CHAPITRE XI
TRAITEMENT DE l'aLIÉNATION MENTALE
Dans aucune maladie, les difficultés du traitement ne sont aussi grandes que dans les maladies mentales. Les difficultés intrinsèques liées à la nature de maladies obscures sont augmentées et multipliées par les préjugés sociaux, par les fauxrapports et les réticences des amis, qui servent plutôt à induire le médecin en erreur qu'à le guider, par la nécessité où l'on est de soustraire le malade, souvent contre son gré, aux soins de ses parents et de le mettre sous une direction plus conforme à sa maladie, par la nature et la situation insuffisante des institutions destinées aux aliénés et en une ccrlaine mesure aussi par les restrictions de la législation. En face de ces difficultés, on est d'accord avec Casaubon quand il dit : « Que les autres admirent comme ils voudront les sorciers et les magiciens qui peuvent leur rendre leurs bijoux et leurs objets précieux perdus, j'bonore et j'admire beaucoup plus un bon médecin, qui peul (comme un instrument de Dieu), par la connaissance de la nature, rendre à un bomme l'entendement qu'il avait perdu K »
Les cruautés auxquelles on soumettait auciennenient les aliénés étaient dues en partie à la défiance et à la crainte que leur maladie occasionnait, et elles se maintinrent quand elles cessèrent d'être en barmonie avec le sentiment moral du jour, pai-