‹ La pathologie de l'esprit [electronic resource]Chapitre 38 sur 43 · Joui-nal of mental sr.imce, voL XX, p · texte numérisé non relu

Joui-nal of mental sr.imce, voL XX, p

2. Zeilsclirift fiir Psychiatrie, 13. XX. ■l. Virchow's Arc/iîi', 1865.

La dégénération pigmentaire a été observée dans les cellules (ganglionnaires du cerveau, dans l'atrophie sénile, dans la démence et dans la paralysie générale avancée. Schrœder van der Kolk a trouvé que les cellules de la moelle épinière et du bulbe étaient plus sombres et plus opaques dans la vieillesse, et dans un cas de démence consécutif à la manie, où il y avait une paralysie partielle de la langue, les cellules des noyaux de l'hypoo-losse étaient dans un état de dégénération brune, de sorte qu''on pouvait les prendre au premier abord pour du sang. A un examen plus attentif cependant, on voyait qu'il s'agissait de cellules nerveuses dégénérées remplies de granulations pigmentaires brun noirâtre. Le D" Lockhart-Clarke a observé les mêmes lésions dans la paralysie générale. « Ces lésions, dit-il, consistent en une augmentation des granulations pigmentaires, qui parfois remplissent complètement la cellule. Dans d'autres cas, la cellule perd son contour défini et paraît formée par une accumuktion irrégulière de particules faciles à séparer. » Au sujet de cette forme de dégénération il est assez intéressant d'étudier certaines altérations pigmentaires que l'on a décrites dans la rétme Dans ce qu'on appelle la rétinite pigmentaire on voit disséminées sur le fond de l'œil des figures irréguhères, d'un noir foncé, formées par l'accumulation de pigment dans la substance de la rétine. Un fait intéressant, c'est que ces cas s'observent dans la même famille et sont accompagnes d un défaut général de développement. De Graefe a vu que cette dégénérescence était souvent héréditaire, et Liebreich a remarqué que plusieurs de ces malades étaient issus de mariages consancruins. Il existe en même temps une imperfection plus ou moins grande des facultés mentales et habituellement un arrêt de développement des organes sexuels : parfois on a no é la coïncidence du mutisme et du crétinisme avec la retimte

pigmentaire. . ,

Des granulations de matière terreuse se rencontrent assez souvent en même temps que l'hypertrophie du tissu coiijonctd dans les cas de folie prononcée et de longue durée. Ma de plus on a mentionné quelques cas de calcification des ccllnle nerveuses du cerveau. Erlcnmeyer a trouvé la commissure

l'ânatomie pathologique de la folie 549

nerfs optiques durcie par un dépôt de matière calcaire dans le cerveau d\m raonomaniaque qui était mort avec des convulsions épileptiformes. La matière calcaire s'était d'abord déposée autour des petites artères et dans le tissu conjonctif. Ensuite les cellules avaient été atteintes et rendues opaques par de fines granulations qui paraissaient être du phosphate de chaux. Fœrster, dans son Atlas d'anatomie pathologique, décrit des cellules calcifiées qu'il a trouvées dans la substance grise du renflement lombaire de la moelle épinière d'un garçon dont les extrémités inférieures étaient paralysées. Heschl a vu ce qu'il appelle une ossification des cellules dans le cerveau d'un malade âgé de vingt-six ans qui était mort mélancolique. Ces cellules se trouvaient dans la substance condensée qui environnait une petite cavité hémorrhagique des circonvolutions de l'hémisphère droit. L'acide chlorhydrique dissolvait le contenu granuleux et laissait les cellules avec un aspect pâle

Le D' Wilks croit que certains corps qu'il a trouvés dans le cerveau d'un paralytique général dont les petites artères étaient calcifiées étaient des cellules ganglionnaires qui avaient subi la dégénération calcaire ^ . Il peut être intéressant de réfléchir qu'il se produit sur une échelle microscopique une dégénération semblable à celle que l'organisme doit subir finalement. De même que le corps est formé de la poussière de la terre par une transformation supérieure de la matière et de la force, de même, par une métamorphose rétrograde de la matière et une résolution corrélative de la force, il retourne dans ses parties, comme dans sa totalité, à la terre d'où il est sorti.

Telles sont les lésions que l'on a observées et décrites dans les cadavres des individus qui sont morts fous. Il est clair que celles que nous a fait connaître le microscope — les lésions des vaisseaux sanguins, la prolifération du tissu conjonctif, la dégénérescence des cellules nerveuses — sont entièrement conformes avec celles qui sont visibles à l'œil nu, en montrant l'histoire d'une dégénération vitale, c'est-à-dire du passage d'un

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