INTRODUCTION XXI
nents, descendant des montagnes aux plaines et se réfugiant des plaines dans les montagnes, se croisant, se sépa* rant, se superposant ou s'exterminant mutuellement. C'est donc également le hasard et le libre-arbitre de l'homme qui ont décidé des points de notre globe où la civilisation a pu prendre naissance et se développer sous Tinfluence de con* ditions physiques plus ou moins favorables.
Une autre méthode, celle qui est connue sous la dénomination générale de méthode historique, a donné des résultats plus satisfaisants que les précédentes; aussi comptet-elle le plus grand nombred'adhérents. C'est que les sciences historiques^ malgré l'état transitoire dans lequel elles se trouvent, malgré leur caractère de préférence encore descriptif et classificateur, s'avancent dans une direction qui doit être reconnue comme un travail préparatoire devant servir de point d'appui à la Sociologie positile. Les sciences naturelles elles-mêmes ont passé par le même travail d'initiation : la chimie, la botanique^ la zoologie n'ont été aussi, d'abord, que des sciences descriptives et classificatrices; c'est pourquoi, d'abord, elles étaient même comprises sous la dénomination générale d'histoire naturelle. Mais ai elles s'étaient arrêtées à cet état intermédiaire^ elles ne seraient jamais p^arvenues à trouver leis lois immuables qui régissent l'action des forces de la nature. C'est surtout la plus jeune des sciences naturelles, la biologie, qui, sans abandonner la méthode descriptive et classificatrice et sans avoir recours à la méthode d'induction, n'aurait jamais pu expliquer le lien qui réunit tous les règnes du monde organique par une causalité ininterrompue.
Il s'agit donc de résoudre, avant tout, cette question : quelles sont lesconditions à l'aide desquelles la Sociologie 'pourra passer de l'état intermédiaire et incertain, où elle se trouve