
Les substitutions par analogie de sens portent sur les mots dont le sens est rapproché. Le mot d'un usage plus courant devient en effet facilement un mot qui remplace l'autre («Il se lava les mains » pour « il se nettoya les mains »).
La substitution par analogie de sens résulte aussi d'une association préétablie qui, grâce à l'exaltation de l'automatisme psychique, prévaut sur l'association présente.
La substitution par anticipation se produit entre les mots aussi bien qu'entre les lettres et consiste à remplacer une lettre ou un mot par une autre lettre ou un autre mot qui se trouve plus loin dans l'écrit (inamolibilité.) Le phénomène inverse a lieu dans les substitutions par répétitions (transforfation pour transformation.)
Les transpositions (substitutions réciproques), consistent à remplacer une lettre ou un mot
par uae autre lettre ou un autre mot plus éloigné et réciproquement (inamobilivité). Elles s'effectuent de préférence entre lettres appartenant au même groupe physiologique.
Elles deviennent des inversions quand elles se font entre deux lettres ou deux mots consécutifs, ce qui a lieu surtout pour les consonnes dont la première est une liquide. Ce fait, nous dit Fauteur, tient à ce que le groupe constitué par une liquide précédée d'une autre consonne est d'une prononciation plus facile, plus automatique que la combinaison contraire : (« madri » pour « mardi ». C'est un lapsus calarai traduisant un lapsus linguaé).
RoGUEs DE FuRSAC classc les additions de lettres ou de mots en :
x\dditions par répétition et par anticipation.
Additions par association automatique.
Additions par impulsion graphique.
a) Dans les additions par répétition, le sujet répète plusieurs fois la même lettre, la même syllabe ou le même mot, sans aucune raison.
Il y a répétition par reviviscence quand un mot déjà écrit est répété quelque temps après. Le phénomène inverse a lieu dans les additions
par anticipation. On les remarque surtout dans l'écriture copiée, elles sont la preuve que le malade n'a pas compris le sens de ce qu'il écrit.
Les additions par association sont divisées par l'auteur en trois catégories : (a) les additions par association phonétique préétablie — associations de lettres, le plus souvent d'une liquide automatiquement surajoutée à une autre consonne (« clacher » pour « cacher »).
b) Les additions par assonance — associations de mots, sont surtout fréquentes chez les maniaques, ((( il faut attendre de prendre » pour « il faut attendre ») et en général dans tous les affaiblissements démentiels, avec agitation verbale, pouvons-nous ajouter.
c) Les additions par association d'idées préétablie, manifestations fréquentes de la fuite des idées dont Pune évoque l'autre à laquelle elle est liée par un lien plus ou moins solide (« leur courage civique, ou plus tôt que plus tard, leur audace » pour « leur courage ou plutôt leur audace »).
Des deux sources possibles de ces dernières erreurs (substitutions et additions) trouble du fonctionnement du langage de réception et celui du fonctionnement du langage de transmission, c'est à cette dernière que les dites erreurs
doivent être attribuées, selon Fauteur. En effet les substitutions par analogie auditivo -motrice étant très sensiblement les mêmes dans la copie et dans la dictée, elles doivent avoir pour origine un trouble de la fonction commune à ces épreuves ; savoir, celui du langage de transmission ; nous ne nous trouvons donc pas ici dans la majorité des cas en présence d'un trouble de la perception.
L'incohérence graphique consiste en la succession des images graphiques par juxtaposition, sans qu'elles soient unies entre elles par aucune association. Elle est surtout fréquente dans les écrits spontanés.
La stéréotypie graphique a été souvent étudiée ; on sait qu'elle consiste dans la répétition systématique d'une ou plusieurs lettres, d'un ou de plusieurs mots. Le groupe d'éléments graphiques automatiquement reproduit porte le nom de motif stéréotypé. Les stéréotypies n'expriment cependant pas d'emblée l'aprosexie du sujet. L'un de nous en collaboration avec le Jf A. Marie * a présenté toute une série de dessins stéréotypés chez un vieux dément précoce,
1. D'" A. Marie et Raymond Meunier. Note sur les dessins stéréotypés d'un dément précoce. Journal de psychologie normale et pathologique, N" 4, 1907.
qui semblent assez caractéristiques à cet égard. Le cas de la combinaison de la stéréotypie et de l'incohérence où le motif stéréotypé reparaît de temps en temps, comme un leit-motif, est assez fréquent.
Dans Péchographie les impressions verbales auditives et visuelles qui parviennent au cerveau du sujet sont automatiquement transformées en mouvements graphiques. La copie et la dictée automatique trahissent le défaut de compréhension du texte et le défaut de souci de l'ordre des mots.
L'échographie est plus accusée quand le malade reproduit graphiquement les mots qui viennent frapper son oreille, ou n'ayant aucun rapport avec le texte.
L'impulsion graphique nous intéresse plus au point de vue de l'automatisme qu'au point de vue de l'aprosexie ; son analyse est du reste assez délicate dans certains cas.
Le mécanisme de l'écriture se fait sans participation de la volonté du sujet, souvent sans conscience des mouvements graphiques. Au point de vue de la forme, l'écriture impulsive est tantôt identique, tantôt plus ou moins différente de l'écriture normale ; les modifications portent sur les dimensions, la régularité, l'in-
clinaison des lettres, tous les caractères fondamentaux de l'écriture normale sont le plus souvent conservés.
L'impulsion graphique est fréquente dans les écrits épileptiques post-paroxystiques, où elle prend une forme remarquablement monotone et stéréotypée. Elle utilise aussi des signes particuliers. On se souvient des caractères martiens, inventés par mademoiselle Smith et considérés par elle comme les signes graphiques des habitants de Mars). Les dessins automatiques des malades sont de même nature.
Le contenu de l'écrit varie suivant la forme de l'affection. Les idées exprimées dans les écrits médianimiques et souvent dans les écrits hystériques sont d'origine toute subconsciente.
Le principal élément d'appréciation de la gravité d'un trouble graphique est l'altération apportée au sens de l'écrit. L'incohérence absolue de l'ensemble de l'écrit traduit une obnubilation intellectuelle profonde : remarquons qu'il n'y a pourtant là qu'une règle générale.
Les corrections impliquant un certain degré d'auto-critique constituent un symptôme de bon augure et annoncent souvent le retour de la lucidité.
Ces analyses graphiques malgré leurs classi-
fications peut-être poussées à l'excès, aideront les psychologues à trouver dans l'écriture, non seulement des tests mentaux de valeur, mais des indications plus précises qu'il ne parait sur l'aprosexie.
Les temps de réactions. — Le D'" A. Marie ^ a repris l'étude des temps de réaction chez les aliénés à l'aide du chronomètre de d'ARSONVAL sur une série de 12 déments ainsi répartis :
Déments paratytiques 3
» précoces 3
Déments vésaniques 3
» séniles . 3
Et sur un nombre égal de normaux d'âges différents :
Enfants 3
Adultes 6 (3 h. 3 f.)
Vieillard normaux 3
Pour tous ces sujets il procède à des séries de mesures dont les moyennes donnent :
1. D'' A. Marie. Les démences. Paris, 1906, Doin, 1 vol. 492 p. avec figures in Bibliothèque internationale de 'psychologie expérimejitale normale et pathologique.
Moyennes des temps de réact. relevées sur 12 normaux
3 enfants 6 adultes (3 h. et f.) 3 vieillards 19 13 26
Les mêmes recherches sur un jeune homme épileptique simple ont donné : 28.
Temps de réaction des déments proprement dits
Déments paralytiques
1^® période 2® période 3® période 33 35 50,5
Déments précoces
Déments séniles
Sénilité précoce 60 ans 75 ans
Démences vésaniques
Théomane négateur Mélancolie chronique
Hypochondriaque
Ces chiffres montrent le contraste frappant entre normaux et anormaux,, et démontrent en outre que chez les déments cette différence est sensiblement plus forte qu'entre les normaux même en y comprenant l'enfant et le vieillard.
Cependant, les moyennes tout instructives qu'elles soient le sont moins que l'examen raisonné des séries de mensuration en détail. C'est ainsi que pour 3 des déments paralytiques, nous voyons chez le premier (P. G. première période) dans les 10 premières notations relever des temps de réaction très inégaux.
La répétition de l'épreuve amène pas comme chez les normaux une certaine adaptation et un progrès dans les temps de réaction (15, 17), néanmoins la moyenne générale du premier malade reste au-dessus de 30 (34, 5).
Chez le deuxième malade (P. G. deuxième période, en rémission) on relève une moyenne de 33 avec des écarts allant jusqu'à 50, et le troisième (P. G. troisième période, alité, gâteux) 50 et 40 à 80 d'écart.
Nous donnons ci-dessous le relevé des moyennes des temps de réaction de ces trois malades :
Bourg... Bout... Aub...
Bourg...
Bout...
AUB...
Moyenne : 34,5 Moyenne : 33 Moyenne : 50,5
MM. Nayrag et Cl. Charpentier ont pris au laboratoire de Psychologie de Tasile-clinique Sainte-Anne un assez grand nombre de temps de réactions sur des malades aliéné?. Ils se servaient du chronomètre de d'Arsonval et négligeaient en moyenne les cent premiers temps de réaction pour laisser aux sujets le temps de s'accoutumer à l'appareil. Les expériences étaient poursuivies jusqu'à épuisement complet du sujet. Elles portèrent sur 15 malades et comprirent des réactions auditives et des réactions tactiles. Voici les résultats moyens, en centième de seconde de ces expérience :
Tableau des réactions auditives
Nayrac, Cl. Charpentier