‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 11 sur 159 · A PROPOS DIS LA PÊCHE · texte numérisé non relu

A PROPOS DIS LA PÊCHE

Ce sont les trois seuls métiers qui soient dignes d'une âme élevée.

Et encore les pêcheurs méprisent les agriculteurs, toutes leurs plaisanteries se font aux dépens des laboureurs; quand ils ont dit d un homme que c'est un laboureur et un berquer (berger), tout est dit. Cependant le berger, le laboureur à la terre, est maire, adjoint, curé : c'est égal, un homme qui n'est ni « marin, ni soldat » ne parait pas grand'chose à nos gens ées côtes, et encore ajoutent-ils: «Qu'est-ce qu'un soldat à côté d'un marin? d Si la pêche et la chasse ont précédé l'agriculture, qui a été un signe de pauvreté avant d'être la plus sûre richesse des nations, la pêche a été antérieure à la chasse; — en effet, voyez les premières armes pour la chasse en comparaison d'un fusil de Devisme ou de Lepage, et cependant voyez comme le premier arc était plus compliqué que le premier hameçon.

La pêche est le premier des arts de l'homme; la chasse, sauf certains grands propriétaires, n'offre guère de plaisir aujourd'hui, du moins en France; les propriétés morcelées, opiniâtrement cultivées, n'offrent plus d'asile au gibier à poil pour le cacher, aux oiseâva pour faire leurs nids.

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Il faut un port d'arme, un permis, — quesais-je?

— il faut un fusil, de la poudre; — c'est assez cher,

— de plus, c'est dangereux. Tous les ans, un mois après l'ouverture de la chasse, on constate tristement qu'il s'est tué plus de chasseurs que de perdreaux.

Que font la plupart des chasseurs parisiens? Ils se promènent toute la journée, ils rentrent suants, harassés, chargés de ce poids fatigant d'un carnier vide, et ils tuent des moineaux sur le bord du toit d'une des premières maisons du faubourg.

La chasse quand on ne tue pas est une fatigue sans plaisir; j'ai établi dans un chapitre précédent — que la pêche serait un plaisir ravissant — môme quand il n*y aurait pas de poissons au monde.

Le chasseur à chaque instant est humilié — il se sent pauvre, — il a toujours un pied sur la terre de quelqu'un.

Mais le pêcheur, celui de la mer surtout, tout est à lui, tout est au plus adroit et au plus brave.

Ensuite, comme profession, la pêche a tout Fattrait du jeu.

Un autre ouvrier sait ce que lui rapporte sa journée — en déduisant les chômages ; — le pêcheur ne gagne pas plus que l'ouvrier ; mais si parfois il ne

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