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CHAPITRE V

des causes de la folie et des moyens de la prévenir

(suite)

B. — Causes pathologiques. Des causes immédiates des altérations des centres nerveux de l'idéation.

I En abordant l'étude de ces causes ou de ces conditions in- ' trinsèques, qui, précédant immédiatement les troubles intel- : lectuels, peuvent être désignées sous le nom de prochaines, je I commencerai par examiner brièvement ces défauts de strucj ture, ou de développement de \ intelle ctorium commune, que i l'on a observés ou que l'on suppose exister. Je les décrirai, parce qu'il est nécessaire de donner une idée générale de ce que l'on connaît à leur sujet, et je ne les décrirai que brièvement, parce que ce que l'on en connaît n'est pour ainsi dire I qu'un aperçu de ce qui reste à découvrir. I 1° Différences congénitales dans la constitution des centres s nerveux supérieurs. — Il est incontestable qu'il existe de I grandes différences naturelles entre les différents peuples, au point de vue du développement des circonvolutions cérébrales. Dans les races inférieures, elles sont très nettement moins complexes et plus symétriques que dans les races supérieures. Les différences anatomiques correspondent aux différences de la capacité intellectuelle et morale.

Si un Bushman, avec son type cérébral inférieur, se trouvait

placé dans les circonstances complexes de la vie civilisée, quand même il serait supérieur à ses semblables, il se trouverait malgré tout, ainsi que le remarque Gratiolet, idiot et destiné à succomber dans l'impitoyable lutte pour la vie, s'il était livré à ses propres forces. Si une personne naissait dans un pays civilisé avec un cerveau d'un ordre égal à celui du cerveau naturel du Bushman,par suite de quelque arrêt de développement, il est certain qu'elle serait idiote; un type cérébral supérieur, arrêté par des causes morbides dans un état inférieur de développement, se met au niveau d'un type cérébral inférieur complètement développé. Ainsi que von Baer l'a déjà indiqué depuis longtemps , la position d'un animal particulier dans l'échelle de la vie est déterminée non par le type seul, ni par son degré de développement seul, mais par le produit du type et du degré de développement.

Les principales variétés de cerveau défectueux ne peuvent être décrites en détail ici. Qu'il nous suffise de dire que l'on a observé dans toutes les conditions toutes sortes de développement incomplet.

Il y a des idiots du type microcéphale, chez lesquels il y a eu arrêt de développement et chez lesquels le cerveau est devenu défectueux en conséquence de cet arrêt. Malacarne s'est donné la peine de compter les circonvolutions du cervelet chez les idiots et chez les hommes d'intelligence, et il a trouvé qu'elles étaient moins nombreuses chez les premiers que chez les seconds. Ces circonvolutions sont moins nombreuses chez le chimpanzé et l'orang-outang que chez l'homme, et elles sont moins nombreuses encore chez les autres singes, si bien que chez quelques idiots il semble que le cerveau se rapproche du type simien. M. Paget a décrit un cerveau d'idiot chez lequel l'arrêt du cerveau s'était, produit au cinquième mois de la vie fœtale; il n'y avait pas de lobes postérieurs, et le cervelet n'étail qu'à moitié couvert par les hémisphères cérébraux, comme c'est la règle chez beaucoup d'animaux inférieurs. Le D' Shuttlevvorth ^ a trouvé dans le cerveau microcéphalique d'un imbé-

i. Journal of mental science, octobre 1878.

cile, qirà côté d'un développement normal des lobes frontaux et pariétaux, les lobes temporo-sphénoïdaux étaient petits ou mal développés à la partie antérieure, et que leurs circonvolutions et leurs sillons étaient incomplètement dessinés; les lobes occipitaux étaient tout à faitrudimentaireset n'offraient ni scissures ni circonvolutions, de sorte que la plus grande partie du cervelet était découverte. Gratiolet a trouvé, dans le cerveau d'un idiot microcéphalique âgé de sept ans, la surface inférieure des lobes antérieurs très évidée, tandis que les arcs orbitaux offraient une grande convexité, comme c'est la règle chez le singe

M. Marshall a étudié minutieusement et décrit dans un article bien fait les cerveaux de deux idiots européens : les circonvolutions étaient moins nombreuses que chez le singe ,. moins complexes, plus larges et plus unies. « A ce point de vue,, dit-il, les cerveaux des idiots sont même plus simples que le cerveau de gibbon; ils se rapprochent de celui du babouin (Cynocéphale) et du sapajou (Ateles) ^ Bien qu'il soit d'accord avec les autres auteurs pour reconnaître que l'état du cerveau chez les idiots n'est le résultat ni d'une atrophie ni d'un simple arrêt d'accroissement de volume, mais qu'il dépend essentiellement d'une évolution imparfaite des hémisphères cérébraux ou de certaines parties de ces hémisphères, secondaires à un arrêt de développement, il remarque qu'il y a des raisons sérieuses pour supposer qu'après l'arrêt de l'évolution le cerveau augmente néanmoins de volume, ou qu'il y a un accroissement I de ses diverses parties. Par suite, les hémisphères cérébraux sont beaucoup plus volumineux que ceux du fœtus dont le cer- I veau offre le même degré de développement; les circonvolutions I en elles-mêmes, bien qu'elles ne soient pas plus nombreuses, I sont nécessairement plus volumineuses; et il se peut qu'un cerveau offre une volume normal, bien qu'il soit incomplètement I développé. On a rapporté beaucoup d'exemples où il existait I dans les cerveaux d'idiots imc imperfection des circonvolutions

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