‹ La pathologie de l'esprit [electronic resource]Chapitre 40 sur 43 · L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA FOLIE SM · texte numérisé non relu

L'ANATOMIE PATHOLOGIQUE DE LA FOLIE SM

Presque tous les ailleurs qui oui éci'it sur ki folie ont appelé l'attention sur la fréquence de laphtliisie pulmonaire dans cette maladie, bien qu'ils soient loin d'être d'accord sur la proportion des cas où elle s'observe. Une comparaison attentive des statistiques des divers asiles faites par Von Hagen a montré <ju'en moyenne un quart des" décès étaient attribuées à la phthisie ; mais celle proportion est en réalité la môme que celle qui existe pour la population saine au-dessus de quarante ans. Sur 1082 décès à l'asile royal d'Edimbom-g, de 18/|2 à 1861, la cause de la mort a été attribuée à la plithisie dans 315 cas, c'est-à-dire presque dans un tiers (D'' Clouston). Dans buil asiles d'Amérique, la proportion des morts par pbthisie était, suivant le D*" Workman, de 27 pour 100 sur le nombre total des décès. Le D' Clouston a cependant prouvé par l'examen d'une série d'autopsies soigneusement faites que la phthisie était la cause de la mort, seulement dans 73 cas sur 136 pour les hommes, et dans 97 sur l/i6 pour les femmes, dans le ■cadavre desquels on trouvait des tubercules, — c'est-à-dire dans un peu plus de la moitié de ceux chez lesquels la tuberculose ■existait. Sa conclusion est que non seulement la pbthisie est ime cause de mort plus fréquente chez les fous que cbez les individus sains, mais que la tuberculose est deux fois plus fréquente dans les cadavres des premiers que dans ceux des seconds. Mais il y a des raisons de croire que l'association des maladies n'est pas essentielle, mais accidentelle, et qu'elle est due aux conditions de vie des aliénés agglomérés en grand nombre dans les asiles, et non à une faculté spéciale que la folie aurait de provoquer la phthisie ou la phthisie de provoquer la folie.

Les observateurs, qui sont d'accord sur la fréquence des maladies du cœur dans la folie, dillèreut beaucoup sur la proportion des cas où les deux affections coïncident. Esquirol a noté la coïncidence dans un quinzième de ses mélancoliques, Websler dans un huitième, liayle dans un sixième, Calmeil et Thorc <lans presque lui tiers. Les observations faites dans ces dernières années tendent à diminuer les proportions généralement acceptées; sur les six cent deux autopsies faites à l'asile de

Vienne, les affections du cœur ont été notées dans un huitième des cas, et dans quelques-uns la lésion était très légère. Toutes ces statistiques n'ont pas grande valeur. Tant que nous ne pourrons pas faire une comparaison plus précise avec les statistiques des maladies de cœur dans la population saine, on ne pourra savoir si ces maladies sont plus fréquentes chez les fous que chez les autres personnes.

Il n'y a rien de spécial à dire sur les maladies des organes abdominaux dans la folie. Un état inflammatoire plus ou moins prononcé de la membrane muqueuse de l'intestin est la raison de cette diarrhée colliquative qui enlève tant de malades affaiblis, surtout parmi ceux qui souffrent de démence paralytique et parfois parmi ceux qui sont atteints de manie ou de mélancohe. Un déplacement du côlon, la portion transverse étant dans la région hypogastrique ou dans le bassin, avait été particulièrement noté par Esquirol, mais on ne lui trouve maintenant aucune importance réelle et on ne lui attribue aucune signification spéciale.

Toutes les altérations d'un ou de plusieurs organes abdominaux ont été rencontrées dans des cas particuliers, mais sans aucun rapport constant avec une forme . particuUère de fohe. Rokitansky a noté un volume considérable et une induration du tronc cœliaque dans un cas d'hypochondrie avec amaigrissement profond. Le cancer de l'estomac, du foie ou de toute autre partie a été noté dans des cas où pendant la vie le patient croyait à l'existence d'un animal ou d'un homme dans son ventre; dans un fait remarquable, cité par Esquirol, où cette variété du déUre était particulièrement extravagante, il y avait une péritonite chronique avec agglutination des intestins. Les maladies des organes sexuels sont, comme on l'a déjà noté, d'une certaine importance dans l'étiologie de la folie. Chez la femme, le prolapsus de l'utérus, les tumeurs fibi-euses de l'utérus, les kystes de l'ovaire, etc., peuvent dans quelques cas donner à la folie un caractère sexuel, ou devenir la cause d'un délire spécial; mais dans d'autres cas où ces maladies existent, il n'y a aucune connexion visible entre le caractère de la folie et l'affocdon paiticulièrc. Cependant, s'il n'y a aucun rapport spécial, on doit se

l'anatomie pathologique de la folie 853 rappeler qu'en raison du consensus des organes, de la connexion intime qui existe entre un organe et un autre en tant que parties d'un tout organique, les troubles d'un organe qui donne une note fausse là où devrait régner l'harmonie peuvent encore conspirer, avec les autres causes prédisposantes ou excitantes, pour provoquer l'explosion d'un dérangement mental.

Page 1