‹ La pêche en eau douce et en eau saléeChapitre 150 sur 159 · MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS · texte numérisé non relu

MICHEL LÉVY FRÈRES, ÉDITEURS

B0I TlTIlMMl» S BIS, ET BOULETARO BBS ITALIENS, IS

là LÀ LIBRAIRIE NOUVELLE

>*- Droits de reproduction et de traduction r^ferré» —

JO LES FLEDRS.

tique Dymphéacée, rapidité aussi extraordinaire que

sa splendeur et ses dimensions.

Il serait honteux qu'on hésildt . Même po(ir nn particulier, il sera désormais bien misérable d'avoir une serre cliaude sans y préparer ijn asile pour la rîflçrio regia; seulement, je ne caohe pas aux amateurs que, pour qu'elle vive un peu à j'aise, et puisse j étaler ses feuilles et ses fleu^, ce n'e&t pas tropd'mi bassin de l^it mètres vin^t centimètres de diam^ir^ et de un mètre quatre-vingt? cenlimèlres de profu^deur.

Co[)solDns m^in(enant un pei) ceif^f qui {le \it0 * peut-être jamais cette rirlie plinie, et aussi cem qwi comme mot 1^ verront, piai^pelapoç^é^erpiifpssifl parlons des richesses gratuites ou à peu prés p peuvent s'épanouif dans les eai|x de nos jardins, dans un bassiif, ^^ns une mare, dans up U)mP9 même. Je ne conpiijs, sansauciin doiite, paç^|i|^ les plantes aquatiques; il y pu 3 d'autreç que j'^j TilfSi mais que je nai pas cultivées; quelques-unes qilfjf ne ponn^jsquede Réputation. Je parler?! disfirtf»ment de ce que je n'ai paç V" mpi-méoie, e|j'a , avertirai mes lecteurs.

Pour cçjux qui p'qpt paç vu la V'f tor*" W*"' '* nénufar blanc, le {i^ des 4t^ngs , est sans contrfdji

lES FLEURS. SI

I9 pli|s belb des plantas aquatiques, et mie ilcs jpius J)elks plantes qu'j3» cpppaisse.

Ses jfeuiljf § rondes, d'uo beau vert, de la largeur ir'çne ij^^iettp, jgt flottant sur Teau; 3e? ]kjrge$ fleurs ^iâpç})ç§ ^\ ^û/fl^ps en forme ^e volaut, épanouies p^i^ji^^nt tPif^ Y été, fn font un magnifique spectacle^

Pn l'appelle pu grec, w^xçaix; — ep latin, tij/^wjH^fffi ; — pn italien, nenufaro ; — en alleuiand, wa$- ÇjÇf /î/j« f — eu ang^i* , mterrose ; — en hpllaudais, %eéblom; — en danois,; ^oebhmst^r; — en pplonaiis, gf^ybime ; — ep russe, kubuchka; — en

He pensez pas que je veuille vous faire (^oirp que je sais toutes ces langues : j*ai trouvé ces noms daps un livre; et, comme cela m'intéresse, je veux partagpr fiy^c vpus le petit plaisir que j'en retire.

fie pénufar jaiine est moins splendide , mais c'est çpcore upe fort belle plante ; ses feuilles presque ^pssi grandes sont plus allopgées, et ppn plps grandes et plus fondas, comme dit un livre très-intéressant, I9 Flore v}édicq.l(i. Sa fleur qpt beaucoup plus petite, sinaple, mais d'untrès-begu jaune; tous deux se multiplient par des tronçpns de racines que l'on plante à une profqn4eur de deu3^ à six pieds d'eau, dans une terre qui n'a pas besoin de beaucoup d'épais*-

la" LES FLEURS.

■ smr. En général, la terre qui convient aux pliinies aquatiques est un mélange de sable et de terre franche. Lé nénufar blanc a une odeur douce et faible; Fodear citrique du jaune est plus forte, mais a plii- Iftt Ttir de sortir de la boutique d'un parfumeur que du 'calice d'une fleur. J'ai vu des nénufars cultiTés Ans de grandes tonnes, où ils fleurissaient très-bieo. Le Bon Jardinier dit que le nénufar bbnc fleurit ée juin en août ; il serait mieux de dire : de mai m septembre. L'apparition des feuilles du nënur:ir i> h surface de l'eau est pour les jardiniers un signe qa'il n'y a plus de gelées à craindre, et beaucoup d'efifire eux attendent cette apparition pour sortir tes '«negers.

Le nénufar a une mauvaise répuution fort usurpée ; je ne sais si c'est k cause de cette répulatior"^ que les pliabnslériens l'ont en horreur, mais j'ai uC^** peu perdu des bons sentiments du spirituel senel depuis qu'il a appris que je le cultive dans moif jardin. L'électuaire de chasteté, le sirop de nénu — far, le miel et l'huile de nénufar, n'ont aucune vertu, et les paysans suédois mêlent dans le pain, ^ la farine , de la racine de nénufar rApée , sans aucui^ inconvénient. Les Égyptiens mettaient d'ordinuir*^ un nénufar sur la tête d'Osiris.

[piinze ans dans un côîn du jardiii ; — îl n*a jamais nèûfti, et îl itsi pas gràiidî d*un pouce depiiîs sa plantation. — Il n'est pas raôrt; — c'esltoute sa aè ël toute son Iiisfoire.

jfé plantai donc en pleine terre de Bruyère quatre ^t^âlias : rancien Blanc, le varîegata, un pœnîflora t^ îpntlari. De 1050 à 1851*, il n'y eut pas d'hir, c'ést-à-dire que le thermomètre, dans notre vaine descendit pas plus bas qu'un degré centii3é $iu-dessous dé zéro : l'épreuve était donc mmée. Mes iaraellîas fleurkent parfaitciïient, îpté le blanc, qui n'avait pas de boutons à fleurs. lias Tété, ils firent des pousses très-vîgôureuses, aujourd'hui, 10 janvier, ils ont de nombreux bonis, du moins le variegata et h doùklari ; le pœniira û'en a que trois, le blanc n'en a pas ; mais, ime il est aussi vigoureux et aussi bien portant les trois autres, je n'attribue pas cette stérilité à température, d'autant plus que c'est pendant l'été se forment les boutons à fleurs. Pendant la géî, qui a duré une semaine et qui a varié, en proml jusqu'au dégel, de quatre à six degrés, ils paru moins fatigués que les rhododendrons ponm; J'ai déjà dit aux lecteurs de Y Illustration que P fciens en pleine terre, depuis trois ans, la belle azalée

milieu de celte phase de torpeur, mais au com^fiH- V^i cernent ou h la fin, que le moment est le ptiis h^O" V rallie ; ainsi, j'ai Eoujours vu réussir surtout les plafl" talions faites en novembre, quand la sève drcuj* encore lentement, el je préfère les trans|ilant!iiÎQO* exécutées à la fin de l'hiver à celles que l'oo fait aU milieu.

Il est encore h cela quelques exceptions, ou pliitit des exemples de ce principe porté plus loin. Nou3 en citerons une tout Ji l'heure à propos de l'amndc' donax. — il nous en vient une autre en mémoire. — L'anémone hépatique, trfes-déhi'ate à la séparation des pieds, supporte beaucoup mieux celte opération , ainsi que celle de la transplantation qui en est la suite, au moment de sa floraison.

Revenons au ^onteàeria. — Son pied ne ^oil i^t^ couvert que de six à huit pouces d'eau ; c'est assez. du régie, pour que la plante passe nos hivers à l'aïr libre, — contrairement â l'assertion du Bon /anKrûer, qui la signale comme étant d'orangerie. — B est vrai que l'exemplaire du Bon Jordinier que j'ai sous les jeux est de i84I, et que l'article peut aïQ,''' été corrigé depuis. I

J'ai planté également, il y a un ao, la péronv ou 1% fAoZûi dealbata, mais elle n'a pas poussé du tooi'

LES FLEURS. Jfe

. P^i^n assure qu'elle passe l'hiver à l'air libre, thrtû «(tfelle èoit couverte de huit à dix pouces tti. H. Afihând Gontîer, de-Fontenay-aux-Rosès, la cttllîvé pas âtftrement, ce qui est encore conk*e & Pôjlîtiîèn du Bon Jardinier... de 1841 . La onle éiêvfe, dit-on, S plusieurs pieds au-dessus de U , dé gf aniîes feuilles ovales et des fleurs en épi, ùns Sii^^ d*dn rouge violacé, les autres rose, «inifes a un pburpre foncé. Je ne ..serais sans t^ pas dans cette incertitude sans la fâcheuse î tilde que prennent les jardiniers, de plus en plus ^tïè jour, tfe séparer les plantes en fractions trop ^tes ; car j'avais planté deux pieds de thalia deal- * • Cette habitude cause ïa perte de beaucoup de ^tes. îl n'est guère d^àrâàteur cependant qui ne Sentît volontiers à pajer une plante un peu plus ï*, à la condition d'en recevoir des exemplaires s forts. Les dérisoires fragments qu'on reçoit le s souvent ou périssent dans la même saison, pu *t fort longtemps avant d'avoir pris Assez de dé- ^^jppement pour donner des fleurs.

ï-e buiome ou jonc (Imri, pour ne pas venir de la ^giuie et de la Caroline, comme lepmtederid et

péronié, n'en est pas moins une charmante plante *i pousse d'elle-même sur le bord des rivières un

H LliS FLEURS.

peu lentes et des étangs. Submergé l'hiver, il a sonvent le pied sans eau pendant l'été: cepeudani, dans mon jardin, il est coitslainment immergé suu5 près de deux pieds d'eau, et Ûeurit très-bien. Le butome, de juin en août, élève, du sein de feuilles triangulaires, en forme d'épée, une tige droite, verte, ronde, sans nœuds, de deux à trois pieds, couronnée d'une ombelle de fleurs séparées par de longs pédoncules, et d'uu rose approchant du rose de la fleur du pécher. Le butome doit être planté d« préférence dans du sable argileux.

Le ményantke ou trèfle d'eau est également une plante de notre pays.

On l'appelle en latin memjanthes palustris; — ea italien, meniatite; — en anglais, mars trefoil; — en alleinand, wasserklee; — en hollandais, water^ drieblad ; — en polonais, ewikla lesna ; — ea russe» trilistnik.

Le ményantbe a pour tige une souche nouenftC «t rampante, ses feuilles sont tout à fait semblables k celles du trèfle, sa fleur est un épi de petites fleor* roses avant leur épanouissement, blanches après ; les pétales de la fleur sont bordés de filamenls extrêmement fins, qui lui donnent l'apparence d'étn laite de plumes.

COLLECTION M1CH€L LËVY

ŒUVRES COMPLÈTES

DB

ALPHONSE KARR

99 • LESFLEURa

Louis-Philippp, h ciiltivaildaiis'" "jmainadeKeHiBî, dès 1819 ; piais il la reiitraii l'hiver en oraugeriu. Cependaot, il écrivait, en 1835, qu'il pensait qu'elle pourrait vivre à l'air libre dans un bassin &utBsaii>' n)f nt profond.

En serre chaude, ot je l'ai vue souvent, ftlle est beaucoup plus petite et ma gre ; en serre tetiipéfàe, ses feuilles et ses fleurs sont loin d'acquérir tou» l^urdiqieDsion, Ainsi, M' u]uesdoiine à sesËeuillts trpis ou qualre pouce: «ig. M- Pépin, jardiniar du jardin des Pinntes t iris, qui l'a cultiva dthors depuis 1850, porte ih grandeur des feuillesk huit pouces. Je la cultive également dans un bassia de mon jardin depuis di^ ans, et ees feuilles dégiiur sent presque toutes même les dimensions îndiquéei par %. Pépin. Ces feuilles sont longues, ovales, el d'un très-besu vert. 1-es fleurs forment comme ufl double épi, et ressemblent à un coquillage; eilis sont d'un blanc pur, et parsemées d'étamines noires; elles exhalent une odeur très-suave, que M. Pépin coœpare h tiirt à cellede la Seurd'oviOffie. M. i»t^mt la sjgo^ tonuDB une odeur partieuliàfe «t irè»agré^de- kl suis de l'avis de H. Jacques. J'ajot* terai que s'il fout classer cette od«ur, jsdini fi'itti rçis^emble «i la, v^le.

{.BS FLEURS. 30

jEf'apQQogçtoD fleurit plusieurs fois dans rannée ; je là tiens SQUS l'eai) à uBd profondeur qui varie dç dix-buit ppuces k trois pieds.

I#a sagittmref qui vient dvec les butooies au bord 4^ étaqgs et des rivières paresseuses, a des feuilles qfA smoUent aut^ut de fers de flèche quie laiu^ Jiàièï^ au ciel des tritons insurgés* Sa fleur est un 4pi.de fleurs à trois pétales blancs, avec le centre d*]i0 violet plie. Au haut de Tépi, sont les fleurs mâles, reconnaissables à leurs étomines jaunes ; elles ^épanouissent en juin et juillet* Quand on les prend w bord des rivières ou des étangs peur les transe planter dans les eaux des jardins, il faut prendre m soin que je n'ai appris que par ma propre expé^ nance> ne Tayaut trouvé indiqué dans aucun livre.

Vous aurex beau arracher cent fois des pieds de sagittaire at les replanter, ils mourront. Ce n'est pas le pied qu'il dut planter, aiais les bulbes ovales, da la forme et de la grosseur d'une olive, qsi se trouvent en chapelet à Fextrémité de tiges seuterpaines (pu partent de la racine, et que Ton brise ei laisse au fond de l'eau , presque toujours en arrachant la plante. Vos bulbes plantées à la profondeur de sin pouces à un pied sous l'eau, vous pourrez croin. Tannée d'après que vous vous êtes trompé» et que la

M LES laEUllS. I

planti? qui végëte n'fst pas la fléchière ou sa^ttaire que vous avez cru recueillir, [.es premières feuilles qui monteront à la surface de l'eau seront de longues lanières vertes, semblables aux feuilles de !a vallisjiérie, dont nous ne parlerons pas ici, parce qu'elle ne vit que dans les eaux rapides et profondes des grands fleuves. Au bout de quelques jours, ou ces rubans changent de forme et se développent, oh il leur succède d'autres feuilles semblables k celles que noua avions remarquées, les premières feuilles en forme de flèche ; ou ont la pointe émoussée, et il survient une troisième espèce de feuilles, ou bien la feuille passe par trois formes différentes. II n'est pas rare, cependant, de voir les plantes aquatiques avoir deux sortes de feuilles, l'une immei^ée et l'autre natante, et très-différentes l'uoe de l'autre. L'anémone, on renoncule aquatique, et le potamogéton en offrent facilement des exemples.

La sagittaire de la Ciune, que je ne connais pas, est, dit-OD, plus belle.

11 y a encore la viSarsie, plante relativement iibsignifiante, étalant sur l'eau des feuilles d'un à deui pouces, qui imitent celles du nénufar, et des fleuis ■unblables à celles du melon.

Le caUa paluslris, dont la fleur est un eometvert

en dehors, blanc en dedans. On en cultive dans les jardins une très-belle variété exotique.

Le papyrusy ou souchet à papier, dont le feuillage est semblable au palmier, ne peut passer dehors que les mois d'été, et exige la terre chaude pendant Fhiver, etc. , etc.

Passons maintenant à quelques plantas qui vivent dans Teau, ou se contentent d'un terrain humide, ou seulement largement et fréquemment arrosé.

Nous dirons ensuite tes arbres qui se plaisent au bord de l'eau.

Une des choses qui me choquent le plus dans les jardins est le défaut d'harmonie : ainsi des rosiers au bord de l'eau, à moins que ce ne soient des églantiers ; des myosotis dans un parterre me chagrinent les yeux, comme une fausse note me chagrine l'oreille.

Un jardin où tout est à sa place, à part même la végétation plus belle et vigoureuse, donne un sentiment de bien-être qui provient de toute harmonie.

Un jardin harmonieux — pardon du gros mot — ne vous fait pas subir cette impression pénible que l'amateur des jardins ressept de temps à autre, en rentrant chez lui, après s'être promené dans la campagne. C'est qu'un petit coin de bois, une colUne,

tt LES FLRL'RS.

uu bo^t de prairie, une mare, sont plus jolis q«

son jardin cultivé il grands frais.

C'est quB la uifire, le bout de prairie, lecoihde bois, la colline sont harmonionx, c'est quetottlj est b sa plade, M que tout s'y pdrte bien.

Il y a des harmnnies de plantes, de formes, k couleurs. Il m'arrime parfois de mettre, comme un pdntre h un tableau, il )n rouge ou jaune k ti^ place, en y plantant • i u telle plante. Av« to Saules bleuâtres, des -s de B(di(*me et des peitpliers ypréaux aux feuilles blanches paf-dessoiw.te' feciile piiur les jeux un Jardin de dix pas. Le jaune et le violet mis â côté l'un de l'autre Boni plusJiuH et plus violet, etc., etc.

Dans l'eau, ou au bord de l'esti, on areb de fttquents arrosetnents végète vigoureusement et s'Étend rapidement l'isis de marais ou faux acoruS.

En latin, iris pseudoacottts, ou iris pnhitrisklea selon Tournefurt ; — en italien , iride gialk ; — en espagnol, lirio espadttnal; -^ en anglais, jjSltlni iris ; — en allemand, wasSémhwertel ; — en hollandais, (jelt lisch ; — en polonais, itiieôiyk z'é^; — en russe, kosntnUt.

L'iris de marais porte sur une haute lige io fleurs d'Un Jaune très-éclatant. Derrière ces Iffe,

pont Yhûtmmk de la forme, j'ai planté, maïs en lefre noit humide, les autres espèces d'iris h rhîlotties. Cest un des plus beaux groupes de fleurs qu'on piibse VoJf; j'en ai une cinquautdîne de variétés. Les iris i oignon sont dans une atitre partie dti jardin, et ne s'accommodent pas de la même cul- ItM. Les Écossais font bouillir la racine de Tins ûeè marais avec de la limaille de fer, et en font de l'encre. On a essayé de substituer ses graines torréfiées an café. D'autres variétés donnent un beau vert |Nmr la peinture, par là macération de leurs fleurs avec de la chaux. L'iris de Florence et quelques autres reproduisent, par leurs racines, l'odeur de la violetoe ; on en fsrit grand dsage en parfumerie. La poudre d'iris est uil puissant stemutatoire ; on l'a vue gaérir des mauit de tête et des maux de dents.

Le popttlage ou caltha palustris, comme Tiris jâtine, vient le pied dans l'eau ou simplement dans eÉ sol largement arrosé au moment de la végétatiMi. Ma terre est un peu sablonneuse; mais aussitôt qne je vols poindre les feuilles des populages, je tonne chaque jour un grand seau d'eau à chaque (nnfib. Le popttlage est un très-grand bouton-d*or simple ou double ; chaque fleur est de la largeur d'one pièce de cinq francs ; les feuilles soh& abon^

a LES FLEURS,

dantes, rondes et d'uD beau vert. Il fleurit an priatemps. Dans les mêmes conditions de culture est le myosotis scorpioïde, ne-tn'oubliex-pas; forgel-wnot des Anglais; vergissmeinnicht des Allemaaâs. On s;ut la tradition : Deux fiancés se prumenaient sur le bord du Rhin ; le jeune homme voulut cueillir la jolie fleur bleue, il gliss» 3t se noya dans le Ithiai mais eu disparaissant il jeta sur le rivage une poignée de vergissmeinnicht, ne-m'oubliez-pas.

En tondant les myosi ;ijand la fleur est passée, on a une seconde fluraisuu, »t des fleurs pendant lâul l'été.

La cardamine des prés est une sorte de cressoQi on mange même ses feuilles eu pkce de cresson. Li variété à fleurs doubles ressemble à la julienne double violette, mais elle est beaucoup moins belle; sdd avantage est de n'avoir aucun besoin de culture : elle vient en terre humide ou doit être fort arrosée ; ells fleurit en ffiai, et souvent pendant tout le mots de juin, pourvu qu'elle ait le pied assez humide. On trouve la variété à fleurs doubles à l'état sauvage.

Au mois de juin fleurit dans les prés le beau géranium bleu. It a besoin de beaucoup moins d'en que les cardamiiies, les myosotis, etc. Il a de grandes fleurs de la couleur du lin, et que les abeilles aiment

beaucoup. J'en ai une variété à fleurs panachées de bleu et de blanc. On m*en a envoyé une variété à fleurs doubles, mais elle n'a pas encore fleuri.

Une plante qui est d'un très-bel effet au bord de Teau, quoiqu'elle n'ait pas besoin d'humidité dans nos pays, c'est Yarundo donax, le roseau à quenouille ; il s'élève à huit, dix, et quelquefois quinze pieds. Les renseignements qu'on trouve dans la plupart des livres sont faux. Il se multiplie par la division des pieds, mais seulement au printemps, quand il commence à pousser ; divisé en toute autre saison, il est à peu près certain qu'il périt. Le Bon Jardinier parle de sa fleur, mais conseille en même temps de couper ses tiges au mois d'octobre. Or, comme il ne fleurit que la seconde ou la troisième année, on n'a aucune chance de la voir. Il est bon de couper les tiges, en effet; mais il est bon aussi d'en laisser une ou deux sur une des touffes. L'année suivante, si rbîver n'est pas très-rude, ces tiges se ramifient et peuvent fleurir. La fleur est une longue panicule d'un rouge brun. Les anciens en faisaient des flèches, lethalis arundo ; des cannes, equitare in amndine longa; des flûtes, médit abor arundim mtisam, La ^riété à feuilles panachées est très-délicate. Je n'ai jamais pu la conserver trois ans, j'y ai renoncé ; mais

Î6 LES FLEUnS.

je la remplace par uae espèce très-rustique et triîvivace qui ue s'élève pas à plus Ae deux ou iniB pieds, et n'est pas plus grosse qu'une plume à écrire; ses feuilles soat très-agréablement rubanées, et [* nachées très-irréguUèi'ement de blanc, de jauaâtrs, ■'ermédiaires ; les jeiin# lanachures roses. On ^

de vert, et des nuances i feuilles ont, en ûutre, di pelle vulgairement cette j... ate, lierbe à r vrai nom est, je crois.

Je ne vous parlerai .

imaijroslis.

uement ni du cochléanl

qui orne encore le bora ues eaux, ni d'une peiiii véronique à fleurs d'un bieu sombre appelée È»cabimya.

Le cresson de fontaine, planté au bord de l'eau, y forme une charmante verdure.

Le cresson s'appelle en latin sisymbrium «asliif- (ium;— en italien, agretto; — en espagnol, terra; — en anglais, waler-cresses ; — en allemand, brmnenkress.

Il me reste k vous parler des colchiques qui émaitlent à l'automne les gazons, comme les crocus u printemps-, mais ceux-ci, ainsi que les safrana, ne s'arrangeraient pas du terrain bumtde où se plâiscnt les colchiques / " Le colchique s'apijellc en latin coîchicum; —en

italien, gitjHô mùttô ; — en espagnol, quitmérlenfc»; — eb aflglâïS, ffieadoi» èûffrôhi — en âltémand, teitlose ; — en polonais, cimovit ; — en hôt*

Lie paysan dnglalâ l'âj^pélle, dit-Oit, dafàé mé, ^ftè ^dë là flôlii* pâfâlt k ràutoinile sàfis ses bfgèà i^Ilëâ, qui ne èoftenl de tëïré qu'au firiiltemps Su(pUtt. B'dMiiiàtrë, léS fleuts du (colchique sôiit d'un 91â& {lltis ou Moitis pâle. C^eât de cette cbiileiir que |e 1» âl vu couvrît' leé pt^itles de la basse NorflttUidlè , et ôelle qu'àt't'osé la Marrie autour de ChâititA. Oh tti'âssufê qhe dails lés prairies des bords de la Meuse lés colchiques sont blànts. Du reste, la variété blanche est connue ; je Taî quelquefois trouvée, mais rarement, dans les prairies de la Marne, et dans la vallée d'Auge. Il y a une variété à fleur double et une autre qui vient du Levant, et qui est panachée en carré de damier, comme la fritillaire méléagre. Il faut transplanter les colchiques vers la fin de mai, quand les feuilles se flétrissent ; si on les laisse en terre jusqu'au mois d'août, il est probable qu'ils périraient.

Quand je vous aurai parlé du jonc aggloméré, junciis conglomeratus, du jonc é[)ars, jimciis efjususy et du jonc des jardiniers, juvms tenr.x, qui servent,

LES FLEIjnS.

le premier, i faire des mèches de veilleuse; les deux aiilres , à palissader les arbres , & lier les plantes, etc.

Je vous aurai dit tout ce que je sais, tout ce qui peut orner barmouieusemËUt une mare, une petite rivière, un ruisseau, un bassin et leurs alentours. Jcignez-y les divers saules ; les osiers, dont les uns sont jaunes, les autres rouges ou violets , les aunes, ddiit la jolie variété h feuilles découpée-s est sauvage dans b basse Normandie. Ajoutez-y ce que je ne sais pas, et œ que votre propre expérience peut vous apprendre : et vous formerez un petit coin de paysage toujouis riche, toujours varié; les libellules étiucelantet'"viendront achever le tableau, ainsi que les tydruphiles elles autres insectes aquatiques.

A LÉON 6ÂTAYE3

La brune violette, améthyste vivante.

Dans rherbe épanouit sa corolle odorante;

Sur ses rameaux armés qui protègent les nids.

L'aubépine en parfum amer et doux s*exhale.

Cependant sur l'étang le nénufar étale

Et son large feuillage et Forgueil de ses lis.

Tandis que, du sommet d'un arbre ou sa fleur grimpe.

Le chèvrefeuille épand son parfum enivrant.

Qui fait songer parfois qu'il descend de l'Olympe

L'arôme du nectar que Jupin souriant

Aura laissé tomber de sa coupe trop pleine.

Dans le sable brûlant de la rive africaine.

Sous les plus chauds baisers du plus ardent soleil.

Le cactus ouvrira son calice vermeil.

Tandis que du dapimé les petites fleurs vcrlcî Aiment des bois obscurs les retraites couvcrlap, Ofi pour le rossignol raùrissenl leurs grains m\n, Qne leur paye en cliansons le poète des soirs. La giroflée, aux jours froids, lance de sa gousîa Ses graines, petits œufs noirs que sème le veut, Que couve le soleil. — Il arrive souvent, Lorsque revient avril ei son haleine douce. Que l'une en un bon sol tombe, viigète et pousse Vigoureuse, louffue et d'un beau vert vivant; Et qu'une aulro, emportée au haaard, se cramponne Au sommet lézardé des ruines d'un mur.

Quoique petite et grêle, elle aura sa couronne ; Ses fleurs d'or brilleront sur un beau fond d'ainr, Et, demandant au ciel la fraîcheur refusée Par la terre marâtre, — à ce beau ciel si pur En doux parfums ambrés renverront sa rosée. Voilà l'égalité, tout a sa place et.vii, Libre, hëiireux, tout seilt bba et tout s'épanoiiii

PECHEUR A BTBJSTAT

Où étes-voiGis en ce momeiiti mon cher ami? raccommodez-vous V08 flleU dans cette roche creuse où nous avons quelquefois diné ensemble, ou dans votre jardin que vous aimez tant ? sépar62*vou$ les pieds de ces belles passe-rouges que vous avez dans le temps partagées avec moi ?

Moi, je suis à Paris, -^ et je viens de traverser le jardin des Tuileries»~le Jardin du roi, et j'ai pensé à vous et à votre jardin. m

Combien de fois, l'hiver^ au coin de votre grande eheminée, m'avez-vous raconté de ces belles histoires qui se passaient quand vous étiez marin de la garde

G9 ■ LES FL'RUUS. ,

de rempercut,' — Vous voudriez bien, en échange, vous qui aimez tant les belles fleurs, que je vous racontasse tout ce que j'ai vu dans le jar'din du roi de France.

Je vais vous le dire, mon cher Valin, — et vous serez plus étonné encore que vous ne l'espérez.

Le jardin des Tuileries est un beau et grand jardin magnifiquement dessiné ; une partie est ombragée par des tilleuls et de grands marronniers; — l'autre partie offre aux fleurs de l'air, du soleil et un sol excellent ; combien de belles fleurs doivent y réjouir les jpux et y enivrer les sens .

Hélas! mon cher ami, je vais vous dire comment, sous ce rapport, on traite le roi de France, et vous aurez, j'en suis sûr, grand'pitié de lui. Je vous autorise dfes aujourd'hui à Ini offrir la moitié des œillets de poëte si variés que vous m'avez promis.

Je vais faire au hasard le tour d'un des carrés consacrés aux fleurs, qui entourent celui des bassins qui est au pied du château. Je vais vous dire quelles fleurs on y a rassemblées, — et j'y ajouterai la valeur de chacune de ces fleurs prises au marché aux Fleurs, i Ce carré renferme mille plantes.

Sur ces mille plantes, il y a cent corbeilles-d'or;

' — cette plante, vous savez, qui pousse chez moi dans les fentes d*un vieux mur, au-dessus de la porte de mon jardin. La corbeille-d'or (alysse saxatile) se vend au marché deux sous la touffe.

Malheureux Valin, vous avez Tété dernier arraché et jeté hors de votre jardin tant de ces thlaspis blancs dont la graine avait envahi vos plates-bandes I II ne faut rien jeter : il y a tant de pauvres gens auxquels ce que nous jetons peut être utile. Vos thlaspis blancs auraient fait bien plaisir au roi, — non pas qu'il en manque précisément aux Tuileries ; — car sur les mille plantes du carré que nous examinons, il y a cinq cents thlaspis blancs, mais il parait que c'est une fleur que le roi affectionne particulièrement. — C'est un peu comme la note de Bilboquet, — cette note toujours la même, mais qui doit faire plaisir à ceux qui l'aiment. — Vous n'achetez pas de thlaspis blancs, mon cher Valin ; mais si vous en achetiez et qu'on voulût vous les faire payer un sou la touffe, vous crieriez au voleur et vous auriez raison.

J'aime beaucoup la violette ;— j'en ai, voussavezi une pelouse où il y en a dix-huit variétés. — Ce carré du jardin du roi en possède quatre-vingt-trois pieds, mais tous d'une seule et même variété : — supposons qu'elle vaille deux sous le pied, — c'est cher, —

a LES PLEURS. *^B

maïs H faut bien qne lou» le monda gagfie sH tîe.

A l'autre extrémité du mur où fli'uHsspnt ma TOfbiîilles-d'or, j'ai sur la eréte, entre deux psrli!' taires, un pied de giioide-de-lmij) qu'un oiswm aars 8Ciné ;— le roi est plws riche que moi. M. Cotïn, sou Jardinier, lui en a accordé seize, qui onieni ;i iLitl;^ tallps égaux — le com lous faisons le tour : -■

cela vaut encore un aou èce.

Mais que ïoiï^-ie >— Tt me frMlnpUe ! — quell* magnificence 1 — Je * fie d'en iroarer une pif

le marché aux Fie is dé douze sous. — Je ne

m'étonne pnssi le tiiiagel est si lourd : «ne plante de dou2e sous) Heureusumeni cfu'II a'y es s ^'m. Haiâ je ne sois cumment excuGef les denx pivots I bractées valant cbacun dix sous, M la {tivoiiire km du prix de solxtuitcquinse c^ntimeSi qni avec drgaell «nrglsSent dans tes plaies-bandes de 8a Majesté.*^ doit être an présent de quelque souverain étranger ! H. Colin n'aurait pas Isit cette rolie.-M)rt ne pounK grever la liste civile de deux pavots à bractées et d'une pivoine rose.

Ahl pa^le^moi, par exemple, de ta giroflée jaune, de la giroQée des murailles ; —il y en a dix-neuf. "^ Ce n'est pas avec ces &eiirs>t& qu'on ruine les Étals cl qu'on pressure le peuple.

tm IfLSURS. »

hèi tsVAoffitfê de» jainilnf efd présentent trois flilHë ¥ftriété() de roses ; ^ 11 7 eii ^ huit cents qui offirent réeDefflènt de notables diifé^e^ces entre elles \ ^ il y en fl deu^t cents qttl sôtit belles:

On fie connaissait que (jtlalfe i^oses sons lônis ÎIV; — îi «Ty en a qUe trois variétés dans le carré en qnes^ tion : — Vingt-cinq rosiers à cent fenilles, *^ tingtefaiq des quatre saîsons,-^tfente-huit du Bengdlej-*^ pas un de plus.

--* n faut compter enfeofe •. ^ cinq passe** oses à atq sons, '«-^ ^eize Campanules à deut sousj'-^Vin^ eOébcrres à quatre sëusi -^ vifigt-qnatre ehrysanthèmes, en deux Tieilles variétés, à cinq bous la totttfe,-^six pivoines communes de la même valeur. *»»-Vdci déjà neuf cents plantes sur mille ;— le teste e^t en coquélourdes, — ^ en valérianes greéques,— eb

ancdliès, ^^ en saxifrages, plantes Viilgftires et îîans taleufi ^què je ne mépriée pas, —mais qui ne doivent pas feirè exclure les autres, qui soiit plus belles et plus rares.

Tous les Cârfés sont pareils ; — il y èh a onze : •^ cela fait éhiq mille cinq cent quatre-vingt-dixwuf thlaspis blancs. — C'est beaucoup de tlilaspîs blancs. «'

Il y a cependant deux carrés qui ont triples plates-

bandes ; ceux-là renferment quelques variétés de rosiers greffés ; — mais ils sont remarquables surtout par l'énorme quantité de soucis qui les décorenl;

— esl-ce une allusion spirituelle que M, Colin aura voulu faire aux soucis de la royauté? — Celui de «s deux carrés qui est du cOté de la terrasse du bord de l'eau possède sk cents pieds de souci 1 ■ — C'est cruellement expier les quelques rosiers dont on s'est permis le luxe dans ces carrés.

Voilà, mon cberValin, le jardin qu'on a l'audace de faire au roi. Voyez — que de belles plantes et de charmantes fleurs il vous faudrait arracher pour que votre jardin ressemblât à celui du roi I

Vous êtes fâché de n'avoir qu'un rhododendnnD,

— le roi n'en a pas un, — il n'a pas un magnolia, pas une pivoine en arbre, — pas un p.vms, • — pas une glycine, — pas un œillet, — pas une anémone ni une renoncule, — pas une seule plante valant plos de quinze sous ; — et celles-là sont rares, mais seulement chez lui.

Il y a des paulownias au Palais-Royal, — maisam Tuileries on attend : — un paulownia coûte encore quarante sous... On attendra.

Voyez dont^ comme nous sommes riches, mon cker Valinl

Comment se porte votre hépatique double à fleurs bleues? — Elle va bientôt fleurir. — Si ce pauvre roi en avait une comme cela I — Mais il faudrait y mettre vingt sous, — peut-être trente. — C'est bon pour vous, -r- c'est bon pour moi ; — mais M. Colin ne s'y retrouverait pas. — On assure qu'on ne lui donne que trente-six mille francs — pour l'entretien du jardin.

Adieu, mon cher ar>i^

jP. s. CetXe lettrtj a été écrite en 1847. — Depuis, mon pauvre ami Valin est mort en tombant, pendant une nuit brumeuse, du haut des falaises, en accomplissant ses fonctions de gàrde-péche. C'était un homme excellent et très-intelligent. Tout le pays le regrette comme moi.

l'exposition de mars 1855 a lieu sous une immense tente élevée dans les Champs-Elysées. — On a compris spirituellement dans l'emplacement

LES FLBUaS. er ine tFÈs■mlJ^mul■.^Illeett^Ès-^lljs6daatofill^ l occupe le centre de l'exposition- ^jii cache pas aux fleura ei aux légumes qu« ja liirela vérité.

ui|e Uadilion fâcheuse culUvée par li^ boiu< 1) consista à peindre eo vert loui ue qui dwl i' "' -r-lea caisses, le» baaa, ica iiKfiiages, eu;.

Le vert minéral, dur, crlird. dont sont enluminés ces objets, jure sing ncnt avec les verts ]>sr-

monieux des végétaux s fait paraître ternes.— Cette idée équivaut 9i > qu'aurait un citef ffoTchesU'e d'introduire un tutti de casseroles et de diaudrons dans un sndanl^ de Beethoven. Quand je devrais faire plaisir aux sieurs Sainte-Beuve etVenil' lot, j'avouerai même que ]e ne suis pas de l'avis de I. S. Rousseau, qui aimait les volets verts S Me maison de campagne. La vérité, la devise dudit Jeaa- Jacques, — vitam impendere vero, — m'oblige i cet aveu. — Mais je me réserve, dans le cas précité, où cela ferait trop de plaisir auxdits sieurs Veuilloi et Sainte-Beuve, de leur compenser eu temps et lieu la joie involontaire que je leur atirai donuée,

ilisons déjà, pour atténuer et cette joie et les torii df l'auteur du Contrat social, — que. ce vœu d'avoif

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