LA PATRIE DE SAINT J EAN-B A P TIST IZ
prophète, à Beit-Skaria, comme nous l'avons va, avec la mention expresse que « ce n'est pas là le père de Jean, mais un autre prophète ». Une affirmation aussi nette ne permet pas de douter que saint Willibald n'ait connu le lieu de la Visitation et de la naissance de Jean, d'autant plus qu'à cette époque le sanctuaire et son couvent n'étaient pas encore abandonnés ; mais ce sanctuaire, non plus que plusieurs autres, ne figure pas dans la rédaction de la moniale allemande.
Vers Fan 808, un pèlerin anonyme fit le recensement des prêtres et des clercs qui desservaient les sanctuaires de Jérusalem et des alentours. Dans ce rapport, il classe le monastère de Saint-Jean parmi ceux qui se trouvent à moins de deux lieues de la Ville sainte (1). a A Saint-Jean où celui-ci est né, se trouvent deux prêtres. — A Saint-Théodore, deux. — A Saint-Serge, un (2). »
On ignore où se trouvait le couvent de Saint- Théodore ; mais Jean Moschus, vers l'an 620, rapporte « qu'à environ deux milles de Bethléem se trouve le monastère de Saint- Serge, surnommé Xeropotamus (3). »
Epiphane l'Hagiopolite, du ix<^ au xi'' siècle (4), indique la patrie du Précurseur entre Jérusalem et Emmaùs-Nicopolis, au mont Karem. « Près de la
(1) Cet auleur emploie le mot mille pour la distance d'une lieue.
(2) Commemoratorium de casis Dei, éd. Tobler et Molinier, op. cit., p. 320.
(3) Pratum spirituale, LXXXII, ap. Migne, Pair, gr.-lat., t. LXXXVII, col. 3053.
(4) La date de cet écrivain est très incertaine. Migne lui assigne l'année 1015 et M. R. Rohricht le ix= siècle. — Cet ouvrage a subi des interpolations au xii*^ siècle ; mais le passage en question appartient, de l'avis de tous, à Epiphane lui-même.
Ville sainte, dit-il, à l'occident, se trouvent deux grottes qui contiennent les reliques des saints Innocents tués par Hérode. A environ six milles de là ^1), vers l'occident, il y a le mont Karmel, propriété de la famille du Précurseur, Kap^riliov opoq xà yovLxà toj np68po[AOj (2). » Il indique ensuite Emmaûs-Nicopolis à environ dix-huit milles de ce dernier lieu. La position d'Aïn-Kârem est indiquée avec précision, et tous les palestinologues reconnaissent que Kapfjir^Xr.ov n'est que le nom altéré de Kârem.
Avec les pèlerins qui affluèrent en Palestine à l'époque des Croisades, les témoignages en faveur d'Aïn-Kârem vont se multiplier et fournir des détails de plus en plus précis sur ses sanctuaires.
(1) Les milles de cet écrivain sont en général assez petits.
(2) Enarratio Syriœ, etc., ap. Migne, Patr. gr.-lat., t. CXX, col. 263. — Les deux sépulcres dont il est question semblent être ceux du Birkel- Mamilla où, selon la tradition, furent ensevelis, non les saints Innocents, mais les victimes des soldats de Cliosroès.