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24i PATHOLOGIE DE L'ESPRIT

supérieurs, en produisant soit, comme on le croit, une hyperhémie aiguë avec effusion séreuse, soit, comme c'est plus probable, une excitation très vive et un épuisement consécutif des éléments nerveux. Dans la plupart des cas de cette espèce, il y a des raisons de croire que des excitants alcooliques ont aidé l'action de l'insolation.

L'hystérie conduit incontestablement à la folie dans quelques cas. Il semble qu'il y a deux variétés de folie qui offrent des caractères hystériques et qui néanmoins peuvent se mêler l'une à l'autre. Une attaque aiguë d'excitation maniaque, avecune grande agitation, une conduite dépravée qui est assez cohérente et préméditée; une conversation rapide et à haute voix, parfois blasphématoire et obscène; des rires, des chants, etc., peuvent suivre les convulsions hystériques ordinaires ou les remplacer. Ou bien, les symptômes hystériques ordinaires peuvent se changer graduellement en une foUe chronique; la malade perd de plus en plus toute énergie et tout contrôle sur ellemême : elle devient plus imaginaire au sujet de ses sensations morbides, auxquelles elle accorde une attention exagérée; elle est très égoïste, entêtée, exigeante; elle reçoit les conseils et les avis d'une façon de plus en plus importante, et elle est indifférente aux obligations sociales. Souvent elle montre une singuUère aptitude au mensonge. Le corps devient anémique et émacié, et ordinairement il y a des irrégularités de la menstruation. Les pensées et les manières trahissent parfois un élément erotique, et parfois on observe des extases ou des états semicataleptiques. Les symptômes s'exagèrent souvent aux époques menstruelles.

Dans le chapitre des maladies nerveuses qui peuvent produire la folie, on doit ranger la chorée et l'épilepsie, bien que nous ne sachions pas encore leur siège anatomique exact dans le système nerveux. La chorée chez l'adulte a de la tendance à se terminer par un dérangement mental ; mais cette tendance n'existe aucunement chez l'enfant, bien qu'un certain degré de lourdeur et de faiblesse d'esprit l'accompagne souvent. Diverses formes de folie sont liées à l'épilepsie. Quand les attaques se sont répétées fréquemment et que la maladie dure depuis long-

temps, il se produit une perte de la mémoire, un alïaiblissement <les facultés mentales et finalement une démence complète. C'est là une forme. Ensuite, une série d'attaques graves peuvent être suivies par un état de démence aiguë qui dure peu de temps, •ou par une manie aiguë violente et dangereuse qui disparaît ordinairement au bout de quelques jours. Non seulement la manie aiguë peut suivre ainsi l'épilepsie, mais une attaque de manie aiguë transitoire — une véritable mania transitoria — peut'remplacer le paroxysme épileptique et masquer ainsil'épilepsie. Quelques écrivains maintiennent cependant que, dans ces cas, une légère attaque de vertige épileptique ou àe petit mal Si dû passer inaperçue. Enfin, dans quelques cas, une altération morale profonde — une irritabilité ou une perversion de •caractère, une humeur chagrine, qui durent pendant des mois, avec les exacerbations périodiques pendant lesquelles les malades peuvent commettre des actes criminels ou vicieux — précède l'apparition d'attaques épileptiques régulières, qui jettent alors la lumière sur une perversion morale jusque-là incompréhensible. C'est une autre phase d'une espèce d'épilepsie abortivc ou incomplète.

Je saisis ici l'occasion de faire quelques observations sur la manière frappante dont l'action morbide d'un centre nerveux

( passe parfois subitement de ce centre à un autre centre nerveux. C'est un. fait qui, bien qu'il ait de nouveau attiré l'attention dernièrement, a été remarqué et commenté depuis longtemps par le D»" Darwin. « Dans quelques maladies convulsives, écritil, le délire ou la folie survient, et les convulsions cessent; et inversement les convulsions pourront revenir et le délire cessera. J'ai eu la preuve de ce fait plusieurs fois par jour, dans les paroxysmes d'épilepsie violente : ce qui montre qu'une espèce de délire est une convulsion des organes des sens, et que nos idées sont les mouvements de ces organes. » Miss G...., une

' de ses malades, une belle jeune fille aux yeint bleus et aux 'cheveux blonds, était atteinte de convulsions violentes des membres, avec hoquet opiniâtre et de grands efforts de vomissement.

I Quand cette tragédie avait duré près d'une heure, elle cessait, et

I il survenait alors un délire calme et babillard; et pendant trois ou

quatre jours ces deux étals alternaient l'un avec l'autre. « Après avoir étudié attentivement cette maladie, dit-il, je pensai que les convulsions des idées étaient moins dangereuses que celles des muscles. » Et il adopta un traitement qui amena la guérison de la jeune dame. Dans un autre cas qu'il eut l'occasion d'observer « ces périodes de convulsions, d'abord les convulsions des muscles, puis celles des idées, revinrent deux fois par jour pendant plusieurs semaines. » « Mrs C...., dit-il encore, était prise cbaque jour, vers la même beure, de violentes douleurs du côté droit de ses intestins, à peu près au niveau du bord inférieur du foie, sans lièvre, et ces douleurs augmentaient pendant une beure ou deux jusqu'à devenir complètement intolérables. Après avoir poussé des cris violents elle entrait en convulsions, qui se terminaient parfois par la perte de la connaissance, avec ou sans stertor, comme dans l'épilepsie ordinaire ; d'autres fois, il survenait une folie temporaire qui durait environ une demi-heure, et l'attaque cessait »

Brodie rapporte le cas d'une dame qui fut atteinte pendant une année d'une contraction spasmodique continuelle du sternocléido-mastoïdien ; lès contractions cessèrent subitement, et la malade tomba mélancolique. Cet état dura une année. Elle recouvra ensuite ses facultés mentales; mais les crampes musculaires revinrent et durèrent plusieurs années. Dans un autre cas rapporté par le même auteur, des douleurs névralgiques de la colonne vertébrale alternaient avec une véritable folie. Le D' Burrows a vu des cas semblables, et l'un chez « un ecclésiastique très éloquent qui était toujours maniaque quand il ne soulTi'ait pas dans la colonne vertébrale, et qui était lucide quand les douleurs revenaient » Un malade de S. Marys' Hospital qui était convalescent d'une fièvre typhoïde eut une hypcresthésic des. jambes qui cessa à l'apparition d'un délire maniaque, mais revint avec une grande intensité quand le délire disparut \ Sans doute que le délire, qui était la manifestation d'un trouble des centres supérieurs, était l'équivalent de

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