‹ La pathologie socialeChapitre 15 sur 48 · INTRODUCTION XXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIII

les nerfs^ les muscles, les os, les cheveux^ la peau, les ongles, l'œil, l'oreille, fussent des groupes différemment spécialisés des mêmes cellules originaires. Ce n'est que grâce au microscope qu'on est parvenu À résoudre ces différents orgaqes en simples cellules.

Il en est tout autrement de la société humaine. Ce sont les cellules dont est composé l'organisme social — les individus humains — qui se présentent d'abord d'une manière palpable et saisissable à Tobservation, tandis que c'est au contraire la connexion des individus en unités plus ou moins compliquées et spécialisées qui se soustrait à l'observation. La plupart des économistes se refusent encore à reconnaître, aux liens qui unissent les individus humains en communautés, le caractère de réalité. C'est que toute vérité nouvelle, par son apparition même, renverse une longue série ' de conceptions déjà établies et exige un travail intellectuel auquel les cerveaux ne sont pas habitués. En outre, l'étude des lois de la nature, et surtout de la biologie, n'est encore que très peu répandue parmi les économistes. Par un esprit non initié aux découvertes de la biologie moderne, les différences ainsi que les analogies, que présente la vie sociale vis-à-vis de la vie organique, seront nécessairement conçues d'une manière plus ou moins superficielle. Il trouvera des différences profondes là où il n'y en a pas et, par contre, des analogies là où les différences sont essentielles. A un observateur superficiel, un corps dur et un groupe de molécules qui gravitent à distance, se présentent comme deux choses essentiellement distinctes, tandis que même les corps les plus durs ne sont, au fond^ que des réunions de molécules se balançant à distance, mais seulement à des distances relativement moins grandes. Mais ce même observateur trouvera des analogies multiples entre les rapports

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