‹ La patrie de saint Jean-Baptiste, avec un appendice sur ArimathieChapitre 27 sur 50 · DE LA TRADITION RELATIVE A AÏN-KAREM AU TEMPS DES CROISADES · texte numérisé non relu

DE LA TRADITION RELATIVE A AÏN-KAREM AU TEMPS DES CROISADES

La tradition du xi« siècle est en elle-même un garant assuré des siècles précédents, et c'est cette tradition que nous ont transmise les écrivains du xii*^ siècle. Les Croisés, ou mieux les prêtres séculiers et les moines qui arrivèrent en Palestine à leur suite, n'avaient pas à apprendre aux chrétiens indigènes les enseignements des traditions locales ; celles-ci étaient encore vivaces dans le pays et s'imposaient à tout nouveau venu.

Les Latins, il est vrai, hésitaient parfois à suivre la tradition, lorsqu'ils avaient à se préoccuper des données scripturales de textes erronés, ou bien encore des interprétations reçues des Pères de l'Occident, comme cela eut lieu à propos du Prétoire de Pilate. Embarrassés par le texte fautif de leur évangile Ad Caipham in prœtorium, ce n'est qu'après l'année 1172 qu'ils finirent par suivre la tradition des Orientaux qui n'avaient cessé de vénérer à la forteresse Antonia le lieu où Jésus fut condamné par Ponce Pilate (1).

Les interprétations exégétiques des écrivains

(1) Voir : le prétoire de Pilate et la forteresse Antonia^ IP part., chap. III et V.

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latins, embarrassèrent moins les pèlerins que les textes fautifs qui se sont glissés dans leurs versions. Ainsi, ils semblent n'avoir fait aucune difficulté d'admettre la tradition qui plaçait à Aïn-Kârem la ville de Juda de saint Luc, malgré les opinions contraires de quelques écrivains ecclésiastiques de l'Occident. Ce village, qui fut désigné sous le nom. d'Oriné par les Grecs, apparaît sous celui de Mon^ tana dans les actes publics des premières années du royaume latin, et semble avoir fait partie du domaine de la couronne dès l'occupation de la Ville sainte par les Francs.

Par un acte diplomatique du 28 septembre 1110, le roi Baudouin I^'' confirme les donations faites antérieurement à l'hôpital Saint-Jean de Jérusalem. Voici celles qu'il fit lui-même dans les environs de la Ville sainte : « Je confirme aussi, dit-il^, la donation que j'ai faite, savoir des deux villages Bethafava et Montana et des terres et maisons en divers lieux de Jérusalem (1). »

Bethafava est sans contredit le village appelé aujourd'hui Betsafafa, qui est situé à quatre kilomètres au sud-ouest de Jérusalem et à quatre et demi au sud-est d' Aïn-Kârem.

Le 30 juillet 1154, Baudouin III, renouvelant cette confirmation, dit : « Je confirme en outre la donation du roi Baudouin I^% savoir des deux villages Bethafava et Moitana (Montana) (2) et des

(1) (( Meumque eliam donum confirmo de duobus videlice Casalibus Bethafava et Montana et de terris ac Domibus in diversis locis Jherusalem. » Carlulaire gén. des Hospitaliers de Saint- Jean de Jérusalem, Paris, 1894, t. I, n» 20, p. 21.

[2) Le second texte porte Moitana ; il ne peut y avoir de doute que la lettre n'ait été mal formée dans le manuscrit.

terres et maisons en divers lieux autoui^ de Jérusalem (1). »

Vers 1103, Saewulf, marchand anglo-saxon, qui à son retour dans sa patrie se fit moine, trouva à environ trois milles à l'ouest de l'église Sainte-Croix, un grand monastère en ruine, autrefois habité par trois cents moines grecs dont beaucoup avaient été massacrés par les Sarrasins (2).

Le lieu indiqué avec tant de précision est bien Aïn-Kârem, tout le monde le reconnaît. D'autres pèlerins ont également trouvé à Aïn-Kârem un vaste monastère grec en ruine. Mais le pèlerin anglo-saxon veut que l'église ait été dédiée à saint Sabas, « l'un des soixante-douze disciples de Notre- Seigneur », dit-il. Le même passage contient d'autres incohérences de ce genre. D'ailleurs la relation originale de Saewulf n'existe plus ; on n'en possède, qu'une copie faite dans la seconde moitié du xii*^ siècle. Ses éditeurs, MM. d'Avezac et Thomas Wright, préviennent le lecteur que plusieurs confusions se sont glissées dans les souvenirs du pèlerin et qu'un copiste inattentif a même bouleversé l'ordre de la rédaction originale, comme plusieurs faits le démontrent clairement (3). Le témoignage de Saewulf demande donc à être éclairci par celui des pèlerins ses contemporains. Aussi devrons-nous 3^ revenir.

Dix ans après Saewulf, un hégoumène russe, Daniel, guidé par un vénérable moine de la laure de

(2) Relation des voyages de Sœwulf, éd. cr.\vezac, Paris, 1830, p. 35.

(3) Id. Note préliminaire, p. 17. — T. Wright, op. cit , Introd., p. xx-

Saint-Sabas, se rendit à son tour à Aïn-Kârem. Après avoir visité le couvent de Sainte-Croix, il dit aussitôt : « A cjuatre verstes de ce couvent, on rencontre la maison de Zacharie située au pied d'une montagne à l'occident de Jérusalem. C'est dans la maison de Zacharie que la Sainte Vierge vint saluer Elisabeth et aussitôt que celle ci eut entendu la voix de Marie qui la saluait, son enfant tressaillit de joie dans son sein et elle s'écria : — « Vous êtes bénie entre toutes les femmes et le fruit de vos entrailles est béni ; et d'où me vient ce bonheur que la mère de mon Sauveur vienne à moi ? » — Dans cette même maison naquit Jean le précurseur. Une église surmonte maintenant cet endroit ; en y entrant à gauche sous le petit autel, on voit une petite caverne dans laquelle naquit Jean le précurseur. Tout cet endroit est entouré d'une enceinte en pierre.

« A une demi-verste de là, au delà d'une vallée pleine d'arbres, se trouve la montagne vers laquelle Elisabeth accourut avec son fils et dit : Reçois, ô montagne, la mère et l'enfant. — Et la montagne s'entr'ouvrit et leur donna asile. Arrivés à ce lieu, les soldats d'Hérode qui la poursuivaient ne trouvèrent personne et s'en retournèrent confondus. Au-dessus s'élève une petite église sous laquelle se trouve une petite grotte, et à l'entrée de celle-ci est adossée une autre petite église. C'est de cette grotte que coule une source d'eau qui abreuva Elisabeth et Jean pendant leur séjour dans les montagnes, où ils restèrent, servis par un ange jusqu'à la mort d'Hérode. Cette montagne, qui est à l'occident de Jérusalem, est très haute, couverte de grandes

forêts et entourée de nombreuses vallées ; elle se nomme Oriné (1). »

La tradition relative à la patrie de saint Jean rapportée par Daniel, qui est moins son propre témoignage que celui du vieux moine de Saint-Sabas, est en parfaite conformité avec celle dont les écrivains antérieurs se sont faits l'écho, et nous la retrouverons dans la suite, reproduite sans aucune note discordante par des centaines d'écrivains de toutes nations et de tous rites qui l'ont puisée par conséquent à des sources bien diverses.

Un anonyme latin que son éditeur, M. Melchior de Vogué, croit être de l'année 1130 environ, mais qui est certainement antérieur à l'année 1150, écrit simplement ces mots : « A cinq milles de Jérusalem, vers le midi, se trouve la ville où Marie vint auprès d'Elisabeth pour la saluer. C'est là que naquit Jean, comme on le rapporte (2). »

La direction « de Jérusalem vers le midi » qu'on trouve dans certains auteurs, ne peut créer aucune difficulté. Aïn-Kârem est bien à l'ouest de la Ville sainte, mais fléchit légèrement vers le sud. Sur sa carte topographique, Marin Sanut (1310) la place au sud-ouest (3). Deux autres cartes anciennes l'in- 'diquent même au sud-sud-ouest, sans que les lieux indiqués aux alentours permettent d'y voir une localité autre c|u' Aïn-Kârem (4). Du reste les pèlerins

(1) Vie (t pèlerinage de Daniel, éd. de Khitrowo, Puhl. de l'Or, lat., Itin. russes, Paris-Leipzig, 1884, p. 50-5 L

(2) Les églises de la Terre sainte, Appendice, De situ urbis Jérusalem^ Paris, 1860, p. 428.

(3) Carte de la Palestine, éd. R. Rœhricht, Zeitschrift D. P. V., t. XXf, Leipzig, 1898, pl. II.

(4) Carte de la Palestirie, Flor. bibl. laur. et La carte du Prologus armensis, éd. R. Rœhricht, op. cit., pl. VI et XI.

qui indiquent au midi la maison de Zacharie sont .précisément ceux qui placent, par exemple, la porte de Damas à l'ouest, tandis que les autres la montrent au nord de la ville. Le contexte fait voir clairement que par le midi, ces auteurs désignaient en réalité l'occident.

Jean de Wurzbourg écrit vers 1165 : « A la quatrième borne milliaire, vers le sud, se trouve la ville où habitait Zacharie lorsque, Marie mère de Jésus, a^^ant déjà conçu le Fils de Dieu, alla en hâte saluer Elisabeth sa cousine, enceinte de son fils Jean, qui naquit eti ce même lieu, comme on le rapporte (1). »

Deux anonymes latins, dont l'un écrivit vers 1150 et l'autre de 1170 à 1185, d'après M. T. Tobler, partent de Bethléem et arrivent de là u au lieu où est né saint Jean-Baptiste », d'où ils se rendent « au Gastellum Emmaûs situé à deux lieues plus loin (2). ))

Théodoric, l'un des écrivains les plus appréciés par les critiques et qui écrivit son livre vers 1172, parle d'abord du couvent de Sainte-Croix, puis il ajoute : « De là, on se rend à Saint-Jean, le lieu appelé des Bois, où naquit saint Jean et où demeuraient Zacharie son père et sa mère Elisabeth. Là aussi sainte Marie, que l'ange avait visitée à Nazareth, salua sainte Elisabeth (3). »

Le moine grec, Jean Phocas, vers 1180, ne décrit

(1) Descriptio T. S., éd. T. Tobler, DescripLiones T. S. ex sœc. viii-xv, Leipzig, 1874, p. 180-181.

(2) Anonyraus VII, Descriptio T. S., et Anonymus VIII, De terra ultramare, éd. T. Tobler, op. cit , p. 108 et 19j.

(3) Tkeodorici, lihellus, éd. T. Tobler, Paris, 1865, p. 86.

pas moins bien que le pèlerin russe, les sanctuaires d'Aïn-Kârem : « A environ quatorze stades de Jérusalem, dit-il, on voit la maison du prophète Zacharie, où l'immaculée Mère de Dieu se rendit avec empressement après Tannonciation et salua Elisabeth, tandis que l'enfant de cette dernière tressaillit d'allégresse dans son sein, pour témoigner, semj3le-t-il, la joie qu'il éprouvait à recevoir le Seigneur. La Vierge fît entendre son cantique admirable et prophétique. Là se trouve aussi un village avec une église élevée au-dessus d'une grotte ; c'est au fond de cette grotte qu'eut lieu la naissance du Précurseur. A deux traits de flèche, sur le sommet de la montagne, se trouve la roche qui s'entr'ouvrit et reçut dans son sein la mère s'enfuyant avec l'enfant, lorsque sévit le cruel massacre ordonné par Hé rode (1). »

Un écrivain anonyme, qui avait habité Jérusalem avant que Saladin n'en eût expulsé les Croisés en 1187, s^exprime en ces termes : « Vers orient est le lieu où Nostre-Dame salua sainct Helizabethet iluec fu nez sainct Jehan Baptiste etZacharie son père. Di qui à II lieues est un chastel que l'on apele Emax ; iluec aparut Nostre Sire à sainct Luc et à Cleophas après sa surection (2). » Il est inutile de faire remarquer que l'auteur voulait dire vers occident^ au lieu de vers orient, comme le contexte le manifeste clairement.

Un autre manuscrit fort ancien, mais qui semble dériver du précédent dit : « De S. Crois a .IL lieues

(1) Be locis sanctis, ap. Migne, Pair, gr.-lat., t. CXXXIII, col. 935.

(2) La citez de ïïiermalem, éd. M. de Vogïié, Les églises de la Terre sainte, App., p. 448-449.

est S. Jehan des Bois, là où Nostre Dame salua Elysabeth : là fut S. Jean nez (J). »

Puis, un manuscrit qui fait suite à la Citez de Hierusalem dans l'exemplaire de Berne, groupe ensemble Sainte-Croix, Saint-Jean et Emmaûs : « La est li lieu u nostre dame et s. anne [lisez elisabeth) s'encontrèrent. La fu nez s. sacarie et s. iehan ses fix. Près a ii liues est li chastiaus emau u dex aparut a ses disciples. Liglise de nostre dame et de s. crois j est u li fus fu treuchiez en que dex sofiEri mort (2). »

Dans un intéressant manuscrit dont l'auteur est également inconnu, mais que M. Tobler fait remonter vers l'an 1170, on lit le passage suivant : « En retournant (d'Hébron) l'on doit passer par l'église de saint Jean-Baptiste dans le désert ov celui-ci prêcha le baptême de pénitence. Il s'y trouve une source d'eau intarissable qui, au temps de sa prédication, y jaillit sur sa prière. De là on se rend à Saint-Zacharie où celui-ci habitait avec sainte Elisabeth après avoir rempli les fonctions sacerdotales. Là sainte Marie salua Elisabeth, et l'enfant de celle-ci tressaillit en son sein. Ensuite passant par le bourg nommé Emmaûs, on arrive à la Ville sainte (3). »

Vers la fin du même siècle, l'archidiacre Fretellus (4) et Eugésippe (5) s'expriment à peu près

(1) Id., Ibid., en note.

(2) Description de Iherusalem, éd. Tobler, Topogr. v. Jérusalem, Berlin, 1854, t. II, p. lOOo.

(3) Anonymus U, éd. Tobler, Theodorici libellus oui accédant aliquot br. descriptiones, Saint-Gall-Paris, 1865, p. 126.

(1) Liber locorum s. terrœ Jérusalem, ap. Migne, Pair, lat., t. GLV, col. 1051.

(5) De locis s., ap. Migne, Pair, gr.-lat., t. CXXXIII, col. 1003.

dans les mêmes termes que Jean de Wurzbourg.

Parmi les écrivains du xiii^ siècle, le Continuateur de Guillaume de Tyr (1261) (1), l'auteur du Chemin et Pèlerinage de la Terre sainte (1265) (2), Burchard de Mont Sion (1283) (3), Philippe Brosserius de Savone (1285-1299) (4) et Ricold de Monte Crucis (1294) (5) rendent tous des témoignages formels en faveur d'Aïn-Kârem, comme théâtre de la Visitation de Marie et de la nativité de saint Jean- Baptiste.

Saewulf seul ferait-il exception ? Représenterait-il dans ce cas la tradition contre l'unanimité des autres témoins ? La relation de ce pèlerin constitue une source bien précieuse pour l'histoire des Lieux saints, pourvu qu'on 3^ puise avec discernement ; car elle contient bien des erreurs qu'on ne peut pas mettre sur le compte de la .tradition. Ainsi, pour ne citer que quelques perles, Saewulf répète deux fois que le patriarche Joseph est enterré à Hébron à côté de ses ancêtres (6), qu'Abraham est né à Jéricho à dix lieues de Jérusalem (7), et que saint Jean-Baptiste fut décapité à Sichem ou Naplouse (8). Comme description topographique, nous ne citerons que le spécimen suivant : « Entre Nazareth et la Galilée, il 3^ a un camp romain où sont hébergés tous les gens de Tibériade se rendant à Achéronte (Acri), ayant

(1) Publications de l'Or, lat., Itin. franc., Genève, 18S2, p. 171.

(2) Id., Ibid., p. 181.

(3) Descriptio T. S., éd. Laurent, Peregr. quatuor, Leipzig, 186i, p. 82.

(4) Libellas de descriptione T. S., éd. P. xMarcellin de Civezza, Le Missioni francescane, t. IV, Florence, 1893, p. 389.

(5) Itinerarius, éd. Laurent, op. cit., p. 111.

(6) Relation des voyages de Sœwulf, éd. d'Avezac, p. 37.

(7) Op. cit., p. 36.

(S) Op. cit., p. 37.

LA TRADITION AU TExMPS DES CROISADES 143

Nazareth à droite et la Galilée à gauche... La Galilée est une grande ville près du mont Thabor (1). » Lorsque ses guides les Assyriens (Syriens) lai montrèrent dans l'atrium du Saint-Sépulcre les chapelles où l'on conservait la couronne d'épine et un tronçon de la colonne de la flagellation, le pèlerin comprit que c'est là, au Calvaire que Notre-Seigneur fut flagellé et couronné d épines.

Le texte même qui nous occupe a été mal rédigé par le pèlerin ou interverti par son copiste. « De même l'église Sainte-Croix, y lit-on, est à un mille environ de Jérusalem, au lieu où fut taillée la sainte Croix. » Suit immédiatement la description de l'église de Saint-Pierre in Gallicantu située au pied du mont Sion, à l'orient. Puis il reprend : « A trois milles environ à l'occident de l'église de Sainte-Croix, se trouve un très beau et très vaste monastère dédié à saint Sabas qui fut un des soixante-douze disciples de Notre Seigneur Jésus-Christ. Autrefois plus de trois cents moines grecs y vécurent cénobitiquement en servant le Seigneur et les Saints. De ces frères le plus grand nombre périt sous les coups des Sarrasins ; quelques-uns sont allés se loger dans un autre monastère du même Saint dans les murs de la ville près de la tour de David, l'autre monastère ayant été abandonné en ruine (2). »

Le lieu indiqué avec tant de précision est bien Aïn-Kârem, on ne peut en douter. Mais l'église n'était pas dédiée à saint Sabas, « un des soixantedouze disciples du Seigneur ; » ce saint n'a jamais

(1) Op. cit., p. 34 cl 39.

(2) Op. cit., p. 35.

existé. Il faut y voir une première confusion avec le célèbre moine saint Sabas.

Comme dans la relation de Saewulf il n'est nullement question de la fameuse laure de Saint-Sabas, qui figure habituellement dans tous les itinéraires un peu détaillés, on pourrait soupçonner que cette laure a été confondue avec le monastère de Saint- Jean. On pourrait aussi supposer que le guide, qui n'a pas toujours été bien compris par le pèlerin lui aura dit que les moines d'Aïn-Kârem étaient de l'obédience de saint Sabas et que leur monastère était une métochie, ou succursale, de la laure de Saint- Sabas. Daniel, le pèlerin russe, raconte qu'il prit son guide dans cette dernière laure, et qu'il passa ensuite seize mois à Jérusalem dans une métochie de Saint-Sabas (1), qui est j usqu'aujourd'hui le couvent Saint-Dimitri.

Nous trouverons plus loin une solution meilleure encore : Si le monastère de Saint-Jean à Aïn-Kârem n'a pas été fondé par saint Sabas, il a été au moins restauré grâce à la sollicitude de cet illustre serviteur de Dieu qui, d'une manière ou d'une autre, y a attaché son nom. En tout cas, il ne serait guère judicieux d'opposer le témoignage de Saewulf, tel qu^il nous a été transmis, à la tradition unanime et constante de tant de siècles.

(I) Op. Cit., éd. de Khitrowo, p. 5 et 18.

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