CHAPITRE IX
Du seul moyen d" améliorer létat des pauvres, suivant Malthus. — De la cuntrainte morale et de 1 influence quelle aurait sur la société.
Après avoir exposé, démontré et vérifié Texiclitude de la loi de population, après avoir réfalé les objections qu'on faisait à son époque, qu'on répète encore aujourd'hui, Malthus aborde la question des moyens de remédier à la pauvreté
Le livre de son ouvrage où il traite <oe point est intitulé : De Vespérance qu'on peut concevoir dans l'avenir de guérir ou d'adoucir les maux qu'enlraine fe principe de population. (Livre TV, 2"^" édit. des Economistes, 1852, traduite sur l'édition de 1803.)
Le moyen qu'il préconise c'est le moral restraint, la contrainte morale ou mieux la continence sexuelle.
A ses yeux c'est le seul remède contre la pauvreté et les autres mauvais effets du principe de population, le frein préventif étant la seule alternative possible du frein positif. 11 dit :
Puisqu'il apparaît que, clans tous les états de société que nous avons considérés, l'accroissement naturel de la population a été constamment et fortement entravé ; puisqu'il semble évident que nulle forme supérieure de gouvernement, nul plan d'émigration, nulle institution de bienfaisance et nul progrès de l'industrie ne sauraient prévenir l'action de quelque puissant obstacle à la population : il s'ensuit qu'il
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faut nous y soumettre coamne à une 'loi inévitable de la nature. La seule chose qu'il reste à obtenir, c'est qu'elle agisse en portant le moins de préjudice possible à la vertu et au bonheur de la société humaine Tous les obstacles immédiats à la population qu'on a observés dans un seul pays ou dans les pays divers, semblent pouvoir se résoudre en contrainte morale, en vice et en misère. Si notre choix est limité à ces alternatives, il est facile de décider laquelle il vaut mieux encourager. Il vaut mieux que l'obstacle suit produit par la prévision des difficultés qu'offrira une famille que par la présence môme des difficultés.
Si nous nous abandonnons à la colère, il est raro qu'elle ne nous entraîne dans quelque action doul nous avons lieu de nous repentn-. Si nous laissons la population s'accroître trop rapidement, nous mourrons misérablement, en proie à la pauvreté et avm maladies contagieuses. Dans tous ces cas, les lois de la nature sont semblables at uniformes.
Le peu d'attention qu'on a donné aux suites funestes d'un trop rapide accroissement de l'cspôce hn niaine semble indiquer, entre, ces suites et cet accroissement, une liaison moins intime et moins évidente que celle qui a lieu dans des fautes d'un autre genre. Mais cette liaison n'en existe pas moins.
La fécondité de l'espèce humaine est une loi qui, dans ses traits principaux, -ressemble à toutes les autres lois de la nature. Elle est forte et générale, et les maux qui en découlent sont accessoires de ces qualités nécessaires : la force et la généralité ; ces maux peuvent donc être grandement mitigés et allégés par la vertu et l'énergie des "hommes. Nous possédons une grande faculté, qui i3eut, dans l'espace de quelques années, peupler un désert. Mais, dans d'autres circonstances, cette faculté peut être circonscrite dans les limites les plus étroites, par notre énergie et par notre vertu, et cela au prix d'une quantité de. mal relativement petite.
Comme la contrainte morale est la seule manière vertueuse d'éviter les maux qui découlent du principe de population, Vobligation qui nous est imposée de la
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pratiquer s'apiJuie sur la mciue buse que loulvs nos autres vertus : sur VutUilé. (1).
Quelle que soit rindulgence avec laquelle nous regardons la violation casuelle d'un devoir ditlicile, nous ne pouvons douter de la rigueur de ce devoir- Uobliijalion de ne pas se marier avant (Tavolr Vespéranee londée de pouvoir élever ses enfants mérite
(]) Malthus réprouve énergiquement tout aïoyen oui prévient la fécondité. Dans le chapitre où il examine les idées de Coadorcet il a une phrase tiés nette.
Le philosophe français prévoyait la limitation des naissances pour une époquse éloignée.
Il écrivait : « Si l'on suppose que les progrès de la raison aient marché de pair avec ceux des sciences et des ;.ris, que les ridicules préjugés de la superstition aient cessé do répandre sur la morale une anslérité qui la corrompt et la dégrade au lieu de l'épurer et de l'élover, les hon;mes sauront alors que s'ils ont des obligations à l'égard des êtres qui ne sont pas encore nés, elles ne consistent pas à leur donner V existence mais le bonheur ; elles ont f^- ur objet le bien être général de l'espèce humaine ou de la •société dans laquelle ils vivoiit, de la famille à laquelle îlis sont attachés et non la puérile idée de charger la terre d'êtres inutiles et malheureux » [Progrès de V esprit humain 10^ époque).
Malthus a dénoncé cette belle pensée de Condorcet. «Le ivmôde de M. Condorcet, dit-il semble être une espèce de concubinage ou un mélange de sexes exempt de toute gêne qui préviendrait la {écondilé, ou je ne sais quel autre moyen d'obtenir la niême fin, qui ne serait pas moins contraire à tout ce que nous prescrit la nature. Prétendre résoudre la difficulté par de tels moyens, c'est renoncer à la vertu et à la pureté des mœurs, que les défenseurs de l'égaliU'! et de la perfectibilité font profession d'envisager comme le but vers lequel ils tendent».
Il insiste dans l'appendice de son Essai ; « ...Je désapprouve les moyens réprimants prescrits par Condorcet. Je repousse tout moyen artificiel et hors les lois de la pâture que l'on voudrait employer (pour contenir la population i.t comme étant un moyen invmoral et comme tendant à sup primer un stimulant nécessaire au travail... Les gênes que j'ai recommandées sont d'une toute autre nature... (Page 016, deuxième édition de la Collection des économistes.)
Il dit enco-re : « Le dérèglement des ni'œurs porté au point (Vempécher la naissance des entants semble avilir la nature humaine».
La deuxième partie de cet ouvrage explique la pensée 71C0 molthnsienne.