‹ La patrie de saint Jean-Baptiste, avec un appendice sur ArimathieChapitre 45 sur 50 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Aucun des lieux proposés par les commentateurs comme étant la patrie de saint Jean-Baptiste, ne peut légitimement prétendre à cet honneur. Ils n'ont aucun titre à faire valoir, et tout droit de compétition leur est refusé, soit par l'Ecriture sainte, soit par l'histoire.

Une tradition antique, unique et constante attribue cette gloire à Aïn-Kârem, appelé par les chrétiens Saint-Jean-in-Montana, et cette tradition concorde parfaitement avec l'histoire du peuple juif comme avec les données bibliques.

Enfin, les divers sanctuaires de Saint-Jean-in-Montana sont encore aujourd'hui placés sous les mêmes vocables qu'ils étaient à l'origine.

On peut donc vénérer avec pleine et entière confiance dans l'église Saint-Jean le berceau du plus grand des enfants des hommes, — dans l'église du Magnificat, le souvenir de la Visitation de Marie bénie entre toutes les femmes, que toutes les générations proclameront bienheureuse, — et dans le désert voisin celui de saint Jean qui s'y prépara par la prière et la mortification à devenir le digne héraut du Christ.

La patrie de Joseph d'Arimathie.

Comme nous l'avons vu précédemment (1), Démétrius Nicator détacha de la Samarie Ephraïm, Lydda et Ramathaïm pour les réunir à la Judée, parce que leurs habitants professaient, non pas la religion des Samaritains, mais celle des Juifs, « sacrifiant à Jérusalem (2). »

Lydda est une ville trop bien connue pour qu'il en soit ici question.

L'emplacement d'Ephraïm a pu être déterminé, comme on l'a vu, grâce aux renseignements de Flavius Josèphe, d'Eusèbe et de saint Jérôme.

Puis, Ramathaïm est considéré par presque tous les palestinologues comme l'Arimathie de l'Evangile, la patrie du noble décurion Joseph qui ensevelit Notre-Seigneur Jésus-Christ dans son propre tombeau (3).

Où est l'emplacement d'Arimathie? — Une tradition antique et constante l'indique à Ramléh près de Lydda ; mais depuis les objections soulevées par

( I ) Première partie, chap. IV.

(2) I Macch., XI, 34.

(3) Marc, XV, 43; — Luc, XXXIII, 5 ; — Joan., XIX, 38.

M. E. Robinson, ministre protestant d'Amérique, l'exactitude de cette tradition a été fortement contestée.

Mais un examen sérieux de cette question démontrera aisément combien cette tradition est basée sur des garanties solides ; aucune objection avancée contre elle ne résiste à la critique, et celles qui paraissent les mieux fondées aux yeux des adversaires ne sont que des méprises résultant d'un manque d'étude.

Ramathaïm est la forme du duel de Ramah, au pluriel Ramatha. Ce nom avec l'article ha^ ha Ramathaïm, devient aisément en grec 'Appiaôa, ou 'AppiaGs^j., comme l'écrit l'historien juif (1), ou bien 'Ap!.[j.aBaLa, selon la prononciation de saint Luc, rendue par la YvAgaie^ Arimathaea.

Au mot Armathem Seïpha de son Onomasticon^ Eusèbe dit : « Armathem Seïpha, patrie d'Elcana et de Samuel, est située près de Diospolis (Lydda), et est le lieu d'origine de Joseph, appelé dans l'Evangile Joseph d'Arimathie (2). »

Saint Jérôme traduit littéralement les paroles d'Eusèbe, n'y ajoutant qu'un mot : « Armatha Sophim, patrie d'Elcana et de Samuel, se trouve dans la région thamnitique, près de Diospolis, et est le lieu d'origine de Joseph, que l'Evangile dit avoir été d'Arimathie (3). »

(1) Antiq. Jud., VI, xi, 4 ; — VI, xiii, 5 ; — V, x, 2 : — VI, iv, 1.

(2) Ed. Larsow et Parthey, Berlin, 1892, p. 60.

(3) Op. cit., p. 61.

Page 1