‹ La Patrie en dangerChapitre 30 sur 111 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

BLANCHE, PERRIN, en uniforme de lieutenant de la garde nationale soldée

PERRIN, ouvrant violemment la porte.

Je VOUS dis qu'il faut que j'entre. (Il entre violemment et laisse la porte ouverte.) Madame...

BLANCHE

Perrin ! vous! ah ! que vous m'avez fait peur !

PERRIN

Vous êtes seule, madame?

BLANCHE

Oh ! il me croit mariée!... Voulez-vous bien m' appeler mademoiselle?...

PERKIN.

Ah!

BLANCHE, apercevant son uniforme.

Tiens! des épaulettes !...

PERRIN

Mademoiselle, vous devez comprendre que si je reviens après avoir été chassé par votre tanle

BLANCHE

Oh! ma tante, vous savez... elle ne vous pardonnera jamais d'avoir pris la Bastille...

PERRIN

Mademoiselle, j'ai embrassé le parti de la liberté... je suis son soldat. Mais votre maison a été ma maison. Ceux de votre nom ont été bons et généreux pour moi. Ils m'ont élevé. J'ai grandi chez eux à côté de vous, mademoiselle. Ces souvenirs-là ne s'oublient pas. Je me

souviens, et voilà pourquoi je viens vous dire qu'il faut que vous quittiez cetle maison, vous et les vôtres, celle nuit, entendez-vous, cette nuit môme...

BLANCHE

Quand je disais , moi , que vous étiez un brave cœur !

PERRIN

Mademoiselle ! je vous jure que je vous parle pour votre salut! Mademoiselle! ceux qui conspirent n'ont pas le droit de jeter votre innocence dans leurs complots... votre vie n'est pas à eux...

BLANCHE, fièrement.

Elle est à moi!... et vous me laisserez bien croire qu'en temps de révolution les femmes ont ce droit-là... de la donner !

PERRIN

Blanche !

BLANCHE

Monsieur...

PERRIN

Voici ce qui m'amène...

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