Journal of mental science
état de vie supérieure à un élat de vie inférieure. Et, bien que ces altérations ne puissent être reconnues dans chaque cas de folie la leçon que Ton doit tirer de l'étude des lésions que l'on voit, c'est la certitude que les fonctions mentales dépendent essentiellement de la structure physique et une foi énergique en l'existence des lésions invisibles là où on nr les a pas encore vues. De môme que par l'invention d'instruments appropriés nous avons pu descendre de l'anatomie macroscopique à l'anatomie microscopique, de même nous pouvons espérer qu'il viendra un temps où ceux qui travailleront après nous pourront, par l'invention de nouveaux instruments de recherches, aller encore plus loin dans les découvertes des lésions secrètes que j'ai appelées ascopiques.
Altérations des autres organes. — Les maladies locales les plus fréquentes dans la folie, et souvent mortelles, sont les maladies des organes respiratoires. Beaucoup de ceux qui sont dans un état constitutionnel détérioré, surtout les déments paralytiques, succombent à une pneumonie diffuse bâtarde. Les symptômes habituels de la maladie sont cependant rarement très marqués : ils sont masqués par la folie; rarement il y a de la toux, de l'expectoration ou de la douleur; les malades ne se plaignent pas : il y a peu ou point de dyspnée, et les seules données du diagnostic sont dans les signes physiques. La gangrène du poumon a été observée par Guislain presque exclusivement chez les mélancoliques qui avaient refusé les ahments et qui étaient morts d'épuisement, et cela dans neuf cas sur treize; mais depuis son époque on a trouvé que la maladie n'était pas limitée à ceux qui refusaient toute nourriture, bien qu'elle fût plus fréquente chez eux. A l'hôpital de Vienne, sur 602 autopsies faites en trois ans, on a noté 15 cas de gangi'ene du poumon. Souvent il n'y a ni douleur, ni toux, m dyspnée, m fièvre ; il existe de la prostration, du refroidissement des extrémités; la face est d'un rouge sombre ou cyanosée; l'odeur des crachats et de la respiration devient extrêmement fétide; la faiblesse, déjà excessive, est augmentée par la diarrhée, et la mort arrive dans un laps de temps variant de dix jours a trois semaines.