‹ La pathologie de l'esprit [electronic resource]Chapitre 9 sur 43 · Hered. Gen., p · texte numérisé non relu

Hered. Gen., p

hommes; mais, quand il revit ses data plus minutieusement, il I vit que l'influence des femmes n'était guère inférieure à celle des hommes en pareille matière. On peut dire avec une égale vérité que si la transmission du talent et de la folie au même sexe ou au sexe opposé est assez commune, on ne connaît pas encore la fréquence relative de l'une ou l'autre occurrence.

Quelques écrivains acceptent la théorie plausible, qui nous vient de l'antiquité, d'après l'aquelle la fohe, comme les autres maladies héréditaires, se transmettrait de préférence à l'enfant qui ressemble le plus au parent aliéné, et d'après laquelle une personne, qui a la mauvaise chance de descendre de parents aliénés peut se consoler si elle ne leur ressemble pas. La conclusion cependant ne doit pas être absolue. De ce que les traits d'un enfant ressemblent à ceux de ses parents, il ne s'ensuit pas que ses dispositions soient les mêmes, puisqu'assurément lil n'y a aucun rapport constant entre la ressemblance des traits iet la disposition morale; et, naturellement, ce n'est pas quand les traits ne sont pas les mêmes, mais bien quand la disposition mentale est de la même espèce, que l'on doit s'attendre à voir agir les lois de l'hérédité. J'ai remarqué aussi dans quelques cas qu'une ressemblance avec un de ses parents ou avec le type I de safamille frappante àune certaine période de la vie, peut dispa- , raître et être remplacée par une ressemblance plus grande avec l'autre parent ou avec le type de sa famille à une autre période de la vie : un fils qui ressemble à sa mère à vingt ans, peut ressembler à son père à quarante ans, et une fille qui ressemblait à son père à vingt ans peut offrir plus de ressemblance avec sa mère à quarante ans. Il est donc clair qu'un fils ou une fille qui Q'avaitjamais ressemblé à celui de ses parents qui avait été aliéné, peut acquérir avec le temps une ressemblance de famille et une tendance à la maladie de son ancêtre ». En tout cas, il n'est pas

1. Un homme peut quelquefois arriver à se connaître lui-même en portant son attention sur le caractère des diifûrcnts membres de sa famille, — pôre, mère oncles, sœurs, frères, etc., — car il peut voir eu eux les tendances qu'il' caché en lui-même ; il peut, pour ainsi dire, lire sur eux ce qu'il conçoit eu lui. Quand il ne peut s'expliquer pourquoi dans telle occasion il agit de telle ! manière, un trait du caractère de sa sœur ou de son enfant peut lui fournir . l'explication qu'il cherche. Notez, à ce point de vue, combien la même fli-ure ' à différents moments et avec différentes expressions, suggère les traits de luem-

douteux qu'un enfant né après l'apparition de la folie chez ses parents est plus sujet à devenir fou qu'un enfant qui serait né auparavant.

Si l'on recherche à quelle période de la vie la prédisposition à la folie , ou toute autre prédisposition , se manifeste en tant que maladie actuelle , il faut se rappeler qu'à certaines périodes de la vie il y a des organes ou des systèmes d'organes qui sont particulièrement actifs, et que c'est à ce moment qu'ils sont plus exposés à fonctionner d'une manière désordonnée. De même quand à l'époque de la Aieillesse, leurs fonctions sont moins actives, ils peuvent avoir moins de prédisposition pour une certaine forme d'action morbide et une prédisposition plus forte pour une autre . Dans l'enfance , ainsi que Petit l'a remarqué, les systèmes lymphatique et nerveux sont prédominants, ce qui explique pourquoi la scrofule et l'épilepsie sont les maladies héréditaires qui se montrent alors le plus souvent. Avec les années, le système musculaire prend un grand développement, les organes-^sexuels entrent en fonctions, et tout le système vasculaire est actjf ; et c'est à ce moment qu'apparaissent de préférence les maladies inflammatoires, que les maladies pulmonaires suivent ou accompagnent le développement de la poitrine, que'les troubles nerveux hystérique ou autres viennent attester la révolution que le développement des organes sexuels a produite dans toute Féconomie. Avant la puberté, la grande affaire de la nature, c'était le développement physique ; mais avec les nouveaux désirs et les nouvelles impulsions qui s'éveillent après la puberté, quand la ■\ie de l'individu commence à se mêler à la vie sociale, l'esprit subit une transformation, et comme conséquence, la folie héréditaire peut se déclarer; et si elle ne se montre pas immédiatement après la puberté, comme résultat du passage à VélM pathologique de l'action physiologique naturelle, elle apparaîtra quelques années plus tard, quand l'esprit est le plus, fatigue, qu'il dépense ses forces à s'adapter aux nouvelles condilion>

bres difFt'-reiits de la famille, et qaa ce n'est souvefDt qu'après la mort que U ~ traits d'une i^M-sonne montrent une ressemblance que l'on avail à peine entrevue pendant la vie.

d'une vie active, ou quand plus tard encore il est surmené pendant ràge adulte par une concurrence active. Beaucoup d'hommes sombrent également à cette époque par suite des effets énervants des excès sexuels sur un système nerveux faible et excitable, et naturellement les femmes peuvent succomber pendant la grossesse ou l'accouchement. Plus tard viennent la goutte et le rhumatisme, qui indiquent : le rhumatisme, que le système musculaire, après avoir atteint toute son énergie, commence à déchner; la goutte, une déchéance des pouvoirs d'assimilation et de nutrition que l'on n'a pas reconnue en leur donnant moins à faire. Dans un âge plus avancé encore, l'abdomen semble entrer en jeu : l'énergie du sentiment et du désir, qui a sa source physiologique dans les viscères et qui inspire une affirmation nette de soi-même et une volonté pratique, s'affaiblit graduellement, à mesure que les viscères deviennent moins actifs et plus fatigués, et le résultat, c'est une tendance à des idées sombres et tristes, qui peuvent tourner à la mélancoHe et à l'hypochondrie. Enfin, dans la vieillesse, les tissus sont dégénérés, et les vaisseaux cérébraux amènent l'apoplexie, ou bien le cerveau s'altère et la démence sénile se produit.

Mariages consanguins. — On a beaucoup discuté pour savoir si les mariages consanguins étaient une cause de dégénération de la race, et quelques écrivains ont combattu l'opinion généralement admise qu'ils étaient dangereux. C'est un sujet sur lequel il est difficile de faire des recherches exactes, et il est impossible d'arriver à des résultats dignes de confiance; et M. G. Darwin, qui avait dernièrement entrepris une série de recherches pénibles, a été obhgé de les abandonner sans avoir pu arriver à des conclusions certaines. Malgré leurs lacunes, cependant ses recherches semblent montrer qu'il n'y a pas de bonnes raisons pour supposer que ces mariages aient de mauvais effets ' • mais, comme la sagesse de l'espèce humaine est plus Grande que la sagesse d'un individu dans tomte question d'expérience, lorsqu'on n'a usé d'aucun moyen spécial d'observation parce que le champ de l'observation est trop vaste et que les

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