LIEU DE LA CIRCONCISION DE S. JEAN-BAPTISTE
inconstante. Le témoin de la tradition n'est pas plus infaillible que l'interprète du texte sacré. C'est précisément pour n'avoir pas pris en considération le caractère personnel des témoins et pour n'avoir pas tenu compte de la différence des temps et des circonstances dans lesquels se sont produits les témoignages de la tradition, qu'on a si souvent obscurci d'une manière étrange toute notion historique sur les Lieux saints.
C'est aux critiques à dégager la tradition des éléments hétérogènes qui ont produit les Avariantes et les renseignements contradictoires des témoins, en remontant aux sources les plus pures et en s'aidant de l'histoire de l'archéologie et avant tout de l'Ecriture sainte ; car la tradition d'un lieu biblique ne saurait être en contradiction avec la sainte Bible. C'est à l'aide de cette méthode que nous allons examiner les trois points de divergence signalés plus haut.
Dans laquelle des deux maisons eut lieu la circoncision du Précurseur et après cette cérémonie, où le prophète Zacharie recouvra-t-il miraculeusement la parole pour faire entendre les sublimes accents du Benedictus ?
Un assez grand nombre de pèlerins et parmi eux le célèbre écrivain François Quaresmius, veulent que ce double événement ait eu lieu à l'endroit occupé par l'église supérieure de la Visitation.
La tradition leur y montrait la maison de Zacha-
rie où la Sainte Vierge rencontra Elisabeth, et ils y trouvèrent deux églises superposées. Comme on le voit par leurs récits, ils se crurent en présence de la maison principale, de la demeure habituelle du prêtre. D'après eux, sainte Elisabeth, conduite par la divine Providence, ne s'arrêta dans la demeure située au milieu de la ville, que le temps nécessaire pour mettre au monde son enfant.
Reconnaissant que l'église inférieure de la Visitation consacrait manifestement le lieu de la rencontre des deux mères, ils conclurent que l'église supérieure était destinée à rappeler la circoncision de Jean, et c'est là qu'ils chantèrent le Beneclictus, croyant le répéter à l'endroit où Zacharie l'avait improvisé.
Cependant, tout le monde n'était pas de cet avis. * Sans parler de Daniel, qui n'admit qu'une maison de Zacharie, nous pouvons citer Phocas et tous les autres pèlerins antérieurs au xv*^ siècle qui, implicitement au moins, reconnurent que Zacharie chanta le Benedictus au lieu même où naquit son fils. Puis au xv"" et au xa^'' siècle, Nicolas d'Esté, Poloner, Marien de Sienne, Lengherand, François Suriano, lodocus de Megen, Boniface de Raguse, Zuallard, de Villamont, Cotovic, Aquilante Rocchetta, Etienne de Montegazza et un grand nombre de pèlerins du xvii^ et du xviii^ siècle ont appris à Saint-Jean-in- Montana que le Précurseur a été circoncis dans la maison même où il est né, et que là en même temps son père fit entendre son sublime cantique. C'est ce que relatent aussi les prières liturgiques que les Religieux récitaient à la procession quotidienne dans l'église de Saint-Jean, comme nous le rapporte