‹ La pathologie socialeChapitre 21 sur 48 · XXX INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXX INTRODUCTION

Pour la sphère politique : unité ^l'action plus intense accompagnée de libertés politiques plus larges.

Pour les trois sphères simultanément : concentration d'action plus intense avec une différenciation de forces plus spécialisée.

Quel est le fondement de cette loi ? C'est la loi générale qui préside à l'évolution des forces dans toute la nature^ tant organique qu^inorganique, évolution qui consiste dans une intégration progressive marchant de pair avec une différenciation toujours plus spécialisée des énergies inorganiques et organiques.

Changez les termes à la formule que nous venons d'énoncer et vous exprimerez la loi de progrès qui préside à l'évolution de tous les êtres organiques en général : augmenta-^ 4ion de propriété et de liberté économique — c'est une plus grande abondance de substances nutritives accompagnée d'une action physiologique plus intense; délimitation plus spécialisée des droits marchant de pair avec une liberté juridique plus grande — c'est une différenciation plus développée des organes, accompagnée d'une action plus variée entre les parties et le tout ; unité plus forte accompagnée dé libertés politiques plus larges — c'est une concentration plus intense des forces unie à une indépendance plus grande des parties. P^priété, justice, autorité correspondent à l'intégration des forces sociales, tant par rapport au système nerveux qu'à la substance intercellulaire sociale ; liberté économique, juridique et politique correspond à la manifestation des forces sociales au dehors.

Peut-être voudrait-on refuser le titre de loi nécessaire et immuable à celle que nous venons de formuler en se fondant sur nos propres arguments, puisque,, dira-t-on, le terme de liberté qui entre comme coefficient dans notre for-

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mule, implique Taction du libre arbitre humaio* Mais le terme de liberté dans notre formule, loin d'exprimer une action déréglée, en détermine au contraire les limites et les conséquences nécessaires. Il est^ certainement^ au pouvoir de l'homme^ d'agir d'une manière ou d'une autre, ou de rester impassible; mais les effets de l'action et les suites de l'inertie n'impliquent pas moins soit un progrès, soit un état sta*tionnaire ou une marche rétrograde.

De deux communautés dont l'une jouira de^plus de liberté économique par ri^pport à la production, l'échange et la consommation des ricliesses, ce sera celle-ci, qui en cas de concurrence industrielle ou commerciale, l'emportera sur l'autre;, tous les autres termes de la formule supposés égaux. Il en sera de même en ce qui concerne la propriété. C'est le plus gros capital qui, en cas de concurrence, eœteria. paribuSf remportera la victoire.

Dans la sphère juridique, c'est le pays où la propriété et la liberté jouiront de plus de garanties, où la justice fonctionnera avec plus de célérité et d'impartialité, qui l'em^ portera sur la communauté où le principe du droit sera ébranlé et la violation ne pourra être réparée.

De même, dans la sphère politique, de deux Etats dont l'un jouira d'une autorité centrale plus forte et plus indépendante, c'est ce dernier, qui, en cas de conflit, l'emportera nécessairement sur un autre État, dont, eœteris paribus, l'autorité centrale sera ébranlée ou manquera de liberté d'action. Il en sera de même de deux pays, dont l'un jouira^ eœieria paribus, de plus de libertés politiques.

Il dépend du libre*arbitre de l'individu et de la décision de la volonté commune d'une société de choisir le chemin du progrès, l'état stationnaire ou la marche rétrograde; mais ils ne sauraient éviter que leur manière d'agir ne se

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