PRONOSTIC
Le pronostic des plaies profondes de la paume, par coupure, doit être envisagé dans deux séries de circonslances, suivant qu'il s’agit du pronostic immédiat ou
du pronostic éloigné.
1° Le pronostic immédiat.
Est généralement bon, parce qu'avec une plaie simple non contuse, sans broiement du squelette, la conservation primitive de tous les éléments peut être pratiquée avec le maximum de garanties opératoires.
Une seule réserve mérite d’êlre retenue, nous voulons parler de l'infection primitive de ces plaies. Elle peut être facilement évitée grâce aux moyens habituellement emplovés dans le traitement des traumatismes des membres.
Il nous paraît indispensable d'opérer ces blessés, très rapidement après le traumatisme, quelques heures au plus quand ccla est possible. De plus, il est nécessaire de pratiquer une désinfection méticuleuse des ‘plaies, en insistant aussi bien sur la région traumatisée que sur les régions voisines, doigts, espaces interdigitaux. Ces deux conditions : opération précoce, antisepsie soigneuse, constituent des éléments importants du
succès opératoire
Suivant l'expression même de Thiem de Cottbus, cité par le Professeur Lejars : « C'est du premier pansement que dépendent pour une très grande part l'évolulion et le pronostic des traumatismes de Ja main. »
2° Le pronostic éloigné.
Maigré les espérances que peut faire naître une intervention particulièrement satisfaisante au triple point de vue de l'asepsie, de la conservation intégrale pat suture, d'un bon résultat opéraloire immedial, le pronostic éloigné doit être réservé.
ll est de toute nécessité de distinguer le résultal anatomique du résultat fonctionnel.
Si le premier est facilement obtenu à la faveur d'une bonne technique opératoire et d'une surveillance attenlive durant la cicatrisation, il n'en est pas de même dn résultat fonctionnel.
En prenant comme exemple l'observation relalée plus loin, nous constatons très rapidement un résultat anatomique parfait, alors que le résultat fonctionnel apparaît de façon plus lente. Cependant, il est juste de
4 mois après le traumatisme, la
remarquer qu'environ guérison fonctionnelle semble complète. Alors que Île résultat semblait définitif plus d'un an après le début, nous constatons chez ce blessé la rupture secondaire de deux lendons fléchisseurs que rien n'aurait pu permettre de prévoir.
L'incertitude du pronostir éloigné des plaies prolondes, tient avant tout aux lésions tendineuses, dont la suture la plus soignée soit-elle, ne met pas à l'abri de
ces ruplures secondaires, Test évident que cet accident
éloigné est favorisé par un certain nombre de facteurs, lesquels sont fonction à la fois de faible vascularisation du tendon, dont le cal fibreux s organise très lentement, el d'une légère infection, obstacle Sérieux à la consolidalion primitive.
Le pronostic éloigné doit aussi tenir compte des cicalrices adhérentes susceplübles de provoquer des rétractions cutanées et même tendineuses. Cependant, au cours des plaies par coupure, élles sont exceptionneiles, car ces dernières s'accompagnent rarement de délabrement tégumentaire étendu. Quand elles existent, nous avons vu qu'on peut y remédier par l'ionisation des tissus cicatriciels, à condition de pratiquer une localisation étroite du courant sur le fover lésionnel.
C'est à cause de ces multiples complications : rupture tendineuse secondaire, cicatrice rétractile, atrophie musculaire par lésion nerveuse, que le pronostic général doit être réservé, surtout en ce qui concerne les accidents du travail, d'autant plus qu'ici, il faut : dans une
certaine mesure, tenir compte de la bonne foi des blessés.