‹ La pathologie socialeChapitre 23 sur 48 · INTRODUCTION XXXIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXXIII

faire laisiser-passer, héritée des Physiocrates , du libreéchange absolu de Técole de Manchester, etc. Le principe qui a servi de base à toutes ces théories, c'est l'intérêt personnel. Or, Tégoïsme individuel peut-il constituer par lui seul une loi sociale nécessaire? Non, puisque les tendances de l'intérêt personnel sont contrebalancées dans la société humaine par les exigences de l'intérêt commun. Celui-ci pe peut se manifester au sein de la société que parce qu'elle constitue un organisme réel et non une fiction privée dans son ensemble de réalité. C'est en faisant abstraction de la réalité de l'existence de la société humaine comme unité, qu'on a faussé les lois de la nature dans leur application à la vie sociale. On a voulu y suppléer en comparant les différents groupements sociaux aux réunions d'animaux en familles, troupeaux ou essaims et on en a tiré des analogies nombreuses. Cependant, on n'en a pu déduire aucune loi générale et nécessaire. C^est que^ au point de vue scientifique, il y a une profonde différence entre de telles comparaisons, pour la plupart très superficielles, et la conception de la société humaine comme un composé de cellules réunies par des .liens réels en analogie avec les organismes individuels. La .lutte pour l'existence, les lois d'hérédité, de sélection, de .ségrégation, d'adaptation au milieu ambiant se modifient profondément, dès qu'il s'agit, non plus de Tindividu, plante ou animal, mais de la cellule, comme partie intégrante d'un organisme unifié, ainsi que de l'homme comme membre d'une société. Il faut avoir étudié, à fond, la biologie moderne pour évaluer, à sa juste mesure, la différence profonde que ces modifications impliquent. Les essaims des abeilles, les associations des fourmis et des castors présentent les premières ébauches de la nature pour réunir les individus mêmes comme partie d'un tout. En observant ces

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