‹ La pathologie socialeChapitre 18 sur 48 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

nécessairement, être soumise aux mêmes lois que Taction des forces organiques en général.

Et d'abord, qu'est-ce qu'une loi? Quelles qualités un ordre d'action quelconque doit-il manifester pour que la science lui reconnaisse le caractère de loi?

Une loi doit éclairer la causalité des phénomènes et, quant à la vie organique, expliquer le développement génésique des êtres organisés.

Une loi, dans le sens scientifique, implique toujours un ordre universel, immuable, immanent à la nature même des choses.

Une loi exprime toujours des rapports nécessaires, en dehors du hasard et du libre-arbitre humain; c'est justement les limites de l'un et de l'autre qu*elle détermine.

On a cru devoir diviser les lois qui régissent les phénomènes sociaux en deux catégories distinctes : lois naturelles d'abord dans la stricte acception de ce mot, comme, par exemple, la procréation des enfants, le besoin de se nourrir, etc., et lois soi-disant artificielles ensuite, produites par le libre arbitre-humain, comme, par exemple, la constitution d'un État, les codes civil et pénal, etc. Or, c'est par suite d'un malentendu que cette classification des lois a été instituée et en partie acceptée par quelques économistes. La même classification ne pourrait-elle être appliquèe^ également aux phénomènes des règnes animal et végétal ? L'animal ne se dirige-t-il pas, d'après son gré, dans une direction ou dans une autre? ne choisit-il pas, d'après sa volonté, sa nourriture, sa femelle, son lieu d'habitation ? On répondra que oui, mais qu'il le fait en se conformant aux lois de la nature. Eh bien, c'est la même réponse qu'il sied de donner à ceux qui se font les adeptes de la dualité des lois sociales. L'homme, sans aucun doute, jouit relativement de pkfr de

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liberté; il eât relativement plus indépendant de l'action immédiate des forces de la nature; mais, tout en e^^erçant son libre arbitre sur un domaine plus large^ l'homme n'en est pas moins forcée comme l'animal^ de se conformer aux lois naturelles. Le problème à résoudre, de la part de la Sociologie, c'est justement la découverte des lois nécessaires et immuables, auxquelles le libre-arbitre de l'homme a du se conformer en tous temps et en tous lieux dans le passé et auxquelles il ne pourra jamais se soustraire dans l'avenir.

C'est une loi nécessaire et immuable que celle que nous avons formulée dans nos « Pensées sur la Science Sociale de l'Avenir » de la manière suivante (1) :

Chaque individu, depuis l'enfance jusqu'à l'âge mûr, parcourt en raccourci réellement toute l'histoire de l'humanité depuis les temps primitifs jusqu'à nos jours. Cette évolution, purement sociale, concerne exclusivement les éléments ner-' veux qui servent de snbstratum matériel aux facultés intellectuelles et morales dé l'homme^ et elle s'efiPectue oonformémenË à la même loi, d'après laquelle chaque embryon animal parcourt, en des espaces de temps minimes, toutes les phaseé consécutives de développement par lesquelles ont passé ses ancêtres. Pour ce qui concerne ces éléments nerveux, produits de la vie sociale, l'enfant rappelle réelle-* ment l'homme primitif. L'homme de l'avenir passera par autant de couches consécutives de ces éléments^ supè!^posées les unes sur les autres et condensées par un travail de synthèse incessant, qu'il y aura de générations qui le

(1) T. I, ch. xu. Embryologie sociale.

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