INTRODUCTION XIX
dé suicides consoititnès aux différents âges par les représentants des deux'sexes^ etc. C'est que les formules mathèmatiques« que les adhérents de la méthode statistique veulent faire accepter comme autant d^'expressions des lois sociales^ contiennent toutes^ dans une proportion plus oii moins ^rande> deux facteurs qui représentent, par eux-mêmes^ la négation de toute loi : c'est le hasard quant à l'action des forces naturelles, et le Tibre-arbitre quant là l'homme, L'augmentation effective de la population d'une contrée est l'effet, don d'une loi naturelle, mais de l'action de la volonté hunàaine. D'un autre côté, la population peut décroître par suite d'uhe guerre prolongée, de maladies épidémiques ou sporadiques dont la genèse, la propagation et les efTets dépendent de mille circonstances, fruits elles-mêmes du hasard. Il en est de même de la quantité de valeurs produites et consommées, des crimes, deâ suicides^ etc.
Une formule» pour être reconnue comme l'expression d'une loi, ne doit pas seulement exprimer des rapports hors de toute action causée par le hasard et le libre-arbitre, mais elle doit encore, tout au contraire, marquer les limites auxquelles le hasard et le libre-arbitre cessent d'agir et où commence la nécessité. Car l'essence même d'une loi, dans le sens scientifique, c'est d'être nécessaire et immuable. Des données qui dépendent du hasard et du libre-arbitre humain ne sauraient donc jamais entrer comme coefficients dans aucune formule qui a la prétention d'exprimer l'action nécessaire des forces naturelles et sociales, à moins que cette formule ne découle d'une autre formule qui, à son tour^ se fonde sur une loi nécessaire et immuable. Dans ce cas^ la formule secondaire n'exprimera que les conditions auxquelles la loi primaire pourrait se manifester effective^