IV
ras alors que moi, le Seigneur, j'ai entendu toutes les insultes que tu as proférées contre les montagnes d'Israël, en disant : Ce sont des déserts, ils nous sont abandonnés pour les dévorer (1). »
Le Pseudo-Esdras s'exprime plus clairement. A la prière de Zorobabel, raconte-t-il, le roi de Perse avait ordonné « que tout le pays autrefois possédé par les Juifs serait libre et que les Iduméens sortiraient des forteresses de la Judée (2). »
Malheureusement, ils n'en sont jamais sortis (3). La frontière de leur Etat s'étendit au nord d'Hébron, jusqu'à Bethsour, à vingt-sept kilomètres de Jérusalem^ constituant ainsi un voisinage des plus dangereux pour les Juifs.
En 538, Cyrus, roi de Perse, s'étant emparé de Babylone, permit aux Juifs exilés de retourner en Palestine. Zorobabel d'abord, et bien des années plus tard Esdras ramenèrent environ 50,000 hommes dans l'ancienne patrie (4).
Les dix tribus d'Israël (5) et un grand nombre des fils d'exilés des tribus de Juda, de Benjamin et de Lévi (6) restèrent fixés dans le pays où les conquérants assyriens et chaldéens avaient conduit leurs ancêtres.
Quelle différence entre les 50,000 hommes revenus
(1) XXXV, 10 et 12.
(2) III Esd., IV, 50.
(3 Les Iduméens avaient dû abandonner leur ancien territoire de Scia ou Pétra aux Nabathéens, pour ne conserver que la Judée méridionale. L'histoire ne nous apprend pas à quelle époque ni dans quelles circonstances ils perdirent leur ancienne patrie : nous savons seulement qu'en 312 avant Jésus Christ c'était un fait accompli.
(4) Esd. II et VIII.
1,5) Josèphe, Antiq. Jud., XI, v, 2.
(6) Id., Ibid., XI, I, 3.
HÉBRON VILLE DE l'jDUMÉE 47
de l'exil et la population qu'il fallait à la tribu de Juda pour fournir à David 500,000 combattants (1), ou bien la population du royaume de Juda, qui put former sous Josaphat une armée de 1 million 160,000 hommes (2) !
Aussi l'établissement des colons se fit-il sans difficulté au nord, à l'est et à l'ouest : le territoire à occuper était vaste, et les villes presque désertes ne purent que faire un bon accueil au renfort de population qui leur arrivait. Mais pouvait-il en être de même au midi?
Néhémie fait descendre les Juifs au-delà de Bethsour, et même jusqu'à Bersabée, pour entrer en possession des terres de leurs aïeux (3). Esdras raconte aussi que « les prêtres, les lévites et le peuple, les chantres, les portiers et les Nathinéens habitaient dans leurs villes et tout Israël, universusque Israël, dans ses cités (4). » Ces textes ont toujours offert de grandes difficultés aux exégètes. Quelques critiques allemands tranchent le nœud gordien en disant que la liste de Néhémie se rapporte au temps préexilien(5).
Il est en tout cas digne de remarque que dans rénumération des familles nommées d'après leurs villes (6), aucune localité du midi ne se trouve men-
(1) II Reg., XXIV, 9.
(2) II Parai., XVII, 14-18. — Ce sont là sans doute des chiffres ronds qui, multipliés par quatre ou cinq, donneraient à peu près le montant de la population totale. La fertilité alors remarquable de la Palestine et le grand nombre de villes prouvent que la population était très dense à cette époque.
(3) XI, m et 30; - VII, 73.
(o) Voir : Schûrer, Geschichte des jud. Volkes iin Zeitalter J.-C , Leipzig, 1898, t. II, p. 2, note 2.