MORUE
à une peau épaisse, grasse et fort délicate quand elle est cuite, lors même que le poisson a été salé. La couleur ordinaire de ce poisson sur le dos et les côtés est olivâtre, rembrunie à mesure qu'elle s'approche du dos; elle est chargée de taches, tantôt gris de fer et tantôt d'un jaune de couleur de rouille de fer. Ces couleurs s'éclaircissent à mesure qu'on approche du ventre, qui est blanchâtre. Ce poisson a une fort grande bouche. Il est bon de faire remarquer que ce qu'on vend pour des langues de morue^ et qu'on regarde comme un mets délicat, est formé, non-seulement par la langue, mais encore par toute la partie charnue comprise entre les deux branches ou os qui forment la mâchoire inférieure. Les morues, dont on peut admettre la source dans le Nord, se distribuent dans une grande partie de l'Océan. Il y a peu d'endroits dans cette grande mer . où l'on ne prenne quelques morues. On prend communément de grosses morues ou cabillauds à l'ouvertare de la Manche ou à l'entrée de la mer d'Allemagne ; on tend pow* cela de grosses cordes par fond^ garnies fhaims.
Les ports de France où l'on arme pour la pêche de la morue verte sont Dunkcrque, Gra vélines, Saint- Va- 'e^y, Fêcamp, Dieppe, le Havre, Honfleur, Cherbourg, Grandville, Saint-Brieuc, La Rochelle, Saint-Malo, Bordeaux, les Sables-d'Olonne, etc. C'est principalement sur le grand banc de Terre-Neuve qu'on s'établit pour Pocher la morue qu'on prépare en vert. Le lem\k^ \fe
DICTIONNAIRE DU PP.CHEUR. ^^ favorable pour cette p&ciie, comme pour i aux haims, est quand le ciel est couvert, e i>Y a point de moture. Le choix (les appâts es ( I très-importante pour faire proprement une pecne. Rien n'est plus vorace que les morues, s celles du grand banc, peut-être à cause de l'è quantité qui s'y rendent. Quand elles sont affamée avalent toul ce qui tombe à la mer. On a trouvé, < on l'a dit, dans leur estomac des manigots ou mi! des couteaux, des pierres; et, quoique gorgées d sons, elles se jettent quelquefois sur des haims sont point garnis d'appât; ainsi, à l'arrivée dei menlE, il suffit de leur présenter un leurre, tel morceau d'étain ou de plomb imitant très-grossiôi la forme d'un poisson : on a seulement soin qu brillant; c'est pour cela que quelquesHins étamet de plomh. D'aulres fois, le leurre n'est autre qu'un morceau de drap de quelque couleur ècli mais souvent les morues refusent de mordre appâts ; c'est pourquoi les pêcheurs leui^ prè des morceaux de viande salée ou de lard, qui, souffert quelquealtération, ne sont point propres 11 riture de l'équipage, des maquereaux ou des ï salés qu'on emporte dans des barils. Les maqu étant plus gros que les harengs, ils ont l'aTsiit pouvoir servir à amorcer plusieurs haims. Hais, i qu'on a pris quelques morues, on amorce s cœur, ou une mâchoù'e sanglante ; souvent mdoi