‹ La patrie de saint Jean-Baptiste, avec un appendice sur ArimathieChapitre 44 sur 50 · LA MAISON DE ZACHARIE · texte numérisé non relu

LA MAISON DE ZACHARIE

le terrain permettait aisément d'édifier, mais une simple chambre carrée ? Pourquoi surtout n'auraient-ils établi devant le rocher miraculeux qu'une simple substruction, tandis qu'ils élevaient en arrière une belle église, en partie sur la plate-forme naturelle, en partie sur un arasement artificiel ? Toutes ces questions restent sans réponse, parce qu'on ne pourrait d'aucune façon expliquer la conduite des premiers constructeurs, s'ils avaient cru travailler sur le rocher protecteur de Jean fugitif.

On comprend au contraire qu'ayant l'intention de remplacer par une église la maison de Zacharie mentionnée par saint Luc, ils aient en même temps songé à y englober le lieu traditionnel situé devant la maison, au bas du rocher, où Elisabeth accueillit sa jeune parente et conserver respectueusement la petite source qui doit avoir jailli à cette occasion.

N'oublions pas non plus qu'au dire de plusieurs témoins oculaires, la chapelle inférieure était ornée d'une belle fresque représentant l'entrevue de Marie et d'Elisabeth ; et aucun autre sujet n'est mentionné par les pèlerins. Or cette peinture a été exécutée au plus tard au xu^ siècle, avant l'expulsion des Croisés de Jérusalem et de la Judée.

Les guides grecs de Daniel et de Phocas ont pu prendre le souvenir de la cachette de Jean pour la cachette elle-même et le lieu de la retraite d'Elisabeth pour le désert de son fils, et avoir ainsi la satisfaction que les Arméniens, dont Gréthénios ne peut parler sans les maudire, ne possédaient pas à Aïn-Kârem le sanctuaire le plus ancien, le plus célèbre et le plus vénérable. Quelques rares pèlerins

ont pu subir la même influence et partager cette opinion.

Mais l'antique tradition, ou la croyance des premiers chrétiens, n'a pas chancelé pour cela. Elle survécut à cette crise et triompha bientôt de tout malentendu. La domus Zachariœ de l'Evangile, l'église du Magnificat, malgré l'état d'abandon et de délabrement où elle est restée durant plusieurs siècles, a toujours gardé dans l'esprit et sur les lèvres des indigènes, chrétiens et musulmans, le nom de Mar Zakariyah^ vocable sous lequel elle figura il y a seize siècles.

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