Report ofthe Edinburgh Asylum
assez fréquentes après les attaques convulsives ordinaires » J'ai déjà fait allusion incidemment au trouble moral ou affectif profond qui précède parfois les convulsions épileptiques. Le malade, qui autrement est gai, aimable, industrieux, agréable dans la conversation, voit son caractère changer tout d'un coup : il devient triste, morose, soupçonneux; il craint un malheur; il abandonne son ouvrage, et si on lui parle il répond avec hauteur, ou pas du tout, ou par monosyllabes. Son atmosphère mentale est chargée de sentiments sombres, tristes, et elle se décharge (lo) par les convulsions, de même qu'un ciel orageux se décharge par un coup de tonnerre et, lorsque les effets se sont dissipés, revient à son état normal; mais dans quelques cas il n'y a pas de convulsions, elles sont remplacées (2°) par une violente manie : c'est une décharge idéationnelle au lieu d'une décharge motrice, et dans quelques autres cas (3°) une impulsion convulsive à un acte de violence est le canal de décharge, et elle peut être aussi irrésistible que les convulsions ou la manie, qui sont les autres modes de décharge. Notons également ceci : c'est que la foUe épileptique non seulement peut se traduire par des impulsions homicides, mais qu'elle peut précéder, suivre ou remplacer les convulsions ordinaires.
Gomme la perversion profonde de toute la manière de sentir qui existe ordinairement dans ces cas a été négligée, et comme l'on a fixé exclusivement son attention sur Vacte morbide, le public a éprouvé une grande répugnance à admettre la folie instinctive qui lui semblait une théorie dangereuse. Le mot « instinctif « de plus était mal choisi, car naturellement il semblait absurde de supposer qu'il y eût dans l'homme un instinct qui le poussât à l'homicide ou au suicide. Cependant il est évident qu'il y a des cas de folie impulsive, où le malade a Vidée qu'il doit tuer quelqu'un; l'idée surgit involontairement dans un esprit dont toute la nature alfective est profondément altérée et elle devient convulsive. L'individu a conscience de la nature horrible de cette idée, il lulte pour la repousser ; la crainte de succomber le rend malheureux et précipite l^acte qu'il redoute.