SCÈNE III
les MÊMES, le COMTE entrant déguisé en jacobin, avec un panier ouvert où sont deux pigeons qu'il jette sur la table. Il s'assied et frappe sur la table avec son sabre.
LE COMTE
Eh bien, par la sans-culotterie des braves sans culottes, il n'y a donc pas, dans cette auberge d'aristocrates, quelqu'un pour apporter du sacré chien à un patriote qui a soif?
MADELEINE, au comte.
On VOUS Sert. (Elle fait signe à son père, qui rentre, de servir le comte.)
LE COMTE
Dis donc, citoyenne, est-ce que ça t'écorcherait le gosier de m'avantager du tu des citoyens? (a l'aubergiste, qui
lui verse un verre d'eau-de-vie.) Toi, z'arrôte. Es-tU Ull Vrai,
d'abord? un pur? as-tu fait des actes de civisse ? veux-tu la mort des tyrans coalisés? as-tu les mains teintes? Alors, prends un verre !
PEltRIN, à l'adjudant.
Non, vois -tu, une mauvaise étoile que la mienne... une malheureuse destinée de soldat... Toujours en face de moi, des poitrines de Français... A Verdun... puis ici... Ils sont heureux ceux-là qui se battent sur le Rhin, ceux-là qui se battent sur les Alpes ! Ah ! ils peuvent ramasser de la gloire qui n'est pas tachée du sang de leur pays... Le soir de leurs batailles, ils peuvent remettre leurs épées au fourreau sans y essuyer le remords des nôtres... Oui, je les envie ceux qui s'en vont, j'envie Kellerman, qui a pu quitter Lyon... Tristes lauriers que