‹ La pauvreté, sa seule cause, son seul remèdeChapitre 16 sur 23 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

La pauvreté comparée à d'autres fléaux, — Salaires et vie des travailleurs, hommes et femmes. — Manque de pain et de loisir chez les pauvres. — Manque d'amour chez les riches, surtout chez les femmes. — Dilemme malthusien

La pauvreté est le 'plus épouvantai»!© de tous les maux qui affligent riuimanité. Comparés à c6 fléau, les autres, tels que la guerre ou la pestilence, sont relativement de petite importaince. Ces derniers n'apparaissent qu'à de longs intervalles ; ils passent. Ce sont les quelques gouttes qui de temps en temps font déborder la coupe des misères humaines. Ils ne s"ont d'ailleurs, en général, que les effets de la pauvreté danis laquello est plongée la majorité du genre humain.

Cctio pauvreté, inséparable de la misère sociale, du mécontentent et des passions courroucées, est la source de la plupart des malheurs transitoires dont nous souffrons aujourd'hui.

Si le mécontentement social et les sentiments de colère et d'envie qu'engendre la pauvreté s'évanouissaient par rélnis"nemcnt de la cause

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qui les fail naître, on pourrait réduire les armées permanentes, dont on a autant besoin dans le? états modernes pour comprimer les classes souffrantes que pour se défendre contre les nations hostiles. Les guerres internationales et les révolutions disparaîtraient probablement à jamais.

Et cependant riiumanité n'a pas encore assez conscience des maux immenses qu'entraîne la pauvreté.

Quand nous sommes menacés d'unegucrre ou d'une épidémie, la perspective des souffrances qui peuvent en résulter excite chacun de nous ; on entrevoit d'effroyables conséquences individuelles et sociales, on s'efforce d'atténuer le 'péril, on ordonne des prières, on se livre à l'avance A un deuil solennel. 'Néanmoins, ces souffrances sont, en comparaison des misères engendrées par le paupérisme, ce qu'un grain de sable est au désert : — c'est l'écume des vagues qui froncent légèrement la surface d'un abîme de désespoir.

Les guerres éclatent et passent, et l'un des grands maux quelles causent consiste dans l'aggravation de la pauvreté par suite de la hausse des prix. Les pestes ont un temps assigné et nous ffui tient ensuite. Mais la pauvreté, tyran farouche de notre race, demeure au milieu de nous. Pour une victime massacrée par la guerre ou sacrifiée par la pestilence, pour un être humain torturé par les souffrances qu'infligent ces fléaux, la pauvreté en tue des milliers. Elle ne se contente pas de les tuer, elle les condamne préalablement à une vie de servitude et d'avilissement.

« Vous aurez toujours les pauvres auprès de vous », a-t-on dit il y a deux mille ans, et cette effrayante parole fut toujours vraie. Remontons à l'antiquité la plus reculée ! Observons les mil-

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lions criiomiiies qui peuplent ki Chine et l'Hindousian, les myriades qui habitent notre pays ou toute autre région du vieux nrionde ! Partout nous trouverons la pauvreté, le travail excessif, le manque de pain et l'absence de loisir, qui plongent la masse dans un abnne de misère et de dégTadatiun.

(Jet empire presque universel, cette continuité du paupérisme finit par habituer les hommes à la souffrance et les éloigne de l'espérance d'en triompher.

L'ignorance de la grande cause qui produit cette permanence de la pauvreté (ignorance à peu près générale, malgré les ouvrages de Malthus et d'autres) fait que bien des personnes la considèrent comme une honte, comme la suite de la paresse, de l'ivrotgnerie ou de l'inconduite- Cette idée a chassé la pitié et fait avorter tous lés efforts tentés pour alléger ce mal. N'en connais-, sant pas la cause, les hommes croient qu'il est absolument inévita.ble ; ils essaient de s'y résigner et évitent un sujet qui les amène tôt ou tard à désespérer de la société numaine.

« Il est facile de supporter les maux étrangers avec une résignatioai chrétienne. » Oh oui ! JN'ous, qui l'observons de loin, nous pouvons nous résigner à la condition misérable dans laquelle se trouve la majorité de nos semblables. Nous pouvons essayer de masquer eetfe condition, en nous glorifiant vainement des progrès de la civilisalion, de la marche ascendante de la société, de la splendeur des vertus individuelles, des talents et des autres points lumineux de la vie qui éblouissent les regards de l'observateur superficiel et l'empêchent d'apercevoir les contours sombres du vice et de la misère ! Mais les pauvres eux-mêmes, hélas 1 ne se résignent pas à la pauvreté ; la

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misère est au-delà de ce qu'ils peuveiii endurer- Les paroles pompeuses et sonores sur les progrès tant vantés sont pour eux une illusion et un mensonge.

La vie que mènent nos classes ouvrières est l)ire que celle de la plupart des bêtes de somme. Les ouvriers travaillent sans relâche dix ou onze heures par jour, et leur ouvrage est fatigant, monotone, parfois mortel ; pour eux*, nul espoir d'avancement, nul intérêt personnel dans le succès de leur travail.

Quand la nuit vient, ils sont trop surmenés, trop harassés pour pouvoir jouir des quelques heures de loisir qui leur sont laissées, et le matin les rappelle à leur lugubre labeur.

Leur journée de repos même, ne leur apporie que peu de joie récréative.

Que ceux qui s'indignent tant de ce que Touvrier ne fréquente pas davantage les réunions artistiques, intellectuelles, moralisatrices, essayent de son genre de vie pendant six mois ! Ils nous diraient ensuite les plaisirs qu'ils seraient capables de goûter quand leurs membres se seraient étiolés à force de travail, ique leur système nerveux aurait perdu de son élasticité, qu'une vie toute de peines et de soucis leur rongerait le cœiir et l'intelligence.

Les organes ne finissent-ils pas, au rude et perpétuel, labeur, par se détériorer? L'estomac, les yeux, la cervelle s'usent. Le malheureux doit abandonner sa besogne- L'hôpital l'attend. Sa femme et ses enfants risquent de mourir de faim. Souvent l'homme que sa déplorable position réduit au désespoir, se livre à la boisson et s'expose à. la ruine.

■ Les classes laborieuses irritées jusqu'au délire })ar l'eiilor dans lequel elles vivent, se décid->.nt

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à lu rcvollo pour ublciiir luiu aui^ai'.uiUiLioii de ^akiii'o. De là vieiiueut des grùvui désastreuses et ces len'ibles révolutiuns sueiales *^lui naguère et récemment encore, bouleversèrent les sociétés. Mais ces convulsions sont vaines : c'est relt'ori aveugle d'un homme qui veut ujnourir en Cduibattant ou vivre en travaillant », c'est l'agitation futile de l'être endonmi .iiui lutte dans un cauchemar. Le rocher de misère ne retombe que lUus lourdement sur les poitrines qu'il oppresse, etépuisés par ces combats, impuissants, les malheureux sont forcés de su>pporler une fois de plus le poids affreux,

• 'Pendant bien longtemps les riches ont fort peu compris les souffrances des pauvres et n'y ont guère syniipathisé. Ils communiquaient aussi peu que possible avec les travailleurs, ne prenait pas plus d'intérêt à leur situation que s'ils avaient été d'une espèce inférieure. N'était-ce pas la destinée du pauvre de travailler, de s'éreinter, pour le plaisir du riche ? Et d'ailleurs, ne lui payait-on pas son labeur ?

Quoiqu'il en soit encore ainsi malheureusement dans certains milieux, quoique de malheureuses jalousies ou prétentions de classés ou de castes empêchent encore les riches de se mêler aux pauvres et de les traiter avec le respect et la politesse qui devraient exister entre tous les hommes, cette insensibilité est moins générale.

Il est peu d'hommes, aujourd'hui, qui, au speclacle des misères indicibles, des souffrances inouïes que subissent les classes pauvres par le (ravail excessif, les besognes insalubres, les salaires inhmes, il est peu d'hommes qui ne s'énnavent et ne forment des vœux pour la disparition d'un aussi épouvantable état de choses. Ceux qui s'occupent d'économie sociale, les auteurs d'où-

vrages de médecine et de morale cunccniaiiL les prolétaires sont d'accord sur celte conclusion que la 'pauvreté, le dénuement et 1 ignorance isuni les sujets les plus urgents dont on ait à s'occuper.

Des œuvres d'imagination nombreuses ont cnoisi pour thème la vie et les soullrances des pauvres. Elles sont parvenuesi à éveiller une sympathie chaleureuse dans hcaucoup desiprits. Il est peu de romans, peu de nouvelles, dans lesquels la misère des prolétaires n'assombrisse les scéaes brillantes où s agitent les privilégiés de la hautti société.

Enfin des ouvrages importants ont été consacrés, dans tous les pays, depuis plus d'un demisiècle, à la description approfondie de 1 existence des classes pauvres, au récit détaillé de la manière dont des centaines de mille de nos concitoyens sont graduellement écrasés, broyés par le labeur et la faim. Ils exposent tous les genres d'avilissement moral et physique auxquels sont voués sans miséricorde les infortunés qui ont eu le malheur de naître sur les derniers degrés de l'échelle sociale. Ils montrent qu'il n'y a, pour eux, aucun espoir, aucune chance de s'élever : nés dans le bourbier ils y seront engloutis tôt ou tard-

Les plus éloquents de tous ces ouvrages >( nt certainenient ceux qui ont été publiés sous forme d'enquêtes officielles ou privées- Plus on les renouvelle ceis enquêtes, moins elles varient. Une enquête d'il y a cinquante ans, d'il y a vingt-cinq ans, une enquête faite aujourd'hui, dans un pays quelconque, sont identiques au fond, dans les faits et dans les conclusions. A la ville ou aux champs la situation des travailleurs n'a pas varié.

En 1863 le Conseil privé d'Angleterre fit entieprendre une enquête médicale sur la nourriture

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des classes pauvres en Angleterre.. On lisait dans le rapport de M- Simon : « Pour les familles agricoles qui furent inspectées, il parut que prts d'un cinquième d'entre elles n'avaient pas la quantité d'aliments carbonacés regardée comme suflisante, que plus d'un tiers n'avait pas la quantité suflisante d'aliments nitrogénisés. »

Récennnent, en France, M. de Lanessan, ancien mniistre, proclamait : « Des observations incontestables établissent rinsuffisance de i'alimentalion des liuit dixièmes du peuple français. Il en est ainsi parce que la lutte pour l'existence et la concurrence sociale maintiennent les salaires et les traitements de toute cette partie de la population à un taux beaucoup Irop' faible. » (1)

Il est inutile peut-être de marquer ce que chacun sait sur la vie des travailleurs des cités industrielles : des milliers, des millions d'hommes s'épuisent pour des salaires de famine à des travaux dangereux, malsains ou sédentaires. Rien ne peut donner l'idée de l'enfer dans lequel vivent les verriers, les métallurgistes, les tisseurs, les mineurs, etc., tous les parias de la grande industrie; rien ne peut dépeindre les dangers courus pour d'inhmes rémunérations, par les fourriers, les meuliers, les tailleurs de limes, les tubistes, les caoutchoutiers, etc.

Quelque dur que soit le sort des hommes, celui des femmes est peut-être plus pénible encore.

En 1849 les eommissaires du Morning Chronicle, constataient qu'à Londres les faiseuses de manteaux gagnaient à peu près cinq francs et quelques centimes par semaine, quand l'ouvrage

(1) La Lutte pour rexislence et V Evolution des sociUûs. page 221).

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allait ; mais la morte saison arrivait deux lois par an et durait trois mois, de sorte que a moitié de lannée elles étaient sans travail. Les brodeuses et les tapissières pouvaient arriver à douze francs au plus par semaine, mais en moyenne elles ne ga.gTiaient pas la moitié de cette somme. Les faiseuses de jarretières travaillaient depuis huit heures du matin jusqu'à neuf heures du soir, pour gagner à peu près cinq francs par semaine. Les chemisières faisaient des chemises à deux francs cinquante centimes par douzaine ; été comme hiver, elles travaillaient d'hatoitude depuis cinq heures du matin jusqu'à neuf heures du soir, et tout ce pénible labeur procurait en moyenne 3 fr. 65 par semaine, ou plutôt 2 fr. 50, après avoir déduit la lumière et le m.

En 1907, comme en 1840, la situation est la même en Angleterre, en France ou dans tout autre pays.

On pourrait multiplier les faits à l'infini. Un exemple, un seul exemple, emprunté à la Vie tragique des travailleurs (2).

Une ouvrière écrivait è M. AVilfrid Monod qui a tracé un tableau navrant (fé la situation faite aux confectionneuses de la ville de Rouen : « Oui, je ifais de la .confection, c'est honte-ix î 15 .centimes le drap. J'ai fait aussi des boutonnières ; la douzaine de chemises est payée 25 centimes. Quand j'ai fini deux douzaines, mon bras

(21 Par I.éon et Maurice Bonnelf. Librairie Jules Rouff.

Antéri-eairement à cet ou\Tage des travaux intéressants, des enquêtes im/partiales ont été publiées en France sur la misère ouvrière, notamment par Villermé dans son Tableau de Vétat physique ei moral des ouvriers, par Jules Sin.on dans VOuvrière, par d'Haussonville dans la Vie el les salaires à Paris, par Jules Huret dans son Enquête sur la question sociale en Europe, etc., etc.

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estropié ne nie permet pas de reporter l'ouvrage. Sur mon .gain de 50 centimes, il faut "donc pren^ dre le prix du fil et 10 centimes pour la femme qui reporte la marcliandise ».

Des milliers et des milliers de femmes confectionneuses accusent à Paris des salaires de 0 fr. 90, de 1 fr. 20, 1 fr. 50 par jour. Mais en province, surtout dans les départements du centre, on rencontre des rétributions de 0 fr. 60, 0 fr. 50 et même 0 fr. 40 par jour, pour des journées de 12 à 18 heures.

On imagine dans ces conditions avec quel.e insuffisance d'aliments la majorité des cré-itures humaines parviennent à traîner une vie de faim et de misère

C'est cette pénurie qui pousse les femmes si fréquemment dans la prostitution, le seul abri que leur laisse notre horrible état social. Et parce qu'elles y ont recours, elles sont méprisées et condamnées par les moralistes bien nourris qui ignorent les nécessités de la vie.

Qu'est-ce que la vertu ou toute autre considération pour celles qui n"ont pas de pain ? Un mot. un mot cruel, qui ne sert qu'à rendre leur misère plus affreuse et plus amefe. Comment blâmer un être humain, homme ou femme, d'une action commise dans notre état social I La vie est beaucoup trop difficile pour tous. Nous ne pouvons être honnêtes et heureux, même si nous le désirons de toutes nos forces; et il est surprenant que Vhomme puisse avoir une seule vertu.

La misère enveloppe les heureux ; elle olone autour de leur bonheur. Elle obsède la vie des riches qui ont du cœur. Qui donc peut man^'er, boire, s'amuser, jouir de la vie, au spectacle des visages hagards, du désespoir morne, du regard

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envieux des misérables à qui le destin refuse tous ces avantaiges ? Les soucis et les anxiétés du pauvre, joints à nos propres maux, ont lellement assombri notre société, qu'en regardant autour de nous, nous voyons à peine un individu dont nous puissions dire qu'il mène une vie heureuse. L'inquiétude nous consume, l'atmosphèn; de misères dans lequel nous nous agitons nous accable. Nos lèvres murmurent qiie « l'homme est né pour souffrir » et que « la terre est une vallée ae larmes ».

Bien des hommes réputés à l'aise n'échappent pas à des maux analogues a ceux dont les pauvres sont écrasés.

Les soucis des hommes d'affaires et de ceux qui exercent des professions libérales ont jassé en proverbe. La concurrence a rendu la vie si difficile, que nous sommes poussés dans la maladie ou la folie par le travail et les anxiétés de l'esprit, tout comme le pauvre Test par le travail ei les anxiétés du corps.

Le grand principe de population pèse sur le' riches d'une; manière différente maïs à peine moins effroyable que sur le pauvre. Il produit chez eux le manque d'amour, tout comme il produit chez le pauvre le manque de pain ; et c'est là dans les classes riches, surtout pour 'es jeunes filles, un mal qui flétrit et dessèche presque r.utant que l'absence de nourriture et de loisir chez le pauvre- Cette circonstance mine sourdement le bonheur et la santé, et fait des réunions, des parties de plaisir, des ibals, des soirées de la haute société, une mascarade fausse et artificielle où la gaieté sans joie cache mal les douleurs du cœur.

Le nombre immense d'hommes et de femmes qui ne S3 marient pas, dont les espéraaces

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sexuelles sont flétries par le manque cramour ou par les maladies génitales et vénériennes, assombrit et gêne les relations des sexes, tout comme le spectre de la pauvreté attriste les banquets.

Les couples mariés et les amants heureux n'aiment pas à révéler leur bonheur, quand il y a autour d'eux tant de misère sexuelle ; et sans les idées ég'oïstes que nous avons sur l'amour, ce sentiment serait plus commun. Peut-on dire que ceux qui souffrent du manque d'amour soient moins à plaindre que ceux qui souffrent du manque de pain ?

Il est tout aussi vain pour ceux qui accaparent l'amour que pour ceux qui accaparent le pain d'espérer le bonheur tant que des malheureux manquent d'amour et de pain. Les anxiétés sexuelles assombrissent nos relations ; elles favorisent le puritanisme, qui donne à tout amour un caractère sombre et mélancolique- Personne n'aime à faire allusion à des affaires de sexe, sujet si douloureux pour tant de personnes. Le mécontentement est contagiaux, comme le bonheur, et le grand nombre d'esprits aigris par la continence forcée empoisonne 'es joies sociales. L'envie et la jalousie, à propos des sujets sexuels, se répandent partout : c'est à cela qu"il faut attribuer les jugements sévères qu'on prononce contre ceux qui osent goûter des plaisirs, que tant de gens ne peuvent obtenir, en dehors du mariage qu'on a rendu aussi ligoureuX et aussi peu désirable que possible.

C'est de cette terrible ahfipncr. d\iinow\ et non de l'absence directe d'aliments que souffrent les classes riches. Mais les deux besoins se représentent l'un l'autre ; ils sont, comme l'a démontré Malthus, les deux seules alternatives que nous laisse la loi de population. C'est tout bon-

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nemciiL le choix cuire deux genres de mort : entre mourir de pauvreté ou de misère sexuelle, mourir de manque de pain et de loisir, ou de manque d'amour. On peut appeler ce terrible choix le dilemme malthusien.

Pouvons-nous y échapper ?

Je le pense ; je ne crois pas que la misère ou le chagTin soit la condition naturelle de l'homme.

Avant d'examiner cette importante question, j'appelle l'attention du lecteur qui a étudié les chapitres précédents sur les deux corollaires suivants qui découlent du principe de population et qui me paraissent les plus importants sujets de réflexion qui puissent être fournis à rinielliû-ence hun^.aine.

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