‹ La pathologie socialeChapitre 26 sur 48 · XXXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXVI INTRODUCTION

occupés déjà par les autres disciplines scientifiques, doit se borner à rechercher et à déterminer les lois qui président à l'évolution spécifique des sociétés. Une idée, quelqu'élevée qu'elle puisse être, ne saurait être l'objet de la Sociologie, si elle ne se réalise pas dans la sphère sociale. Si Bouddha, en se vouant à la vie solitaire, s'était borné à combattre ses passions et à élever son esprit vers le principe absolu sans propager ses idées, il aurait pu faire l'objet d'une étude psychologique, mais son apparition n'aurait été d'aucune valeur sociale. Elle n'aurait eu même qu'une valeur sociale minime si le petit nombre de ses disciples s'était dispersé et avait péri sans laisser de traces. Ce n'est que parce que la doctrine de Bouddha a été propagée par des réflexes consécutifs et s'est incorporée dans des millions d'autres individus, ce n'est que parce que ses paroles, en se condensant dans les consciences individuelles à traverç toute une série de générations, se sont capitalisées sous forme d'énergies nerveuses plus intenses et plus élevées, que la doctrine de Bouddha est devenue une puissance sociale. II en est de même de tout système philosophique, de la science et de l'art en général. En tant que ces puissances rehaussent l'action du système nerveux social et se capitalisent dans les éléments nerveux individuels^ par la voie des réflexes, en tant qu'elles se matérialisent dans la substance sociale intercellulaire, en créant des utilités et des valeurs, elles peuvent être des facteurs soit de progrès, soit de regrês. Mais en se réalisant, ces puissances^ ainsi que le facteur religieux, marquent toujours leur évolution progressive ou régressive, en conformité avec la triple loi que nous avons formulée, et, en s'incarnant comme matière ou énergie sociale, dans les sphères économique, juridique et politique. Il en est de même do la civihsation en général. Le Japon

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