XVIII INTRODUCTION
cause. Un très grand nombre d'esprits éminents conviennent même qu*afin de découvrir les lois naturelles qui régissent le développement de la société humaine, c'est la méthode d'induction qu'il faudraitiemployer. Cette vérité, à force d'être répétée, est même devenue, sous quelque rapport, un lieu commun. — Mais cette vérité une fois reconnue, surgit la question : à quelles conditions l'application de la méthode d'induction à l'étude des phénomènes sociaux est-elle possible et pourrait-elle donner des résultats positifs? -r- C'est alors qu'on voit de nouveau se produire des opinions, non seulement divergentes, mais même parfaitement contradictoires. Chaque tentative pour résoudre la question dans une direction n'a eu, jusqu'à aujourd'hui, pour résultat que la destruction de ce qui a été construit auparavant dans une autre direction.
On a cru, d'abord, que c'est au moyen de données et de chiffres statistiques qu'on parviendrait à découvrir les lois naturelles qui régissent les phénomènes sociaux. En manipulant de différentes manières les données statistiques, en les réunissant en de grands et de petits nombres et en en dé» duisant des moyennes, on a essayé de construire une espèce de Physique Sociale. — Y a-t-on réussi? — Décidément, non. — Comme aucune des lois de la nature n'a pu être découverte au moyen de simples énumérations ou de clas- |
sifications des différentes espèces de plantes ou d'animaux, |
ou bien à force de mesurer la hauteur d'un très grand nombre de montagnes et d'en déduire des moyennes, ou bien à compter à l'infini le nombre des étoiles et à les disposer, plus ou moins arbitrairement, en groupes séparés, de même aucune loi sociale n'a été et n'a pu être constatée à force de tableaux statistiques de natahté et de mortalité, de valeurs produites et consommées^ de crimes commis et punis^